7. Rencontre inatendue

307 36 17
                                    

Mon premier réflexe est de me tenir sur mes gardes, je me mets automatiquement sur le qui-vive, humant les alentours, à l'affût du moindre petit mouvement.
Ça sent mauvais tout ça, dans tous les sens du terme. L'odeur âcre des loups, s'ajoute à celle de la méfiance. Il s'écoule quelques minutes avant que quiconque ne réagissent. C'est maman qui s'exprime en premier:

« -C'est quoi cette histoire ? Depuis quand ces chiens sont sur NOTRE  territoire?

-Ils doivent juste être de passage, propose Iris

-l'odeur ne serait pas si forte. »

Papa a raison, il arrive parfois qu'un loup solitaire, ou bien même une petite meute, traverse un territoire attribué, mais jamais plus de quelques heures, et jamais trop nombreux aussi. Alors que là, malgré mon inexpérience je détecte une forte concentration de loups, une vingtaine, et leur passage est récent.

« - je croyais que ce territoire appartenait aux vampires, m'énerve-je

-pas tout à fait, il est revendiqué par les vampires, clarifie maman

-et ça change quoi, revendiquer ou appartenir? Il est à nous oui ou merde ?

-surveille un peu ton langage Aaron, dit papa, a la base c'est la terre du Covent, des sorcières louves, et des sorcières vampires, ajoute-t-il.

-on est dans de beaux draps alors, conclut-je. »

J'adore mes parents, toujours fourrés dans les meilleurs coups, putain, et on fait quoi maintenant, on rentre? Je renvoie un SMS a mes amis et je leur dit : « poisson d'avril »? on est en août personne ne me croira.

Ce que dit mon père me laisse sans voix:

« -grand bien leur face, nous restons, là maison ne semble pas être envahie, si nous restons, ils partiront. »

Et maman qui répond OK, mais c'est quoi ces parents qu'on m'a foutu!

Depuis que nous sommes sortis de la camionnette, rien d'étrange ou de notables n'ai arrivé, peut être que cette meute et faible et sans danger? Je n'y crois pas trop mais après tout l'espoir fait vivre, même les vampires.

Je me résous à suivre ma famille, vers la maison qui nous fait face, je sors tous mes cartons, mon sac de sports toujours sur le dos, j'entre à la suite des autres et me dirige vers l'étage, je suis là première à arriver sur le pallier, je choisie donc en premier ma chambre, celle que je trouve est au fond du couloir, la plus à l'écart, avec une petite salle de bain attenante. Elle ressemble beaucoup à celle que j'avais avant, mis à part qu'une immense baie vitrée remplace le mur du fond. Ainsi un grand lit trône au centre de la pièce, accolé au mur adjacent à la baie vitrée, une tête de lit sobre se fond dans le mur. Un parquet recouvre l'entièreté du sol, mais un tapis molletonné est posée sous le lit, pour en faire une décente de lit.
De part et d'autre du mur vitrée, une étagère qui me semble suffisamment grande pour accueille ma collection littéraire, un bureau en bois massif, et ornementée de moulure, une chaise du même style et rangée à côté. Pour finir, sur le dernier mur, près de la porte par laquelle je suis rentrée il y a un placard encastré. Le tout m'apparaît comme étant relativement propre et chaleureux.

J'embarque l'ensemble de mes affaires en seulement deux voyages, et en peu de temps je suis définitivement installée. Dans la maison règne une agitation silencieuse, je déambule dans chaque pièces pour voir ou en est tout le monde et pour visiter notre nouvelle maison, comme je le pensais le reste de la maison et aussi agréable que ma chambre, par contre seule ma chambre et le salon dispose d'une aussi grande ouverture sur l'extérieur.

Je décide de partir prendre l'air, pour me ressourcer après cette nuit dans les cartons et la voiture, j'ai vraiment besoin de respirer. Grâce à mes yeux surdéveloppés je me repères rapidement, le ciel commence à s'éclaircir mais il fait encore nuit, le jour de lèvera dans une heure tout au plus.
J'adore courir à l'aurore, j'adore voir la nature changer de couleurs, se parer de teinte rose, de jaune doux et admirer le vert sombre des sous-bois viré au jade luisant.
J'inspire l'air sans réfléchir, mais l'odeur de loups me fait presque aussitôt tousser, de dépit je grogne. En faisait plus attention à ma respiration je commence à courir, je détale vers la forêt et m'empresse de découvrir se nouveau territoire, plus je m'éloigne de la maison, plus l'air devient respirable. Il est même agréable, un mélange entre l'odeur de la mousse, et celle du soleil dans les feuilles.
Inconsciemment je ralentie, j'hume ce qui m'entoure, le visage tourné vers le soleil qui est enfin sorti, aujourd'hui il fait très clair, aucun nuages ne cachent l'astre, et j'apprécie les reflets que ma peau émet sur les feuilles.
De plaisir, je soupire et ferme mes paupières, les rayons ardents du soleil, me chatouillent la peau.

Je suis trop absorbée par ce soleil si différent de celui dont j'ai habituellement l'habitude que lorsque j'ouvre enfin les yeux et que je les abaissent, je suis sur le cul.
Je n'en avais jamais vu, ils sont beaucoup plus grand que ce que je pensais.
Ils ne ressemblent pas non plus à ce que je m'imaginais: pas de corps  poilus et monstrueux, pas d'yeux globuleux, ni de baves aux coins des lèvres. Non absolument pas.

C'est un loup, immense de la taille d'un cheval au moins, sur quatre pattes robustes, une gueule imposante, avec un museau allongé, des babines roses dont des crocs d'une blancheur éclatante saillent, ses oreilles sont très grandes et bougent au moindre bruit. Sa fourrure semble rêche mais pas non plus déplaisante à caresser, elle est d'un noir profond avec des reflets bleutés dans les rayons du soleil, sa queue touffue s'agite comme celle d'un chien heureux.

Et puis il y a ses yeux, j'ai l'impression qu'ils m'appellent.

Chien & Chat Où les histoires vivent. Découvrez maintenant