11. Vérités

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Chapitre 11 : Vérités

Draco avait eu un mal de chien à laisser Harry partir à ce maudit rendez-vous. Il l'avait regardé s'éloigner avec un pincement au cœur effroyable. Il était prêt à parier que la traînée lui sauterait dessus dès son arrivée dans la pièce et ça le rendait malade.

« Mais je n'ai pas le temps de m'attarder. Si je reste ici, je vais me faire pincer ! Bougeons ! »

Automatiquement, il trottina vers les cachots. Il ne pouvait pas aller dans sa salle commune à une telle heure. Il était beaucoup trop tôt, aucun Serpentard ne devait dormir à une heure pareille et il n'avait pas envie de se faire prendre. A la place, il se contenta d'aller renifler près de la porte d'entrée avec envie. Il se découvrait nostalgique, ce qui l'étonnait. Il ne l'avait jamais été et, brutalement, il avait presque envie de remonter le temps.

« Oui, bon, enfin... Tout en gardant Harry tout aussi disposé vis-à-vis de nous... »

Draco tentait vainement de ne pas s'attarder sur le flot d'émotion qui envahissait Harry depuis quelques minutes. Il ne voulait pas savoir ce que son compagnon ressentait avant de le récupérer. Il avait bien trop peur de ne pas résister et de se précipiter jusqu'à lui pour l'emmener loin de cette femelle perverse...

« Tant qu'il ne ressent pas du plaisir, pensa-t-il. Tant que ce n'est pas ça, je peux tenir ! »

Il s'éloigna de la porte des Serpentard à regret. Il s'y serait bien attardé pour discuter avec Blaise ou Théo... Même Pansy lui semblait plus envisageable que de rester dans l'école, seul, à attendre le retour de Harry.

Amer, Draco remonta vers les étages. Il reniflait avant de tourner dans chaque couloir, à la recherche d'une odeur quelconque lui indiquant une présence humaine. Mais rien. Soit il avait beaucoup de chance, soit personne ne voulait traîner dans les couloirs la nuit, ce qui était étonnant à Poudlard.

« Note, avec des mangemorts comme prof, je les comprends assez... »

Sur un coup de tête, Draco décida d'aller plus haut encore. Il monta jusqu'à la tour d'astronomie qui était, Merlin soit loué, déserte.

« Normalement, il devrait y avoir un ou deux couples... occupés, bien entendu... Ces mangemorts ne font vraiment pas de bien... »

Il était heureux de ne pas avoir repris sa scolarité. Être à Poudlard avec ces hommes démoniaques aurait sans doute pourri ses ultimes souvenirs d'un endroit qu'il aimait plus que tout. Au moins, à présent, ce passage de sa vie était préservé. Assis sous les étoiles, Draco s'accorda un instant un petit regard sur le lien et les sentiments de Harry. Il paraissait confus. Troublé. Et surtout, il suintait de culpabilité. Rien de bien méchant. Pas d'amour débordant pour cette peste. Bon ! ... C'était déjà ça, n'est-ce pas ?

Se traitant de midinette énamourée, il se força à regarder le parc. Assis sous un petit auvent de pierre, il regarda la pluie tomber en tentant d'ignorer son envie de hurler, le museau vers le ciel. Puis, alors qu'il s'apprêtait à rentrer car l'humidité et le froid le dérangeaient, il eut la surprise de sentir un brutal flot de sentiment de Harry. Il était si fort qu'il ne put l'ignorer et il couina misérablement. C'était... indescriptible. Il y avait un mélange d'un peu tout. De la surprise en majorité. De la joie, un mélange d'envie et d'amour. Draco baissa le museau, passant une patte dessus. On avait pas idée d'envoyer des choses aussi fortes, enfin !

« Mais pourquoi ressent-il tout ça ? Il y a de l'amour aussi... tellement d'amour... Pour qui ? Ginny ? »

Il eut envie de se précipiter dans la pièce pour le sortir de là, mais les sentiments forts s'éteignirent brutalement pour laisser place à la gêne. Alors il resta là et soupira. Il jeta un dernier coup d'œil au parc humide et rentra.

Alpha potentielOù les histoires vivent. Découvrez maintenant