Azalée
17 juillet 2027.
Trois années s'étaient écoulées depuis que Gabriel avait pris son envol. Trois longues années de solitude, de douleur, de souvenirs empreints de sa présence. Et bientôt, cela ferait six ans que Jade, ma douce Jade, avait également quitté ce monde, laissant derrière elle un vide béant dans mon cœur déjà meurtri.
Au début, la perte de Gabriel avait été comme un coup de poignard dans mon âme déjà écorchée par la disparition de Jade. Comment pourrai-je jamais faire le deuil de ces deux êtres chers, qui avaient chacun à leur manière marqué ma vie de leur empreinte indélébile ? Gabriel avait été mon roc, mon soutien après la perte de Jade. Sa présence avait été un baume apaisant sur les plaies béantes de mon cœur brisé. Mais maintenant, il n'était plus là, et je me retrouvai seule à affronter le tumulte de mes émotions.
Heureusement, Aaron et Éden étaient là, fidèles au poste, prêts à me tendre la main lorsque je vacillais sur le fil ténu de ma propre existence. Leur amour inconditionnel m'avait sauvé de sombrer dans les abysses de la désolation la plus profonde.
La douleur n'avait pas disparu, comment aurait-elle pu ? Mais elle s'était estompée avec le temps, comme les vagues qui viennent lécher le rivage pour ensuite refluer dans l'océan. J'allais mieux, beaucoup mieux même. Depuis ma rencontre avec Gabriel, j'avais retrouvé le sourire, j'avais appris à aimer à nouveau. Oui, je l'aimais, je l'aimais de tout mon être. Il était mon tout, mon confident, mon âme sœur. Et même après sa mort, son amour continuait de m'entourer, tel un halo réconfortant dans les moments les plus sombres de ma vie.
Avec le temps, j'avais appris beaucoup de choses, sur la vie, sur l'amour, sur la perte. La vie était un véritable tourbillon d'émotions, un kaléidoscope de joies et de peines, de rires et de larmes. Elle offrait le bonheur le plus pur, mais aussi le plus sombre des malheurs. Parfois, l'obscurité semblait envahir chaque parcelle de notre existence, étouffant toute lumière, tout espoir. Et pourtant, même dans les ténèbres les plus profondes, une lueur persistait, aussi faible soit-elle. Pour moi, cette lueur, c'était Gabriel. Malgré son absence physique, il continuait à briller dans ma vie, illuminant mon chemin de son souvenir éclatant. Chaque nuit, je levais les yeux vers le ciel étoilé, cherchant sa lumière parmi les étoiles, et je savais qu'il veillait sur moi de là-haut, comme un ange gardien invisible mais omniprésent.
Son impact sur moi avait été si profond, si transcendant, que j'avais décidé de lui rendre hommage. En vidant sa chambre avec Alvaro, son père, j'avais découvert le trésor qu'il m'avait laissé : un livre, sobrement intitulé "Together Forever". Sa lecture avait ravivé en moi une multitude d'émotions, faisant remonter à la surface des souvenirs enfouis, des sentiments enfouis. Non seulement il me manquait terriblement, mais sa plume avait su capturer avec justesse notre histoire, notre amour, notre douleur. Il avait ce don pour trouver les mots justes, pour exprimer ce que mon cœur ressentait sans pouvoir le dire.
J'avais entrepris de faire publier son livre par une maison d'édition renommée, consciente de la qualité et de la portée universelle de son œuvre. Mon objectif était double : d'une part, offrir à son talent la reconnaissance qu'elle méritait dans son pays natal, la France, et d'autre part, permettre à son message de toucher un public encore plus vaste.
Je me suis investie dans chaque étape du processus éditorial, travaillant étroitement avec la maison pour affiner chaque détail, depuis la sélection de la couverture jusqu'à la correction finale du texte. Nous partagions la même vision : celle d'un livre qui transcenderait les frontières culturelles et linguistiques pour toucher les cœurs et les esprits à travers le monde.
Une fois le livre publié en France, le succès ne s'est pas fait attendre. Les critiques élogieuses ont afflué, louant la profondeur de sa prose et la pertinence de ses idées. Mais ce n'était qu'un début. La véritable consécration est survenue lorsque son père, lui-même écrivain dans l'ombre pour son fils, a entrepris la traduction du livre dans sa langue maternelle, l'espagnol.
Cette traduction était bien plus qu'une simple transposition linguistique ; elle représentait un pont entre deux cultures, entre deux mondes qui se rejoignaient à travers les mots. Lorsque le livre a été commercialisé en Espagne, son accueil a été chaleureux, empreint d'une reconnaissance profonde pour l'œuvre de Gabriel. Son deuxième foyer devenait ainsi le théâtre d'une nouvelle histoire, portée par les mêmes émotions et les mêmes aspirations qui avaient enflammé les lecteurs en France.
Au fil des mois, le livre a conquis de nouveaux horizons, trouvant son chemin dans d'autres pays, d'autres langues. Chaque nouvelle traduction était une victoire, un témoignage de l'universalité de son message. Et tandis que la maison d'édition continuait de traduire, de partager le talent de mon copain avec le monde, je restais là, fière d'avoir été la première à croire en son livre, à voir le potentiel qu'il avait de toucher des millions de vies à travers ses mots.
Le premier exemplaire avait trouvé sa place sur sa tombe, accompagné d'une dédicace spéciale, écrite dans les deux langues qui avaient façonné sa vie :
"Para nunca olvidarte, car quand tu es parti, le monde a perdu sa lumière, le silence s'est imposé, l'absence est devenue amère. Ton souvenir reste, dans nos cœurs à jamais gravé, et dans l'éclat de nos souvenirs, ton amour est préservé".
À mes dix-huit ans, un âge où l'on cherche encore sa place dans ce monde complexe, j'avais également choisi de marquer mon corps à jamais. La phrase "Les larmes sont les mots que le cœur ne pourra jamais prononcer" prenait tout son sens après ce que nous avions vécu, après les larmes versées en silence pour des êtres chers disparus trop tôt. Elle ornait désormais mon bras, gravée dans ma peau comme un rappel permanent de la fragilité de la vie et de la force des émotions qui nous habitent.
Je n'avais pas eu la force de le dire pendant longtemps, mais aujourd'hui, je pouvais enfin l'affirmer avec certitude : Gabriel avait été le plus beau chapitre de mon histoire, une trame tissée de moments précieux, d'émotions intenses, de rires et de larmes. Lui et moi, c'était comme une étoile filante dans le ciel, une brève mais intense lumière qui avait illuminé ma vie de son éclat fugace. Notre histoire était une promesse gravée dans le firmament de nos âmes, nous rappelant que même si nos chemins divergeaient, l'amour que nous avions partagé demeurerait éternel. Et comme le disait si justement le titre de son livre, notre histoire était "Together Forever".
Fin
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Cette fin de chapitre est la pire que j'ai pu faire, non seulement parce que le premier jet était totalement baclé, mais aussi car c'est la fin de Together Forever. C'est la fin de 8 mois d'écriture, et la réécriture me fait le plus grand bien. Merci d'avoir suivi cette histoire depuis le début et on se retrouve bientôt, pour le second tome...
Kiss tout le monde <3
Insta & TikTok : clemlcx.books
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Together Forever
RomanceTogether Forever • Tome 1 Timeless Love • Tome 2 Twisted Hearts • Tome 3 Peuvent se lire indépendamment ( spoil attention) Résumé : Elle se tenait devant une tombe, pleurant seule ce 21 août, comme elle le faisait chaque année depuis deux ans. Lui...
