Chapitre 17 (second jet)

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Gabriel

Deux semaines s'étaient écoulées depuis que nos vies avaient été touchées par ce souffle de renouveau, depuis que les sombres nuages de la maladie s'étaient lentement dissipés pour laisser place à un horizon plus lumineux pour Azalée. Chaque jour était une étape de plus vers la guérison, chaque moment passé ensemble semblait renforcer ce lien si précieux entre nous. Nous étions comme deux voyageurs sur une route sinueuse, mais désormais, le chemin semblait plus clair, plus prometteur.

Cependant, malgré cette nouvelle énergie qui nous animait, nous n'avions pas encore eu l'occasion de célébrer cette victoire, de marquer ce tournant dans notre parcours. Azalée et moi n'étions pas vraiment du genre à organiser de grandes festivités. Nous préférions les instants de complicité, les moments simples où nos cœurs étaient en communion.

Pourtant, malgré notre intention de célébrer, le temps avait filé à toute vitesse, emportant avec lui les jours sans que nous ayons eu le temps de mettre en place quelque chose de spécial pour marquer cette étape cruciale. Nos familles, comprenant enfin l'importance de leur présence, étaient plus présentes que jamais. Et tandis que le mois d'octobre arrivait avec son cortège de journées pluvieuses, il devenait de plus en plus difficile de trouver le bon moment pour organiser quelque chose à l'extérieur.

Ce week-end-là, déterminé à ne pas laisser passer l'occasion de célébrer, je décidai finalement de prendre les choses en main. Mon initiative se résumait à une invitation à profiter de ma piscine intérieure, un lieu de quiétude où nous pouvions partager tant de moments de bonheur. C'était notre sanctuaire, un endroit où nous pouvions nous retrouver loin du tumulte du monde extérieur.

L'heure tant attendue arriva enfin, et je me rendis à l'arrêt de bus pour accueillir Azalée. Lorsque je la vis descendre du bus, son visage s'illumina d'un sourire radieux, un sourire qui réchauffait mon cœur plus que n'importe quel rayon de soleil. Vingt-quatre heures seulement s'étaient écoulées depuis notre dernier au revoir, mais chaque instant passé loin d'elle me semblait une éternité.

En route vers ma maison, je ressentis une excitation grandissante à l'idée de partager cet après-midi tranquille avec elle dans notre havre de paix. Malgré les nuages qui obscurcissaient le ciel, je pouvais sentir une lueur d'espoir percer à travers eux, une promesse de moments doux et précieux à venir.

Une fois chez moi, Azalée se dirigea directement vers la salle de bain pour se changer pendant que je préparais les serviettes et les collations près de la piscine. Quand elle réapparut, vêtue d'un élégant maillot noir, elle semblait rayonner de beauté et de confiance. L'eau de la piscine étincelait sous la lumière tamisée du soleil, créant une ambiance enchanteresse qui ne faisait que renforcer mon impatience de commencer cette journée spéciale.

Nous nous installâmes au bord de l'eau, chacun s'imprégnant de la tranquillité à sa manière. Mais alors que je contemplais la sérénité de l'instant, mes yeux furent attirés par quelque chose qui me figea sur place. Sous le tissu délicat de son maillot, j'aperçus d'anciennes cicatrices, témoins silencieux d'une douleur passée.

Un mélange d'émotions m'envahit, allant de la surprise à l'inquiétude en passant par une profonde empathie. Je savais que je ne pouvais pas faire semblant de ne rien avoir vu. Rassemblant tout mon courage, je tentai d'aborder le sujet délicat :

— Mi ángel, est-ce que tout va bien ?

Azalée baissa les yeux vers ses jambes, son expression mêlant surprise et vulnérabilité. Elle passa doucement sa main sur sa cuisse, puis un sourire léger apparut sur son visage, comme pour me rassurer.

— C'est... c'était il y a longtemps, Gabriel. Ne t'inquiète pas. Une période difficile que j'ai réussi à surmonter.

Je sentis qu'il était important d'être respectueux et compréhensif.

— Je suis là pour toi, tu sais. Si jamais tu veux en parler, je suis là pour t'écouter.

Un moment de silence s'installa entre nous, puis Azalée releva les yeux vers moi, une lueur de gratitude dans son regard.

— Merci, Gabriel. C'est gentil. Peut-être que je serai prête à te le raconter.

Le reste de la journée se déroula dans la légèreté et la complicité, mais désormais, nous avions conscience que derrière nos sourires, il y avait des histoires et des cicatrices que nous pourrions partager quand le moment serait venu.

Plus tard, alors que la lumière du jour commençait à faiblir, nous étions assis près de la piscine. Azalée semblait plus détendue, plus à l'aise, et finalement, elle brisa le silence.

— Gabriel, il y a quelque chose que je veux te dire. Les cicatrices que tu as vues sont liées à la mort de ma meilleure amie. Sa perte m'a laissée dans un état de mal-être profond, et les marques sont le reflet de ma douleur de l'époque. Je voulais en finir, elle me manquait trop.

Mes yeux se posèrent sur elle, empreints de compassion. J'avais déjà connaissance de cette tragédie, mais entendre ses mots si ouverts et vulnérables me toucha d'une manière nouvelle. Je pris doucement sa main dans la mienne.

— Je suis désolé que tu aies dû traverser cela. Mais je suis ici maintenant, et je veux que tu saches que tu n'es pas seule.

Un sourire doux se forma sur son visage, et elle me serra la main. Puis, sans réfléchir davantage, je me levai et la pris dans mes bras. Elle se blottit contre moi, et nous restâmes là, unis dans notre silence et notre compréhension mutuelle.

Finalement, nos regards se croisèrent, et dans un moment empreint de douceur et d'émotion, nos lèvres se rapprochèrent pour un doux baiser. Ce geste n'était pas seulement une démonstration d'affection, c'était aussi une manière de sceller notre confiance, de montrer que nous étions là l'un pour l'autre, peu importe les épreuves que la vie avait pu nous infliger.

La journée touchait à sa fin lorsque le moment de la séparation arriva. Je raccompagnai Azalée jusqu'à l'arrêt de bus, nos cœurs chargés des émotions de la journée. Ce qu'elle m'avait confié m'avait profondément marqué, renforçant encore notre lien spécial, forgé depuis le cimetière.

Après son départ, je rentrai chez moi, sachant que mon père ne tardera pas à revenir. Nos relations étaient compliquées, marquées par des années de distance et de douleur non exprimée. Mais ce soir-là, alors que je franchissais la porte, une odeur familière me saisit : la paëlla de mon père. C'était une odeur que je reconnaîtrais entre mille, chargée de souvenirs d'une époque où tout était différent.

Il était là, arborant un tablier et un gant de cuisine, semblant presque comique dans son rôle de cuisinier improvisé.

— Holà hijo, c'était bien ta journée ? me demanda-t-il, cherchant à combler le fossé entre nous.

— Oui, j'ai passé l'après-midi avec ma copine, répondis-je, sachant qu'il avait probablement oublié son existence.

— ¿ Tu novia, cómo se llama ella ? demanda-t-il alors.

— Azalée, répondis-je avec une pointe d'agacement. Je te l'ai déjà dit papà.

— Lo siento hijo, je ne m'en rappelle plus...

— C'est toujours comme ça de toute façon, bon, passons à table, suggérai-je pour changer de sujet.

Nous partageâmes le repas dans une atmosphère lourde, chacun plongé dans ses pensées. Une fois le dîner terminé, je montai dans ma chambre, verrouillant la porte derrière moi.
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Holà ! J'espère que vous avez aimé ce chapitre ! Si c'est le cas n'hésitez pas à partager mon histoire, à me mettre une petite étoile pour me faire monter dans les classements et à me mettre vos avis ! On se retrouve la semaine prochaine !

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