20.Dérapage

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Je suis sous le choc, la voiture est renversée, sur le toit.
Une épaisse fumée noire se repend autour de l'accident,le moteur est foutu.
Je vais bien en soit, je ne suis pas blessée gravement, je ne peux pas me blesser en fait, à part un peu de sang lors de coupures ou autres. Mais ma tête me tourne et une douleur lancinante bat dans ma tempe gauche.
Une de mes jambes est coincée sous le tableau de bord.
Encore attachée par la ceinture de sécurité si bien que je suis pendue dans le vide. De mes bras, j'essaye de tirer ma jambe encastrée. Malgré ma force elle reste bloquée.
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Une heure passe, peut-être deux, je ne sais pas quelle heure il est.
Dû à ma position, le tête à l'envers, le sang me monte à la tête. Mon mal de crâne est plus intense, je commence à voir flou, la pression dans mes yeux est douloureuse. Je ne saigne plus mais je sais que j'en ai perdu pas mal déjà.
Je n'ai pas entendu mon téléphone sonner, soit il est tout simplement hors service, soit mes proches n'en on rien à foutre de moi. Dernière option : il s'est passée moins de temps que je ne le pense.
Je casse la vitre côté conducteur, de toute façon la voiture est fichue.
Puis je crie, ma dignité m'a quitté :

« -A L'AIDE ! A L'AIDE ! AU SECOURS ! SORTEZ MOI DE LÀ ! »

Je m'époumone, la brûlure de mes poumons s'ajoute à celle dans ma tête. Mais je m'en fous, je commence à avoir peur. Je continue de m'égosiller en bougeant dans tout les sens, dans ma folie je pense bêtement que si je la secoue assez fort, elle se remettra dans le bon sens, sur ses quatre roues. Je pers complètement la tête en fait.

« -snifff... sniffff... »

Dans la confusion di chaos, ce bruit de reniflement m'apparaît comme le salut.

« -eh gentils chien »va chercher ton maître tu veux, je ne sais pas si ce toutou a compris mais j'espère que son maître pourra m'aider.
Dans ma tête je pense vraiment que c'est un chien, la probabilité que ce soit un de ces loups-garous me passe carrément au dessus de la tête.
Pourtant le bruit de reniflement disparaît, et seulement quelques minutes plus tard son odeur est là. Une douce odeur d'herbes fraîchement tondues et de sous bois, remplace celle toxique de la fumée.
Sans que je n'y sois préparée, la voiture est brinquebalée dans tous les sens, d'horribles bruits de tôles tordus me bousillent les oreilles. Je me rends compte que quelqu'un ou quelque chose a retourné ma voiture et que je suis à présent dans le bon sens. Je vois flou et la tête me tourne encore plus pendant quelques instants du au retour du sang dans le reste de mon corps.
Mais même si je suis la tête à l'endroit ma jambe est toujours coincée, et j'ai beau regarder de chaque côté je ne vois rien, comme si ma voiture c'était remise droite par magie. Je n'y crois pas vraiment.

« -et OH, y'a quelqu'un. Chui coincée! Criais-je

-pas la peine de gueuler sangsue, j'ai entendue. Me répond une voix d'homme, enfin plutôt celle d'un jeune homme à mon avis.

-aides moi alors au lieu de rien faire ! M'énervais-je, je sais que c'est un loup-garou, alors devoir m'en remettre à lui m'exaspère mais bon aux grands maux les grands remèdes. »

Bien contente qu'il m'aide, je me tais durant son intervention. Il arrache la portière d'une façon presque désinvolte. Ça a l'air si simple pour lui, je me perds dans la contemplation de son corps, de sa musculature que je devine sous son t-shirt. Son expression concentrée.... Ou lala ma tête déraille com-plet.

«-décale toi que je puisse sortir ta jambe, me dit-il en me sortant de ma transe. »

Il s'approche et il est tel le soleil, brûlant, éblouissant de chaleur et de lumière. En un clin d'œil il me tire de sous le capot, puis me soulève hors du véhicule accidenté.
Dans ses bras, contre son torse brûlant, près de son cœur qui bat à vive allure, je me sens à ma place.

Sans m'en rendre compte on se retrouve loin de la route et de la voiture, il a marché ou couru jusqu'à la clairière où nous nous sommes "rencontrés".

« -tu peux tenir debout me demande-t-il ?

- hein ?

-Est-ce que mademoiselle peut tenir sur ses deux jambes ? Dit-il d'un ton narquois.

-oui très bien, repose moi. Affirmais-je »

Du coup sans délicatesse il me repose par terre. Quitter ma position me fait trébucher. Il me rattrape d'une main sur l'épaule, son contact le fait frissonner mais je me reprends vite: je m'éloigne d'un pas.

«-et qui dois-je remercier ? Je suis curieuse après tout, je ne peux pas continuer à l'appeler LUI.

-Conrad.

Je pouffe de rire, il s'appelle Connard.

-je ne m'appelle Connard j'ai dit CONRAD. S'énerve-t-il. »

Je le vois qu'il commence à perdre les pédales, ses mains tremblent et il les serrent. Tout son corps et parcouru de soubresaut, je n'y connaît pas grand chose en loups-Garous, mais ça s'annonce mal.

« -calme toi mec, je déconnais. »

J'essaye de le calmer mais ça n'a pas l'air de fonctionner aussi bien que je l'aurais souhaité.

« -va t'en vampire, souffle-t-il

-ah non raté moi c'est Violette, tentais-je pour détendre l'ambiance. »

Mais la non plus ça ne fait aucun effets. Me vient à l'esprit une idée, mais ça parait tellement absurde.

Doucement je m'approche de lui et pose mes mains sur ses épaules, je le regarde dans les yeux, et par la pensée je lui transmet mon calme.

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Punaise, hyper dur à écrire, trois jours que je suis dessus. Je m'excuse du coup pour la qualité de celui-ci, j'avais pas trop d'inspiration.

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