Le Maroc, quel beau pays, mais qu'est-ce qu'il fait chaud ! À peine sortie de l'avion, je ressens déjà les effluves de chaleur sur ma peau blanche. Le soleil va se régaler de me brûler. La nuit a été courte. Nous avons été levés à 5 heures le matin pour aller à l'aéroport direction le Maroc. N'ayant jamais pris l'avion, j'ai passé mon temps à dormir pour éviter une crise d'angoisse inutile.
Mattia ne m'a pas adressé la parole depuis hier soir. Je pensais qu'après l'épisode de soins à son égard, il serait plus enclin à discuter, mais c'est le contraire. Il m'ignore complètement. J'observe autour de moi les passagers qui marchent dans tous les sens pour trouver leur point d'arrivée. Je suis perdue. Sans Mattia, je ne sais pas comment je ferais.
Il ne m'attend pas. Il s'éloigne d'un pas décidé. Je le suis malgré moi. Je tire sur ma valise qui a du mal à rouler comme une roue tente de se barrer à chaque fois ! Je cours jusqu'à lui. Nous sortons de l'aéroport. Une voiture avec un homme habillé d'un short et d'un T-shirt blanc vient vers nous.
— Vous êtes les deux que Franz a envoyés ?
— Oui, c'est nous, répond Mattia. On doit vous suivre apparemment.
— Je suis Farid, je vais vous expliquer ce que vous allez faire. Montez.
Il nous invite à entrer dans sa voiture.
Une 206 rouge qui a bien de la route dans les pattes. Je prends place à l'arrière. Mattia est à côté de lui. Farid lui propose une cigarette qu'il ne refuse pas. Ils fument tous les deux et discutent comme si je n'étais pas là. Je me sens de trop dans leur couple. Je me racle la gorge pour leur signaler ma présence, mais aucun ne réagit. Je recommence plus fort, cette fois-ci.
Farid me voit dans son rétro et s'excuse de m'avoir oubliée. Je ne sais pas comment je dois le prendre. Mattia rit doucement en se moquant de moi. Farid le suit et je me renfonce dans mon siège. Je préfère les ignorer que de rejoindre leur conversation qui tourne autour du pays.
— Je vais vous emmener chez moi, ma femme et mes enfants seront là mais ils seront heureux de voir du monde, dit-il en souriant.
La voiture bifurque sur un sentier de sable. Une jolie maison à toit blanc se trouve devant nous. Je sors de la voiture. Un enfant, accompagné d'un chien, vient me voir. Le chien me saute dessus et me lèche de partout. Je pense à ma Lady qui doit se languir de moi.
Pense-t-elle que je l'ai abandonnée ? Ce serait la pire situation qui soit. Mon portable ? Depuis quand je ne l'ai plus ? Je cherche autour de moi. Je ne l'ai plus depuis le soir du kidnapping ! Vont-ils me le rendre un jour ?
— Bienvenue chez nous ! menace-t-il enjoué en enlaçant le petit garçon. Voici Toufik et voilà ma fille Malia.
Une belle brune s'approche de nous. Je suis jalouse d'elle aussitôt. Elle doit être dans mes âges, si je compare l'âge de Farid qui doit avoisiner les 50 ans. Mattia observe la fille qui vient de sortir et s'approche de nous. Je devine qu'il la trouve belle. J'ai envie de hurler de rage. Elle s'incline devant nous dans un signe de politesse. Mattia lui rend et je l'imite.
Notre hôte nous invite à entrer. L'intérieur est charmant. Les tapis au sol sont sublimes. Tout est magique, ici. J'ai l'impression d'être Jasmine au pays d'Aladin ! Il nous invite à prendre place autour de sa table et nous propose de multiples gourmandises : cornes de gazelles, Zlabbia, makrout, tout est fait pour me faire craquer. Je choisis le Zlabbia, j'adore ça ! Ma grand-mère m'en achetait !
— Je vais vous dire ce que vous allez faire. Ce soir a lieu une fête dans le désert du Sahara, commence-t-il.
— Une fête, répète Mattia, il n'était pas question de ça. Nous devons voler quelque chose.
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Mon empire
Ficción GeneralMoi, c'est Elena. Je viens d'avoir mon diplôme en main. Je peux enfin trouver un vrai travail et espérer vivre une vraie vie d'adulte. Ma vie actuelle n'est pas des plus belles, mais heureusement que je peux compter sur ma meilleure amie et ma fami...
