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- Tu l'as déposé ? S'enquit la voix d'une jeune fille à travers la foule tandis qu'elle marchait à côté d'un jeune homme à l'allure banale.

- Oui, répondit son compagnon d'une voix lourde.

- Qu'il y a t'il ? Demanda la jeune fille.

- Je... Le fait de savoir qu'il est peut-être responsable de notre situation actuelle et que j'ai été si près de lui...

- Tu ne risquais rien, la jeune fille serra sa main, je t'aurais protégé.

- Et on aurait été décapités, dieu merci ce n'est pas arrivé.

La fille soupira en se passant une main dans les cheveux.

- Ça va être difficile, et ça ne fait que commencer, dit-elle.

- Je sais.

- Tu crois qu'ils s'en sortiront tous seuls ?

- Qui? Ces trois idiots? Se serait un miracle qu'ils ne soient pas les premiers à être décapités, le jeune répondit d'une voix vaincue.

- Hier soir, toi et... Commença la jeune fille. Tu avais son odeur.

- Oh. Le silence s'installa durant de nombreuses minutes avant qu'il ne reprenne. Je ne veux pas en parler, du moins pas avant que tout soit fini.

- Je comprends. Alors comment s'était ?

- Quoi, fit le jeune homme surpris.

- L'accouplement...

- Restera aussi privé, coupa le jeune homme.

- Roh tu n'es vraiment pas drôle.

- Ce n'est pas sensé être drôle, se plaignit le jeune homme, et toi tu as déjà ?

Il vit devant ses yeux le visage magnifique de la jeune fille se tordre de douleur.

- Oui, je l'ai déjà fait. Et je ne veux pas en parler non plus.

- Hwa Lin... est-ce que tu...

- Nous avons beaucoup de choses à faire aujourd'hui, allons-y! la jeune fille l'interrompit en prenant les devants, mais elle s'arrêta quelques secondes après pour le regarder dans les yeux. Je vais bien aujourd'hui, tu n'as pas à t'en faire. Mes bourreaux sont tous morts aujourd'hui.

- D'accord, j'espère qu'ils pourrissent en enfer.

- Ne t'en fais pas, c'est bien le cas.

Les deux repartirent main dans la main

Pendant ce temps, deux jeunes hommes s'échauffaient sur un terrain d'entrainement mis à dispositions des participants. Les deux hommes se tenaient sur leurs deux mains, leurs jambes suspendues au dessus d'eux, ils étaient en pleine compétition et comparaient leurs exploits et leur endurance. Ce spectacle attirait l'attention de plusieurs spectateurs, tous impressionnés par cet étalage de force, après tout dans le royaume les gens misaient plus sur le maniement des armes , la vitesse, et la dextérité, l'utilisation de la force brute étant considérée comme barbare, seuls les paysants qui travaillaient toute l'année en extérieur en portant des charges lourdes pouvaient afficher ce genre de corps. Cela avait pour résultats que les hommes du commun et les nobles qui apprenaient les techniques à l'épée avaient des physiques à la musculature fine et légèrement développée, seuls ceux qui travaillaient à l'armée avaient des corps plus robustes et plus imposants. Mais là encore, aucune des personnes présentes ne pouvaient se vanter d'avoir des corps aussi puissants que ces deux hommes qui s'affrontaient sur le terrain.

Au bout d'un moment, l'un des deux hommes finit par s'arrêter le premier, il avait un visage passable mais ses cheveux présentaient quelques mèches blanches particulières dans sa chevelure noire. L'autre jeune homme s'arrêta lui aussi quelques secondes plus tard, il affichait un sourire arrogant et essuya la transpiration qui s'écoulait de son visage à son torse musclé, glissant sur les nombreux tatouages dont il était couvert.

- J'ai gagné! s'exclama ce dernier, tu sais ce que ça veut dire gamin?

- D'accord, je te le dirai, souffla celui aux mèches blanches. Mais pas aujourd'hui!

- Hé ! on avait un accord!

- Oui, mais je n'ai jamais dit que j'allais le dire aujourd'hui.

Alors que les deux hommes s'amusaient ensemble, un groupe d'hommes s'approcha d'eux, tous étant vêtus de vêtements assez coûteux, signe qu'ils appartenaient à des familles riches ou nobles de la capitale, leurs yeux portaient des flammes de mépris, jalousie et arrogance.

- Je ne savais pas que ce concours accueillait maintenant de gens d'aussi basse condition, des paysans rien que ça! dit celui qui se tenait à l'avant du groupe, sa main devant son nez comme s'il se cachait d'une odeur désagréable.

Lee Yuan et Mo Yuan, ceux qui s'entraînaient tout à l'heure, lui jetèrent à peine un regard puis continuèrent leur conversation comme si de rien n'était.

- Tu as gagner en muscles dis donc, fit remarquer Mo Yuan en caressant le ventre dénudé de Lee Yuan.

Celui-ci fut parcouru de frissons de peur.

- Merci, et bah les pattes, je ne mange pas de ce bol de nouilles.

- Essaie et redis le moi!

Pendant ce temps le jeune homme qui avait été ignoré avait son visage qui passait du blanc au vert, et du vert au noir. Il était fils de duc, par conséquent il avait été habitué à ce que les gens s'écartent devant lui et essayent tout pour lui faire plaisir, même le groupe derrière lui était composé de fils de comptes, ou fonctionnaires qui faisaient de leur mieux pour s'attirer ses faveurs. Quand avait-il jamais reçu ce genre de traitement? Quant avait-il déjà été autant méprisé? En plus devant ses subordonnés! Son visage se déforma de haine, il s'avança et se positionna devant les deux hommes méprisants.

- Je ne sais pas de quelle région pauvre et désolée vous venez, mais ici les personnes de basse vie doivent savoir comment s'adresser à des nobles.

- Il s'adresse à toi, se moqua Mo Yuan en secouant le bras de Lee Yuan.

- Ah bon? Pourtant je ne sais pas comment vivent les gens de la capitale, répondit-il avec un ton sarcastique.

Ton que ne sembla pas comprendre le jeune noble.

- Evidemment, j'aurai été surpris que des gens comme vous aient une moindre idée de la manière dont vivent les gens d'ici, il jeta un regard de mépris aux vêtements froissés et rapiécés que portaient Mo Yuan et son comparse. Rien qu'à vous regarder, vous me semblez encore plus mal lotis que les serviteurs de simples marchand d'ici.

- Je t'avais dit que les vêtement étaient de trop, murmura Mo Yuan.

- D'accord je reconnais mon tord.

Le noble une fois de plus ignoré s'apprêtait à s'en prendre à eux lorsqu'il entendit une agitation derrière lui. En se retournant, il vit la foule se disperser à l'approche du prince Lao Ye, qui se dirigeait apparemment vers lui.

- Salutations à sa majesté le prince! cria t'il pris de panique.

- Salutations à sa majesté le prince! Suivit son groupe, en s'inclinant également.

Du coin de l'œil il vit aussi les deux hommes de tout à l'heure une révérence également, celui aux cheveux blancs l'exécutant mieux que l'autre.


Noces d'orient 2.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant