La Salle du Trône d'Or scintillait sous les lampes de jade, leurs reflets miroitant sur les parois laquées. Les musiciens, assis en demi-cercle, jouaient un air délicat de cithare et de flûte, aussi doux que l'eau glissant sur la pierre. Les parfums entremêlés de fleurs de prunier et d'encens impérial donnaient à l'air une épaisseur presque enivrante.
Au centre, l'empereur, drapé dans une robe écarlate brodée de dragons dorés, observait la salle avec cette lassitude impénétrable qu'on lui connaissait. À sa gauche, l'impératrice, la nuque droite comme une lame, portait un sourire si fin qu'il pouvait se briser à la moindre parole déplacée. À sa droite, Lin Fei, la première consort, gardait un visage d'ivoire derrière son éventail, ses yeux mi-clos semblant n'observer que son thé. Plus loin, Shua Fei, la troisième consort, parée d'une robe bleu nuit constellée de perles, offrait un sourire d'apparente douceur à quiconque croisait son regard — un sourire dont la chaleur n'atteignait jamais ses yeux.
Les princes, chacun à leur place assignée, formaient un demi-cercle autour de la table basse centrale. Lao Ye, l'aîné, portait un masque partiel en or sombre, dissimulant la moitié gauche de son visage. La partie visible laissait deviner une beauté masculine, mais tout le monde savait ce que cachait le métal : les cicatrices profondes laissées par un certain poison.
À sa droite, Ling Di, vêtu d'une robe bleu pâle aux motifs d'ondes marines, fixait Lee Yuan d'un regard pesé, presque mathématique. Lin Da, dans sa robe vert jade, occupait une place stratégique en face de Lee Yuan, affichant un air faussement désinvolte, ses doigts effleurant distraitement le rebord doré de sa coupe à vin.
L'annonce de l'identité de Lee Yuan venait d'être faite, et les murmures s'étaient calmés. Les plats d'apparat défilaient : canards laqués, nids d'hirondelles, abalone parfumée, raviolis impériaux aux treize épices. Pourtant, la tension dans l'air avait plus de saveur que la nourriture.
Lin Da se pencha légèrement vers Xiulan, qui siégeait à côté de Lee Yuan, et, d'une voix basse mais parfaitement audible pour ceux qui savaient tendre l'oreille, dit :
- Xiulan... quelle surprise exquise de vous revoir. Votre absence a laissé un vide au palais. Certains pensaient même que vous n'auriez pas la force... de retrouver un jour votre place à la table impériale.
Xiulan, sans lever les yeux de sa coupe, répondit d'un ton fluide :
- Il arrive parfois que les absents reviennent plus forts que ceux qui n'ont jamais quitté leur siège, Lin Da, et je vous serai gré de vous adresser à moi en respectant nos rangs.
Le sourire de Lin Da se crispa imperceptiblement, mais il reprit avec une chaleur affectée :
- Je suis désolé, consort Xia, mon excitation a aveuglé mon jugement. C'est juste que tout le monde trouve surprenant de vous voir de retour, et sous la protection du prince héritier, d'autant plus qu'il se raconte que ...
Lee Yuan, qui jusque-là dégustait son thé en silence, leva les yeux, un éclat glacé dans le regard.
- Il est vrai, répondit-il calmement, que consort Xia a été avec moi à travers toutes sortes d'adversités. Il a même supporté de devoir cacher son identité et de porter le poids d'avoir été faussement accusé de notre accident alors que nous savons que les responsables sont là quelque part, cachant leur vices derrière des masques. Je trouve de genre de personnes méprisables, ne croyez-vous pas, Prince Lao Ye ?
Un silence bref, comme suspendu. Les yeux se tournèrent vers Lao Ye, après tout presque tout le monde au palais savait quelles genres de rumeurs circulaient sur le prince ainé, et certaines disaient même que la raison de ses blessures est parce qu'il avait essayé d'agresser un oumî qui ne s'est pas laissé faire, même s'il était un prince. La main de Lao Ye se crispa sur ses baguettes, son masque sombre brillait à la lumière des lampes. Il inclina légèrement la tête, un sourire tranchant aux lèvres.
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Noces d'orient 2.
FantasiaLe tournoi est sur le point de commencer, les résultats seront décisifs. Mais alors que nos deux amoureux s'apprêtent à se jeter dans la bataille, ils n'ont aucune idée que la tempête est loin d'être passée
