02. Mon petit virus

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"Sans musique, la vie serait une erreur."
Friedrich Nietzsche








02. Mon petit virus









Amara










Madame Smith, notre enseignante du cours, vient d'annoncer la fin de celui-ci. Je range mes affaires, Hailey fait de même. On se lève et se dirige vers la sortie.

— Tu ne peux vraiment pas venir alors ? me questionne Hailey qui connaît déjà ma réponse.

— Je ne peux pas aujourd'hui. Je dois rentrer, vérifier que tout va bien et aller au travail, soufflé-je.

— Je suis triste, on ne se voit pas beaucoup en ce moment, chérie.

Je la regarde se tordre les sourcils, je les fronce à mon tour en disant :

— Aller, ne fais pas cette tête. On essaye de se voir ce week-end avant que j'aille au travail ?

— J'ai... un... un rendez-vous ce week-end, bégaie-t-elle.

— Tout le week-end ? demandé-je surprise.

— Oui. Mais j'annule pour toi, baby.

— Avec qui ?

— Tu... tu ne le connais pas.

Quelques instants suffisent pour que je réalise immédiatement qu'elle me ment. Hailey est loin de maîtriser l'art du mensonge. Mes sourcils se froncent d'incompréhension.

— Tu me mens, Hailey.

Elle ne me répond pas. Je l'arrête en plein milieu du hall alors qu'on se dirigeait vers la sortie du campus.

— Regarde-moi dans les yeux et dis-moi la vérité, s'il te plaît, dis-je tout en effleurant doucement ses bras avec mes mains.

— Mikael Williams, m'avoue-t-elle à voix basse.

— Quoi ?! L'étudiant en Économie ? rétorqué-je, bouche bée.

Hailey écarquille les yeux et pose son index devant ses lèvres avant de lancer :

— Chuuut ! Parle doucement, Esm-

— Non, non, non Hailey ! la coupé-je. Tu ne peux pas aller en week-end avec ce type ! continué-je, agacée, en mettant mes mains sur ma bouche.

— Je te promets que ce n'est pas le genre de garçon dont tout le monde parle ! Ce ne sont que des rumeurs !

— Tu ne comptais pas me le dire ? la questionné-je, ignorant volontairement ce qu'elle vient de dire.

— Bien sûr que je comptais te le dire !

Elle place ses mains sur mes épaules dans un geste doux et réconfortant.

— Tu es ma meilleure amie. Tu es ma seule amie. Comment... veux-tu que je te cache une chose pareille ? Comme... je n'aimerais pas que tu le fasses avec moi.

— On a déjà discuté à propos de Mikael. Mon avis n'a pas changé. Je ne fais pas confiance à ce type, Hailey.

— D'accord, je n'irai pas alors, je te promets, chérie.

Elle me prend dans ses bras puis me chuchote :

— Ne me regarde plus comme ça.

Je réponds à son étreinte tout en répondant :

— Promis, cariña.
(Chérie)

Cariña est un terme que nous avons inventé Hailey et moi, car elle trouve que le vrai terme, "cariño", sonne masculin. Alors, fidèle à elle-même, ma petite Américaine a décidé d'y ajouter une touche féminine.

AMARAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant