— Tu es sûre de ne pas vouloir venir ? me demande Aiyana pour la énième fois
— Oui ! Je... je suis très fatiguée.
Ses magnifiques yeux vert émeraude me sculptent du regard, comme si elle arriverait à discerner la cause de mon refus.
— C'est dommage, argumente-t-elle. La salle de repos est un chouette lieu pour se retrouver et papoter, je te parie que cette commère de Marcus raconte déjà tous les ragots à Lina. Allez ! viens... s'il te plaît.
Je secoue la tête de droite à gauche, fais semblant de bâiller, ce qui enclenche rapidement un vrai bâillement.
— OK, j'ai compris, je te laisse, elle se tourne pour partir, mais s'arrête et se retourne. Je passe te chercher demain pour le petit déjeuner ? me questionne-t-elle avec un large sourire.
— Oui, si ça ne te dérange pas bien sûr... dis-je d'une voix inquiète.
— Bien évidemment que ça ne me gêne pas, ne t'inquiète pas !
Aiyana me fait un clin d'œil, me salue de la main et prend la direction de la salle de repos. Je reste un moment toute seule, devant les escaliers qui mènent vers les chambres.
Que fais-tu maintenant Enoa ?
Plusieurs envies se bousculent dans ma tête.
Parler à Mia, finir l'épisode de ma série, visiter les jardins et... revoir ce garçon.
Dès la seconde ou nos regards se sont croisés un nœud s'est formé à l'intérieur de mon estomac et je ressens la même sensation en ce moment.
Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi me perturbe-t-il autant ?
Mes pensées sont interrompues par un vent glacial, je relève aussitôt la tête, pour voir d'où ça provient. Ma recherche s'arrête quand mes yeux se posent sur la grande porte qui se referme. Confuse, je scrute la pièce à la recherche de quelqu'un. Mais personne à l'horizon. Je reporte mon attention sur la scène de mon étonnement. Prise d'une soudaine envie d'exploration, je me dirige vers celle-ci. Une petite fraicheur m'accueille à peine le pied dehors, heureusement que j'ai mis un pull-over. Je cherche du regard une présence, mais il n'y'en a aucune, juste moi et les jardins.
Le ciel est bien sombre ce soir, pensé-je en levant la tête vers celui-ci, heureusement que l'extérieure de l'académie est bien éclairé, sinon je ne resterais pas une minute de plus ici. Je m'avance vers la roseraie, qui est encore plus sublime de près. L'odeur des roses chatouille mes narines.
— Humm,
La fin de ma phrase n'a pas le temps de parvenir jusqu'à mes oreilles, car une autre vient s'interposer dessus.
— Tu n'as pas peur de te promener seule.
La voix grave qui résonne me fait rapidement comprendre que c'est celle d'un homme, je me retourne pour chercher d'où elle pouvait bien provenir, mais personne ne se trouvait derrière moi.
— Qui est là ? quémandé-je d'une voix, qui se voulait forte et confiante, mais finalement qui résonne plus apeurée qu'autre chose.
Et franchement, si c'est un sérial killer, tu crois vraiment qu'il va te répondre ?
Ne me sentant pas rassurée, je décide de rebrousser chemin. Je m'avance d'un pas pressé, tout en regardant derrière moi, tout d'un coup je fonce sur un mur, ou plutôt sur le torse de quelqu'un.
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SHENOA
FantasyJe dois tout laisser, abandonner mon monde, rompre tout contact avec elle. « Tu es, et tu seras très forte » me répétait maman. Mais dans ce monde-ci, je me rends compte que je ne serai jamais aussi forte qu'eux. Ce sentiment inconnu, qui ne fait qu...