31. Après guerre.

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Chapitre 31 : Après guerre

Laisser partir Draco loin de lui avait été la chose la plus difficile à faire, aux yeux d'Harry. Le laisser s'en aller, sans l'accompagner, lui dire au revoir près du passage secret menant à Prés-Au-Lard, Gabriel appuyé contre un mur tout près d'eux, tentant d'ignorer le corps de Greyback qui flottait dans les airs et l'air dépité du second potentiel... Harry avait du se faire violence pour ne pas les suivre dans le sombre tunnel menant au village sorcier. Rogue les accompagnait. Tout comme Draco, il n'était pas le bienvenu dans ce monde, pas tant que certaines preuves évidentes n'étaient pas livrées au ministère. Minerva McGonagall avait la responsabilité de les transmettre au Magenmagot mais malheureusement, la vieille sorcière n'était plus de ce monde. Face à cette terrible nouvelle, l'espion n'avait d'autre choix que de partir, le temps que tout soit retrouvé et transmis. Harry avait cette mission à présent et il n'en était pas heureux. Oh, innocenter Rogue était quelque chose d'important à ses yeux, mais sur le moment, il y voyait juste un obstacle pour ses retrouvailles avec Draco !

En arrivant dans la Grande Salle, Harry resta un instant immobile sur le seuil qui était ruiné par les nombreux pièges des jumeaux. Il regarda les combattants présents, les débris de pierre sur le sol craquelés, les vitres explosées, laissant de longs morceaux de verres tranchants dans l'encadrement des fenêtres qu'il avait adorées regarder étant enfant... La destruction de la Grande Salle lui semblait représentative de sa vie : un champ de ruines détenant encore un peu d'espoir. Ce dernier était symbolisé par les personnes qu'il pouvait contemplées, occupées à aider, à soigner ou, quand c'était nécessaire, à consoler.

La démonstration la plus émouvante, pour Harry, était l'ensemble de la famille Weasley rassemblée, soudée dans son chagrin. Il manquait peut-être Ginny, mais les hommes présents, s'étreignant de toutes leurs forces, étaient magnifiques à regarder. Hermione les accompagnait, compatissante et éplorée elle aussi. Maintenant que l'action était finie, que l'adrénaline s'estompait, chacun contemplait les morts et prenaient le temps de les pleurer. Harry lui-même sentit un immense chagrin l'envahir à la vue de la famille qui l'avait toujours accueilli à bras ouvert. Il aperçut aussi le corps de McGonagall, allongée près de ceux des autres, et un soupir franchit ses lèvres alors qu'il se dirigeait vers elle.

Elle avait perdu beaucoup de sang, ses vêtements en étaient imbibés. Ses cheveux, d'habitude si bien coiffés, étaient emmêlés comme jamais. Malgré sa mort violente, elle avait l'air sereine et Harry ne put s'empêcher d'en ressentir une certaine consolation. Au moins était-elle partie en paix, elle n'était pas un fantôme errant quelque part. Bien que, en l'occurrence, cela l'aurait aidé. Ça l'aurait surtout épargné de la fouiller, à sa grande honte. Poussant un soupir dramatique, Harry se pencha sur elle pour retourner ses poches, non sans une certaine répulsion. Il se faisait l'impression d'être un voleur, un détrousseur de cadavre !

« C'est bien parce qu'il a été important dans notre victoire, sinon, il irait se faire foutre et c'est tout ! »

Marmonnant diverses imprécations envers Rogue, Harry s'obligea à retourner minutieusement chaque poche. Il n'y trouva rien d'intéressant, pas une clé mystérieuse, pas de parchemin énigmatique, rien. Agacé, Harry se releva en se demandant où McGonagall pouvait bien dormir dans le château. Oh, il avait une idée imprécise de ses quartiers mais n'en connaissait pas la position exacte. Résolu, il se redressa et tourna sur lui-même pour voir qu'Hermione se dirigeait vers lui. Elle avait les cheveux dans un état pitoyable, du sang séché sur ses vêtements et une couche de poussière affolante. Son visage était blessé également, une longue balafre couvrant sa joue et mutilant son beau visage, mais elle n'en avait cure tandis qu'elle traversait la salle vers lui. Quand elle arriva à sa hauteur, elle le prit dans ses bras quelques minutes et Harry se laissa faire avec compassion. Il finit par s'écarter d'elle assez rapidement malgré tout, mal à l'aise face au contact qu'une partie de lui considérait comme étranger.

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