Chapitre 4 : My medecine.
Thomas resta un instant planté à la porte d'entrée, le plateau dans les mains, perplexe d'avoir vu le voisin. Il esquissa un sourire amusé. Le blond avait fui son regard comme s'il était gêné par sa présence. Il claqua la porte d'entrée avec son pied et déposa le plateau dans la cuisine, disant à l'adresse de sa mère qui épluchait des pommes de terre pour le repas du midi, que les voisins la remerciaient et qu'ils les avaient trouvés délicieux. Il remonta dans sa chambre, s'installa devant son tas de feuilles blanches et se mit à écrire.
« L'être humain se voit doté de plusieurs aspects strictement relationnels. La socialisation de l'humain est la base de la civilisation. Les humains ont réussi à établir une société grâce à leurs connections les uns entre les autres. La parole reste le meilleur moyen de communiquer, puis est venu la peinture, l'écriture, et tout ce qui est venu après. Les nouveaux venus dans les cercles fermés d'amis, de proches, ont toujours beaucoup plus de mal à se faire intégrer par eux-mêmes. La meilleure façon qu'un nouvel individu soit intégrer par la société, c'est lorsque la société va vers l'individu seul, l'intègre et lui fait prendre part.»
Il referma son stylo, soudain pris d'une tournante. Ce qu'il écrivait des jours durant n'étaient que des constats qu'il avait réalisé dans sa vie. Et aujourd'hui, le cas était son voisin. Nouvel arrivant dans la ville, sans doute du même âge que lui, il ne semblait pas scolarisé pour le moment, donc, à priori aucune chance pour lui de découvrir la ville dans sa splendeur nocturne. De là, il n'avait d'autre choix que de la découvrir seul, par lui-même, et peut-être de se perdre.
« En cas de danger immédiat, la socialisation humaine se voit apportée une touche inébranlable à la survie collective. Le travail d'équipe, la réflexion à plusieurs, la négociation par la parole apporte un aspect réfléchi et coordonné à une survie. Le reste du temps, l'individu en lui-même peut garantir sa survie par lui-même. L'immédiateté du danger permet à un groupe d'individu de mieux gérer le stress, la panique. Certains chaperonneront les autres, les sortiront de l'endroit dangereux quitte à y laisser leur vie. L'esprit d'équipe prime alors sur l'individu, permettant ainsi à un instinct de survie du groupe d'entreprendre de grandes choses. Le nombre de victimes sera amoindri et l'espèce humaine préservée. Prenez l'exemple du terrorisme. »
Thomas se leva, conscient que le sujet qu'il abordait maintenant était un sujet actuel et encore bien trop présent dans la conscience collective pour qu'il ne le traite qu'en surface, il fallait donc qu'il se documente sur le sujet. La bibliothèque de la ville était ouverte le samedi, et il n'avait rien d'autre à faire que d'y aller. Les récents attentats terroristes qui avaient eu lieu aussi bien aux Etats-Unis, comme à Orlando, ou autre part dans le monde le heurtaient toujours. Peut-être que son prochain chapitre traiterait de la démence qui hante certaines personnes, de là à se suicider au nom d'une cause, souvent abjecte ou détournée, et de faire le plus gros nombre de victimes autour. Marquer les esprits, imposer la terreur. Thomas attrapa sa veste pour ne pas que sa mère le rappelle et descendit au sous-sol, prendre son vélo. Il le sortit, monta dessus et remonta la rue en pédalant doucement. Peut-être que son voisin avait besoin de faire un tour en ville après, histoire de découvrir les rues, les coins sympas, les cafés branchés et le parc. Le parc arboré était l'un des endroits préférés de Thomas. Il aimait y écrire, assis dans l'herbe, entre les arbres, en fin d'après-midi et observer les gens, les étudiantes qui rentraient, les coureurs, les promeneurs. Puis le soir tombait et le soleil se couchait. Le parc habitait alors d'autres genres d'individus.
Thomas parqua son vélo et entra dans la bibliothèque, saluant Jane de la main, et se dirigea vers les travers de livres qui l'intéressaient. Il en sortit quatre des rangées et s'installa à une table pour prendre des notes. C'était souvent ça, ses samedis matins, il les occupait à faire des recherches pour son bouquin, à se documenter aussi pour sa culture personnelle. Sa mère lui reprochait beaucoup de fois de ne pas profiter du beau temps, du week-end en famille ou autre, mais Thomas n'aimait pas rester chez lui en compagnie de sa sœur et sa mère. Les rares fois où son père était présent le samedi matin, c'est que sa séance de golf était annulée, ou que l'un de ses camardes était absent. De toute manière, Thomas préférait dix milles fois être assis dans la pénombre des étagères de livres de la bibliothèque de Portland plutôt que d'entendre sa petite sœur jacasser au téléphone avec Emily, « sa meilleure amie ». Thomas se demandait pourquoi sa sœur s'acharnait à passer ses matinées du samedi au téléphone alors qu'elles s'étaient vues la veille, qu'elles se voyaient à la messe le lendemain et que leurs vies respectives étaient loin d'être tant palpitantes que ça. Il serait idiot de croire que la vie de gamines de douze ans est plus riche en sensations que celle de la mère de Thomas. Femme au foyer américaine, en bonne et due forme. Le cliché même que l'on voit dans tous les films. De toute manière, Thomas en avait que faire des états d'âme de sa mère ou de sa sœur ; ses matinées à la bibliothèque faisaient de lui une véritable célébrité. Il faut dire que le garçon était plutôt agréable à regarder, et que souvent, quelques pintades de son lycée, ou des lycées aux alentours venaient « réviser » à la bibliothèque dans le seul but de « peut-être » capter une seconde son regard.
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Haunted {TERMINÉE}
FanfictionUn jour, Thomas va faire la rencontre de ses nouveaux voisins. Il y rencontre Newt, un garçon renfermé et plutôt discret. En apprenant un peu plus à le connaître, Thomas va découvrir un garçon effrayé, qui cachait en fait un lourd secret aux mystère...
