Si j'avais su que ça me ferait une telle tronche, je me serais peut-être passer de le frapper ce gros connard mais c'était trop tard pour avoir des remords. Je pouvais presque rivaliser avec Bogdanov à cause de ma lèvre explosée, sans parler de l'œuf qui avait poussé sur mon front...
« Esme ?
Je sursautai à la voix de Mathieu. Il avait dormi sur le canapé du salon, ça en devenait presque une habitude. Lui qui me ramène chez moi, lui qui dort ici...
Je mis sur pause la musique de mon téléphone, me regardai une dernière fois dans mon pyjama difforme. Un short de sport et un débardeur moulant. Je me raclai la gorge.
— Ouais ? Dis-je en ouvrant ma porte de chambre
Il ne portait qu'un jogging, laissant son torse à la vue de tous. À la vue de moi. Je clignais des yeux avant de les bloquer dans les siens. Mon cerveau était en train de dérailler ou quoi ?
— Ça va t'es à l'aise toi, grognai-je, t'as perdu ton teeshirt ?
Il plissa les yeux, un sourire au coin des lèvres. Lorsqu'il leva les mains, je compris pourquoi il était venu dans ma chambre. D'un côté, il tenait une compresse et de la biseptine, de l'autre une poche de glace.
— Mon père est où ?
Il fit un signe de tête vers mon lit et j'allais m'y asseoir, rapidement suivi par lui.
— Il est parti au garage, il avait pas envie de voir ta sale tête là.
— Il est vraiment en colère contre moi, hein ?
Je versai de l'antiseptique sur la compresse et tamponnai sur ma blessure à la lèvre.
— Normal, t'es là tu fais la boxeuse avec un gars qui fait trois fois ta taille... Vas-y, donne tu fais n'imp'.
Il me pris la compresse des mains et soignai ma plaie. Pendant ce temps, je posai la poche de glace sur mon front.
J'avais pas anticipé la réaction de mon père en voyant ma tête éclatée. Autant dire qu'on avait vécu notre première engueulade depuis que notre relation avait pris une vitesse de croisière. Et ce qui m'avait encore plus énervé c'était que mon père voyait Mathieu comme le super-héros puisqu'il m'avait raccompagné et que lui n'avait aucune égratignure.
Normal, puisqu'il ne s'était pas battu, lui.
— Tu pourras envoyer un message aux gars de ma part pour les remercier encore une fois ?
— Pourquoi ton daron a parlé de garde à vue ?
— Est-ce que ça te regarde, même ?
— Esme... marmonna-t-il les sourcils froncés
— T'sais que t'es une giga pute ? Dis-je avant d'exploser de rire
Il ouvrit grand les yeux, surpris, puis me balança un coussin dans la face. Ça me fit tomber à la renverse.
— Tu m'avais dit que tu serais une giga pute si jamais je montais sur ton scoot. C'est arrivé à deux reprises mon gars. T'es doublement une giga pute !
— T'es vraiment une grosse connasse.
Pour se venger, il appuya du bout du doigt sur ma pommette enflée. De manière totalement exagérée, je me mis à hurler même si ça me faisait quand même un peu mal.
Il profita de ma vulnérabilité pour m'écrabouiller et me recouvrir le visage d'un autre coussin. À l'aveugle, j'essayai de le repousser et de retirer ses bras mais j'étais trop morte de rire pour être efficace. Son prénom, crié par ma bouche, était étouffé par le tissu.
Après quelques longues secondes, il se débarrassa du coussin mais garda son genou en travers de mes cuisses et sa main contre mon épaule pour me maintenir allonger sur mon lit.
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copine • plk
Fanfiction• AMOUR : [amu:r]. Subst. masc. Fleuve d'Asie s'étendant sur 4354km depuis la source de l'Argoun. Exemple : Tous les soirs, du haut du pont, il pissait sur l'Amour. Si vous pensiez lire une simple histoire d'amour, il est préférable que vous pass...
