09. Cercle restreint

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"Les grandes œuvres naissent toujours du courage et de la conviction."
Émile Zola

















09. Cercle restreint




















Ice








Mon crâne martèle comme si une armée de tambours y avait élu domicile. Cette putain de douleur, je la connais, elle refuse de me lâcher. Au contraire, elle s'est installée bien au chaud, prête à me tenir compagnie pour l'éternité. Même la mort ne nous séparera pas.

Je presse mes doigts contre mes tempes, dans l'espoir fugace d'atténuer cette foutue pression qui me comprime le crâne. Le geste est inutile, mais il me donne l'illusion de garder le contrôle, ne serait-ce qu'une seconde. Chaque battement de cette douleur sourde semble imprégner le temps, m'empêchant de me concentrer sur quoi que ce soit d'autre. Comme un rappel constant que rien d'autre n'existe que cette douleur obstinée.

Elle veut me faire plier. Ça n'arrivera pas.

— Bon, qu'est-ce que tu comptes faire alors, Ice ?

La voix d'Isaac, mon petit frère assis à ma droite, m'arrache à mes pensées. Mon pouce et mon index viennent pincer l'arête de mon nez avant de remonter jusqu'à mes paupières, que je masse en m'affalant davantage dans mon fauteuil.

J'avais presque oublié la véritable raison de ce putain de mal de tête : cette fille.

Je suis exténué depuis cette nuit de merde où elle a débarqué en plein milieu d'une réunion cruciale pour La Brasa. Le manque de sommeil commence sérieusement à me rattraper.

Cette histoire commence sérieusement à me casser les couilles. Qu'est-ce que cette chica foutait sur notre territoire cette nuit-là, bordel ? Je finirai bien par le découvrir.

Tôt ou tard, Amara, tu cracheras le morceau.

Et je préférerais que ce soit tôt.

Ce qui est certain, c'est qu'elle n'est pas flic. Beaucoup trop timide pour ça... Même si elle a un peu plus de caractère que je ne l'aurais cru.

Sans même les regarder, je sens leurs yeux posés sur moi. Ils attendent ma réponse.

— J'en sais rien, c'est au viejo qu'il faut demander, dis-je simplement. (Vieux.)

— Papa propose qu'on la tue.

J'arrête aussitôt de me masser les paupières et plante mon regard dans celui d'Isaac.

Il lève les mains avec un sourire amusé.

— Je lui ai dit qu'elle était trop mignonne pour être tuée.

— Commence pas, connard, intervient Rayo, assis en face de moi.

Rayo, de son vrai nom Hugo, est mon cousin. Mais ce mot ne suffit pas à définir ce qu'il représente pour moi. Il est davantage un frère qu'un simple membre de ma famille.

— Il faudrait déjà savoir ce qu'elle sait.

Mon regard glisse vers Narciso, qui vient de prendre la parole tout en grignotant ses éternels biscuits italiens. C'est notre cerveau. Le type capable de faire parler n'importe quel ordinateur. Autrement dit, le hacker de La Brasa.

— Dans tous les cas, Papi veut la voir avant de prononcer sa sentence.

— Ce serait dommage que Bambi meure, réplique Shade en plantant ses yeux bleus dans les miens.

AMARADes histoires addictives. Découvrez maintenant