Chapitre 40 (second jet)

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Azalée

23 juillet 2024.

La semaine dernière, j'étais plongée dans une profonde déprime, rongée par la peur et accablée par la fatigue. Un après-midi, alors qu'il était déjà trois heures et que je restais immobile dans mon lit, je refusais de me lever, de faire face à la journée qui m'attendait. L'envie de tout abandonner m'envahissait.

Aux environs de trois heures du matin, dans l'obscurité, mes pensées m'empêchaient de trouver le sommeil. Pourquoi je ne dormais pas ? Parce que les souvenirs me hantaient. Épuisée je finis par m'endormir. Le sommeil m'avait emporté depuis une bonne heure quand j'entendis une musique résonner, notre musique... Tout cela n'était que dans mon rêve mais cela me faisait du bien, de rêver de quand nous étions heureux, ensemble.

***

Presque une semaine était passée. Et aujourd'hui, l'enterrement allait enfin avoir lieu.

L'enterrement de Gabriel devait se dérouler sous un ciel d'un bleu profond, illuminé par un soleil éclatant, un contraste saisissant avec la tristesse qui enveloppait chacun d'entre nous, cependant, la réalité en était bien loin. Le ciel était lourd de nuages, reflétant la peine qui pesait sur nos cœurs alors que nous nous rassemblions pour l'adieu final à Gabriel. À mes côtés, son père, le visage marqué par une douleur profonde, tenait fermement d'une main, un sachet rempli d'une poignée de terre, prête à la laisser glisser sur le cercueil de son fils. Son regard, empreint de tristesse et de nostalgie, se perdait dans un horizon invisible, rappelant tous les souvenirs partagés avec son enfant.

La chanson "Beige" de Yoke Lore remplissait l'air, créant une ambiance à la fois mélancolique et apaisante. J'étais assise à côté du père de Gabriel, Alvaro, nos mains entrelacées, cherchant du réconfort mutuel dans ce moment de peine incommensurable.

Je tenais sa main dans la mienne, cherchant à lui transmettre tout mon soutien silencieux. Nos doigts entrelacés symbolisaient notre connexion indéfectible, une ancre dans cette mer tumultueuse de chagrin. Les moments que Gabriel et moi avions partagés ensemble défilaient devant mes yeux : ses rires contagieux, ses mots réconfortants et sa présence réchauffant chaque recoin de mon cœur.

La famille de Gabriel, visages marqués par la douleur, entourait la tombe. Chacun se remémorait à sa manière les moments passés avec lui, un mélange d'éclats de rire et de conversations profondes, désormais teintées par le vide de son absence.

L'enterrement, bien que déchirant, avait aussi un aspect réconfortant. À travers notre chagrin partagé, nous formions une toile d'amour et de soutien, nous aidant mutuellement à traverser cette période sombre. Les larmes qui coulaient étaient un témoignage de l'impact qu'il avait eu sur nos vies, un rappel de la beauté éphémère de nos moments ensemble.

Mon esprit était encombré de souvenirs de Gabriel, de sa gentillesse, de son sourire éclatant, de toutes ces petites choses qui le rendaient si spécial à mes yeux. Je sentais que mon cœur était sur le point de se briser, mais je devais rester forte, pour lui, pour tous ceux qui étaient réunis ici pour lui rendre hommage.

Aaron, le meilleur ami de mon copain, se tenait debout à côté de nous. Son visage, bien qu'empreint de douleur, exprimait également une détermination à être présent pour Gabriel jusqu'au bout. Éden était là aussi, partageant des anecdotes et des souvenirs qui évoquaient des sourires timides malgré les larmes qui coulaient.

La présence des mes parents, Juliette et Thomas, était un réconfort bienvenu. Ils nous avaient toujours soutenus, Gabriel et moi, depuis le début de notre relation malgré leur énorme absence dans leur rôle de parents. Leur présence ici montrait à quel point nous étions tous liés par l'amour que nous ressentions pour Gabriel.

Les discours remplis d'émotion de nos proches alternaient avec des moments de silence, créant une symphonie de souvenirs et de chagrin. Les paroles prononcées racontaient l'histoire de Gabriel, sa personnalité unique, sa gentillesse et la manière dont il avait touché les vies de chacun d'entre nous.

Alors que la cérémonie touchait à sa fin, nous nous approchions du cercueil pour y déposer des fleurs et des souvenirs. Mes reniflements, bien que le plus silencieux possible, se mêlèrent à celles des autres, mais au-delà de la tristesse, je ressentais une profonde gratitude pour avoir croisé le chemin de Gabriel. Malgré la douleur, je me sentais privilégiée d'avoir partagé un bout de sa vie, d'avoir été témoin de sa lumière et de son amour inconditionnel.

Le moment le plus difficile fut lorsque le cercueil de Gabriel descendit dans sa dernière demeure. Les larmes que j'avais retenues jusque-là commencèrent à couler. Je sentais le soutien d'Alvaro à mes côtés, et Aaron et Éden étaient également là pour moi, partageant ma douleur silencieuse.

Les larmes coulaient librement, mais il y avait aussi un sentiment de communion, de soutien mutuel dans cette épreuve déchirante.

Malgré la douleur écrasante de cette journée, il y avait aussi un sentiment de communauté parmi nous tous. Nous étions réunis pour célébrer la vie de Gabriel, pour nous souvenir de lui avec amour et affection. Son absence était déchirante, mais son esprit continuera de vivre à travers les souvenirs que nous avions partagés avec lui. Nous avons promis de ne jamais l'oublier, de chérir chaque moment que nous avions passé ensemble, et de continuer à avancer avec l'amour qu'il avait apporté dans nos vies.

Les paroles du prêtre lors de la cérémonie de l'enterrement de Gabriel étaient empreintes de réconfort et de spiritualité. Il se tenait devant l'assemblée, la voix calme et apaisante, rappelant à chacun la fragilité de la vie et la nécessité de trouver la force dans l'unité et la foi en ces moments difficiles. Il nous a encouragés à nous souvenir des moments heureux que nous avions partagés avec Gabriel et à célébrer la vie qu'il avait vécue.

Puis vint le moment où le cercueil de Gabriel a été descendu dans sa dernière demeure, la terre. Ce moment était l'un des plus difficiles de la journée, car il symbolisait la séparation finale. Les proches ont jeté des poignées de terre sur le cercueil, un dernier adieu silencieux et empreint d'émotion.

Ensuite, des fleurs ont été déposées sur la tombe de Gabriel, chacune représentant un souvenir, une pensée ou un sentiment pour lui. Les pétales colorés semblaient un hommage vibrant à sa personnalité lumineuse.

La cérémonie s'est terminée par un moment de recueillement, où chacun pouvait rendre un dernier hommage à Gabriel à sa manière. Certains ont murmuré des mots à son intention, tandis que d'autres ont simplement regardé le ciel en pensant à lui.

Bien que la douleur de la perte de Gabriel soit incommensurable, cette cérémonie nous a rappelé l'importance de se soutenir mutuellement en ces moments difficiles. Nous avons dit adieu à Gabriel, mais nous avons aussi promis de chérir ses souvenirs et de continuer à célébrer la vie, tout comme il l'aurait voulu.

Après la cérémonie, je n'avais pas eu la force d'organiser un "après". Je rentrai donc chez moi avec Aaron et Éden. Nous nous installâmes dans ma chambre et parlâmes de Gabriel pendant des heures. Nous racontâmes des dizaines et des dizaines d'anecdotes qui nous fîmes du bien. Beaucoup de bien.

Les heures se sont écoulées sans que nous nous en rendions compte, laissant place à une nuit calme où les étoiles semblaient veiller sur nous, comme si même le cosmos partageait notre chagrin. Les mots échangés étaient comme des baumes apaisants sur nos cœurs brisés, chaque histoire partagée renforçant notre lien d'amitié et notre détermination à honorer la mémoire de Gabriel.

Dans l'obscurité paisible de ma chambre, les larmes ont coulé librement, mais accompagnées d'un sentiment de soulagement, comme si parler de Gabriel nous rapprochait un peu plus de lui, comme s'il était toujours avec nous, guidant nos paroles et nos pensées.

Le chemin de la guérison, du deuil, allait être long, mais dans une promesse faite au cimetière, je lui avais promis. Promis de continuer de vivre pour lui. Et cette nuit-là, entouré de mes amis, je savais que je n'étais pas seul dans cette promesse.

Together ForeverOù les histoires vivent. Découvrez maintenant