J'ai été marcher. Un café à la main, jouant avec le morceau de bois qu'ils nous servent en "touillette". La musique dans mes oreilles n'était pas aussi forte qu'à son habitude.
Une vieille dame m'a dépassé, alors que je vagabondais. Je croyais au début qu'elle parlait seule, ce qui m'a tiré un sourire. La vérité était plus jolie.
Elle avait un bouquin. Elle m'a sourit quand je me suis retournée, intriguée, quand ce fut à moi de la doubler. "J'ai du mal à apprendre, maintenant. J'y arrivais mieux étant jeune." Elle m'a donné un sourire, et un peu de foi en l'humanité. "C'est tellement beau, La Fontaine, Baudelaire, c'est dommage que vous n'en appreniez plus, ça fait travailler la mémoire. La génération d'avant moi, ma belle mère, nous récitait des poèmes. C'est important." C'est important. Elle m'a également parlé d'un médecin, célèbre, dont le nom m'a échappé. "Il disait que c'est de lire ces artistes, leurs poèmes, leurs histoires qui l'a aidé à survivre. C'est important." Elle m'a donné du rêve, elle m'a fait croire qu'il reste encore des personnes, des inconnus, pour vendre du rêve. Pour discuter en marchant, sur de jolies choses. Qu'il en reste, des jolies choses. Alors je la remercie de m'avoir fait sourire, et de m'avoir donné ces petits bouts de rêves, et de m'avoir redonné un peu d'espoir.
23/04/2016
