Azalée
Depuis que j'avais découvert les boîtes de médicaments empilées dans la cuisine, une question me taraudait l'esprit : pourquoi m'avait-il caché la vérité, voire menti ? Je me retrouvais à tourner en boucle dans mes pensées, cherchant désespérément une explication à cette dissimulation.
Il y avait sûrement une raison à son mensonge mais j'aimerais qu'il soit honnête. Je pris donc ce que j'avais à prendre dans les placards et repartie en direction de la salle où m'attendait Gabriel.
Lorsque j'arrivai, le calme régnait. Je croisai le regard de Gabriel qui semblait désormais inquiet. Sans un mot, je lui tendis ce que je lui avais pris dans la cuisine, puis m'installai à ses côtés.
— Azalée, je... je suis désolé, commença-t-il.
Je gardai le silence, soutenant son regard en attendant avec une certaine appréhension la suite de ses paroles.
— Je sais ce que tu as vu dans la cuisine, et je m'en veux de ne pas t'avoir tout dit.
Tout dit ? Que me cachait-il ?
— Non, je ne vais pas mieux. D'après les médecins, mon état s'est amélioré, mais j'ai toujours aussi mal. Cette putain de douleur à la poitrine persiste. Je ne dormais que très peu, je ne mangeais presque rien. Et quand vous êtes venus me chercher, cela faisait une semaine que je n'avais presque pas marché. La plupart du temps, on me déplaçait en fauteuil, avec ma perfusion fixée en haut du dossier.
Sous le choc, je restai sans voix, les larmes coulant sur mes joues alors qu'il continuait à dévoiler sa souffrance.
— Ne pas te voir aussi souvent me faisait mal, cette nouvelle me faisait mal. Mais le pire était de voir mon état si pitoyable. Je pensais sans cesse à comment tu pourrais ne plus vouloir de moi à cause de tout cela et ça me rendait malade. J'étais malade d'imaginer la fin de ma vie mais particulièrement si elle était sans toi. On m'a donné tous ces médicaments pour calmer mes douleurs mais aussi pour que je tienne le coup, car sans tout cela, je me serais déjà écroulé depuis plusieurs jours.
Les mots de Gabriel me transperçaient le cœur, et les larmes coulaient plus abondamment encore.
— Gabriel... Pourquoi tu ne m'as pas dit tout ça quand je venais ? Jamais je ne te lâcherai. Je n'imagine pas ma vie sans toi, je ne veux pas l'imaginer. Je ne veux pas de cette réalité qui nous fait face. Alors on va se battre ensemble comme avec mes poumons. On va y arriver, je crois en nous. Je crois en toi.
Je le pris dans mes bras, et il céda enfin à ses propres émotions. Mais malgré ses larmes, une lueur de soulagement semblait briller dans ses yeux, comme s'il se sentait enfin compris et soutenu.
***
L'heure était venue pour moi de partir. Cependant, j'avais peur. Peur que l'épisode de la semaine passée se répète. Peur de ne pas être là si Gabriel a besoin de moi. Je décidai donc d'appeler ma mère. Après une légère négociation, elle accepta que je reste.
Lorsque je l'eus dit à Gabriel, il en fut ravi.
Nous décidâmes alors de nous rendre dans sa chambre. Une fois arrivé, il me passa un jogging et un t-shirt pour cette nuit.
Je m'installai sur son lit et il me rejoignit avec son ordinateur. Nous choisîmes de regarder Berlín, une série sortie en décembre.
Au départ, nous la regardions en version originale, cependant mon niveau en espagnol n'était pas encore assez haut pour regarder des films. Gabriel mit donc les sous-titres en français.
L'heure du repas arriva vite. Nous descendîmes et partîmes vers la cuisine.
Gabriel s'installa à l'îlot central et je me mis à nous préparer quelque chose. Rien de très élaboré. Gnocchi, escalope de poulet, carbonara et parmesan.
Il me remercia d'avoir préparé un si bon plat même s'il n'y avait rien d'extraordinaire à ça.
Pendant qu'il prit ses médicaments, je montai pour me changer, puis redescendis.
Je m'installai sur le canapé, mis Netflix et l'attendis. Voyant qu'il n'arrivait pas, je partis le chercher mais quand j'arrivai dans la cuisine, il n'y était pas.
Un bruit étrange en provenance des toilettes attira mon attention. Intriguée, je décidai de m'y rendre.
En poussant doucement la porte, je fus accueillie par un son étouffé. La lumière tamisée me laissa entrevoir la silhouette de mon copain, agenouillé devant la cuvette. Il semblait visiblement mal. Très mal.
— Ça va aller ? ai-je demandé d'une voix douce, m'approchant rapidement de lui. Il a levé les yeux, ses traits tirés par la fatigue, et a secoué la tête. J'ai immédiatement attrapé une serviette à portée de main et lui ai essuyé le front, cherchant à le réconforter autant que possible.
— Je ne sais pas ce qui m'a pris, ça m'a frappé d'un coup, a-t-il murmuré, la voix affaiblie. J'ai posé ma main sur son dos, lui offrant un soutien silencieux.
Je l'ai aidé à s'asseoir contre le mur, lui offrant de l'eau pour apaiser sa gorge. Restant à ses côtés, j'ai pris soin de lui avec tendresse, lui assurant que j'étais là, que tout allait bien se passer. Chaque hoquet de nausée était un rappel poignant de sa fragilité momentanée.
— Je... je crois que c'est un effet secondaire, dit-il finalement.
Je compris d'où venait cet effet et repensais au fait que nos vies étaient en constant changement depuis cette nouvelle. Mais surtout qu'elles ne seraient plus jamais comme avant.
Après m'être assurée que Gabriel allait mieux, je le pris par le bras, le montai à l'étage et redescendis éteindre la télé.
Quand je remontai, je vis qu'il s'était installé sur son lit avec l'ordinateur ouvert. Je devinai donc qu'il avait lancé Netflix. Je le rejoignis sous les couvertures et me lova dans ses bras.
Nous regardâmes alors la suite de notre série. Cependant à un moment, je sentis l'étreinte de Gabriel se desserrer.
Je me redressai et le regardai prise de panique. Il semblait seulement endormi. Je décidai de prendre son ordinateur pour le ranger mais j'eus envie de lire le document sur lequel il écrivait tout le temps.
Lorsque je l'ouvris, je découvris l'histoire d'un enfant brisé par le décès de sa mère et la surcharge de travail de son père. Je compris alors que Gabriel écrivait sur lui. Au fur et à mesure que j'avançai, les larmes me montèrent aux yeux.
Puis une page blanche arriva, je descendis à l'aide du curseur et il n'y avait plus que des pages vides. Mais soudain, un titre, au centre de la page, fit son apparition.
"Together Forever". Je descendis alors les pages et découvris des textes emplies de sentiments. Je lus alors, encore et encore. Puis je compris. C'était nous. Des mots d'amour, des souvenirs partagés, des rêves pour l'avenir. Tout était là, couché sur le papier avec une sincérité qui me toucha au plus profond de mon être.
Je réalisai alors que même dans les moments les plus sombres, Gabriel avait trouvé la force de croire en notre amour. Et dans cette simple révélation, je trouvai une nouvelle détermination à rester à ses côtés, à surmonter les épreuves ensemble, pour toujours.
Gabriel écrivait un roman sur notre histoire.
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Together Forever
Roman d'amourTogether Forever • Tome 1 Timeless Love • Tome 2 Twisted Hearts • Tome 3 Peuvent se lire indépendamment ( spoil attention) Résumé : Elle se tenait devant une tombe, pleurant seule ce 21 août, comme elle le faisait chaque année depuis deux ans. Lui...
