Chapitre 14 (second jet)

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Gabriel

J'étais vraiment très heureux qu'Azalée s'entende bien avec Aaron et Éden. Surtout avec Éden. J'avais un peu peur qu'elle la rejette vis-à-vis de son amitié avec Jade. Mais je n'attendais pas autant d'ouverture de sa part, j'espérais qu'elle ne culpabilise pas par rapport à sa meilleure amie. J'étais vraiment fier d'elle et aussi très amoureux. Cette harmonie entre eux me procurait une joie profonde, renforçant nos liens affectifs de façon inattendue.

Lorsque son bus démarra, je me rendis au mien. Je pris mes écouteurs et les mirent. Ne pas les avoir dans le bus est une sensation que je n'aimais pas. Je préférais largement avoir des musiques, surtout espagnoles, qui dansent à travers mes oreilles, emplissant chaque trajet de vibrations rythmées et ensoleillées. Ces mélodies exotiques évoquaient des images de flamenco passionné et de fêtes animées, créant un voyage mental vibrant qui transformait mes voyages en une expérience immersive et enjouée.

Le trajet se déroula calmement et passa plutôt vite. Une fois arrivé chez moi, je coupai ma musique et décidai, comme à mon habitude, de monter directement dans ma chambre. Sauf que pour une fois, j'avais l'énorme privilège de recevoir la présence de mon père chez nous.

— ¡ Hola hijo ! lança-t-il d'une accolade.

— ¡ Hola papá ! ¿ Finalmente has decidido dejar de trabajar por un tiempo ? demandai-je en connaissant sûrement déjà la réponse.

Mais j'espérais tout de même qu'il ait enfin changé.

— No Gabriel, sólo estoy de guardia esta noche. Decidí venir a darme una ducha antes, eso es todo.

Il ne changera définitivement pas.

— Tu ne changeras jamais, lui lançais-je en colère par rapport à son attitude envers moi.

— Y comienza de nuevo...

— Sérieusement ? Tu n'as que ça à dire ?

— Que veux-tu que je te dise Gabriel, j'ai tout le temps cette même réflexion de la part de mon fils.

— Qu'est-ce que je veux que tu dises ? Oh, je ne sais pas. Tu pourrais peut-être t'excuser de ne jamais être présent pour moi. D'avoir zappé absolument toutes mes rentrées, les réunions parents-professeurs et j'en passe.

— C'est à cause de mon travail Gabriel, je n'y peux rien, essaya-t-il de se défendre.

Je sentis les larmes monter mais je continuai.

— Ton travail, toujours ton travail. C'est à cause de lui que tu n'as jamais été présent depuis la mort de maman ? Que j'ai vécu absolument toute mon enfance avec une nourrice, et que bien sûr, je ne partais pas en vacances, non pas avec mon père mais avec ma nourrice ? Je comprends que cela puisse être dur de perdre sa femme, mais il est temps de faire ton deuil, parce qu'à force, tu oublies que j'existe, que je suis bien là, vivant. Et surtout, tu ne connais rien de ma vie.

Les larmes coulaient le long de mes joues. Mais j'étais à bout, il fallait bien le lui faire comprendre à un moment.

— Et, s'il te plait, arrête avec ton excuse d'avoir trop de travail. Je sais très bien que tu demandes des heures supplémentaires. Ta collègue me l'a dit, un jour où j'étais venu te voir, terminais-je, les larmes me brûlant la peau.

Un silence s'installa alors. Mon père était devant moi, me fixant de son regard. Il ouvrit la bouche, mais rien ne sortit. Absolument rien.

Je décidai donc de monter dans ma chambre. Je ferma ma porte et fondis sur le sol derrière celle-ci.

J'entendis la porte d'entrée claquer. Il était parti. Comme toujours. Sans ne rien me dire.

Je pris alors mon téléphone et appelai Azalée. Je m'en voulais de la déranger pour ça. Mais j'avais besoin de réconfort. Et je ne le trouvais que dans ses bras.

Together ForeverOù les histoires vivent. Découvrez maintenant