Abigaïl voit sa vie partir en fumée pour une erreur.
Impardonnable
Inacceptable
Irremplaçable ...
Quatre mois d'horreur avant de voir la lumière au bout du tunnel et puis finalement peut-être pas.
Un monstre après l'autre Abigaïl renaîtra-t-elle de...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
Jézabel
Flash-back
Je ne sais pas combien de temps, je suis restée dans cette grange, mon corps n'est que souffrance, le simple fait de respirer en vient à être douloureux.
Des voix filtrent à travers les vieilles planches de bois qui font office de murs, suivis de rire d'homme. J'ouvre un œil, mais les hématomes m'empêchent de complètement le faire.
_ À l'aide. Tentai-je de hurler, ma gorge est si sèche que chaque respiration correspond à avaler un grand verre de lames de rasoir. J'essaye de ramper, mais les cordes qui m'entravent les mains me rappellent à l'ordre. Je suis démunie, faible et à sa merci. Alors, je fais la seule chose encore possible, je remue la corde qui fait cliqueter le support en métal contre le mur. En espérant que l'on m'entendra pour me libérer.
Des bruits de bout que l'on piétine, une respiration hachée. Mon visage se redresse dans un nouvel effort. Deux iris glacial, un sourire diabolique, je suis finie.
_ Oh perfide, Jézabel. Sa voix rauque résonne contre les murs, d'une main, il vient empoigner mes cheveux me redressant la tête dans un craquement douloureux. Les chiens mangeront Jézabel près du rempart de Jizreel. Il projette ma tête contre le sol et ajoute, il n'y a eu personne qui se soit vendu comme Achab pour faire ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, et Jézabel, sa femme, l'y excitait. Une douleur lancinante à la tempe puis plus rien que l'obscurité. Je me retrouve dans les bras protecteurs de Sam, sa voix qui me murmure qu'il sera toujours là pour moi. Ce sentiment de plénitude que j'éprouve quand il se trouve dans la même pièce que moi, sa main caresse mon bras...
Mes yeux s'ouvrent précipitamment, de l'eau glacée vient brûler mes plaies déjà meurtries. _ Je lui ai donné du temps, afin qu'elle se repentît, et elle ne veut pas se repentir de son impudicité.
La respiration hachée, je me place sur les genoux, essayant de me redresser. _ Repens-toi et demande pardon à ton seigneur qui ne t'a pas jugé digne. Mon cœur se brise, je grelotte, morte de froid à présent, nue sous son regard accusateur.
_ Je me repens, frère Jacob. Son rictus satisfait me brise chaque jour un peu plus, alors je fais ce qu'il attend de moi, je me détourne de lui, posant les coudes sur le sol et les parties intimes exposées à son joug. Ses mains rugueuses viennent se poser sur mes hanches, ses ongles s'enfonçant dans mes chairs jusqu'au sang. Un premier coup de boutoir me transperce, une odeur âcre et de sueur m'étourdit. Ses aller-retour me brûlent à chaque passage. Comme toujours, je repense au seul moment de bonheur vécu. Le visage de mes frères et sœurs, la douceur de maman. Mon amie Esmée et son sourire.
Mon cuir chevelu me brûle, je réalise qu'il a terminé et qu'il me tient ferment, il approche mon visage de son sexe et se décharge dessus.
Il relâche sa poigne de mes cheveux et je m'écroule sur le sol.
_ Merci, frère Jacob, je ne sais pas s'il m'a entendu, mais je plonge de nouveau dans l'inconscience.
... _ Abigaïl. Une main douce vient caresser mon avant-bras, c'est douloureux, mais agréable. On ne m'a pas touché aussi délicatement. Depuis tellement longtemps. Je gémis de bonheur, certaine d'être dans un rêve éveillé, alors j'en profite et prolonge ce moment. Mais la même voix retentit à nouveau. Abigaïl, réveille-toi.
Mes yeux papillonnent et un visage apparaît flou, puis devient de plus en plus net. Paul se tient devant moi, les yeux exorbités.
Je gargouille un Paul, la bouche pâteuse.
_ Que t'est-il arrivé. Tes frères m'ont dit que tu étais marié à un homme de Salt Lake City et que tu étais parti. Pou... Pourquoi es-tu nue et attachée ? Il observe ma silhouette amaigrie et s'arrête sur ma poitrine offerte à son regard, horrifiée, il détourne la tête.
Approchant d'un pas hésitant, je lis la bataille intérieure à laquelle il fait face.
Incapable de parler, je me redresse sur les genoux. Il dépose son sac à ses pieds et en extirpe une gourde d'eau. Si je pouvais encore pleurer, je le ferais à cette simple vision. Le goulot à mes lèvres, il commence à en verser dans ma bouche, jusqu'à la terminer complètement.
_ Merci, réussis-je enfin à prononcer. Il fixe mes chaînes, recule d'un pas. Dans une énième supplique, je lui murmure, s'il te plaît, Paul.
Il abdique, récupère un petit couteau de sa poche et commence à retirer les liens qui m'entravent, une douleur fulgurante passe de mes poignets à mes épaules. Je tombe à la renverse, mes poignées sont à vif après des mois de captivité.
_ Combien de temps ? Son regard triste parle pour lui. _ Quatre mois Abi, ça fait quatre mois que tu as disparu.
Je hoche la tête et essaye de me relever. Son bras passe sous le mien pour m'aider à me stabiliser.
_ Tu es si belle. Sa voix grave me donne la chair de poule. _ Paul, je l'implore tout en le repoussant légèrement, ne supportant pas son contacte. _ Pardonne-moi Abigaïl, je t'aime depuis si longtemps. Je retiens un hoquet de stupeur face à ses confessions. Il approche une main, glisse le pouce sur ma lèvre inférieure. Je recule d'un pas, mais d'une main ferme il m'attrape par le flanc. Mes yeux se ferment si fort que des millions d'étoiles viennent éclater sous mes paupières.
Prisonnière encore une fois entre les mains d'un homme qui ne pense qu'à son plaisir.
Du bout des doigts, il caresse un de mes seins. Une larme solitaire vient glisser sur ma joue.
_ Dis-moi que tu m'aimes aussi ? Je ravale mes sanglots, m'apprêtant à lui dire que mon cœur appartient à un autre et qu'il n'a fait que jouer avec le rendant inutilisable à présent. Je me retiens en voyant son regard noir me faire comprendre que si je ne rentre pas dans son jeu, je serais de nouveau attachée à ce mur. Alors, je hoche la tête, préférant mentir, ne pouvant plus rester dans cet enfer sombre et sale. Je le savais, sa bouche s'écrase contre la mienne, je gémis de douleur, sous la force de l'impact.
Maladroitement, il m'embrasse, mordant ma lèvre inférieure avec envie. Un goût métallique emplit ma bouche. Il se détache et découvre mes lèvres ensanglantées. Ma main se pose sur ma bouche, je trace le sillon de plusieurs entailles dont certaines saignent abondamment.
_ Je suis désolée, je n'arrive pas à me contrôler quand je suis si proche de toi.
Je le détaille de ses cheveux blond coupé court à son nez droit, son visage légèrement ovale qui ne dégage aucune compassion. _ Ce n'est rien, mens-je. Sauvons-nous, Paul, partons d'ici ensemble. Il fronce les sourcils, sceptiques, ses yeux me détaillent, il réalise peut-être seulement maintenant mon corps meurtri. Les différentes coupures et les hématomes qui parsèment ma peau. Son regard se pose sur mon sexe, il déglutit. _ Je t'aime, je veux être avec toi. Il recule, mais je le maintiens par la main.
D'une voix sèche, il me gifle par ses mots.
_ Je suis promise à une autre et tu as déjà été utilisé.
Il me repousse puis se retourne.
_ Que me donnes-tu pour ta liberté ?
Je retiens un hoquet de stupeur me reprenant extrémis à la vue de son regard noir. Alors, j'approche, déterminé, prêt à tout pour ma survie, le diable habité certainement mon corps.
Ensuite, je fais la seule chose que l'on m'a ressassée en boucle depuis quatre longs mois. Je lui donne ce corps sale qu'ils veulent tous. Je dépose sa main contre mon sexe, d'une voix suave, je lui réclame de me toucher. Il ne résiste pas, les voix du diable sont toujours plus fortes.
Je me frotte contre lui, détruisant les derniers morceaux de mon âme. J'approche ma bouche de la sienne et l'embrasse, la bille remonte me brûlant la trachée. D'une main hésitante, je commence à déboutonner son pantalon. Son caleçon typique des gens de notre communauté suit. J'empoigne son sexe d'une main fébrile.
_ Fais-moi tienne.
Je m'allonge en le tirant contre moi.
_ Je t'aime Abigaïl.
Il se place au-dessus de moi, forçant le passage entre mes jambes. D'une première pénétration, mon corps se fissure, d'un second, je me fends en deux, libérant Jézabel, démon perfide, vicieuse et manipulatrice.
Il avait finalement raison.
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.