Chapitre 8

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Chapitre 8 : Le Poids de l'Inévitable

Le temps, indifférent à mes souffrances, poursuivait inexorablement sa course, me rapprochant chaque jour un peu plus de cet avenir que je redoutais tant. Les fiançailles avaient été célébrées, une cérémonie discrète, sans éclat, uniquement en présence de nos familles. Ce qui aurait dû être un jour de joie s'était révélé n'être qu'une formalité, une étape supplémentaire dans cette mascarade imposée par mon père. Fier de sa réussite, il semblait convaincu d'avoir scellé mon destin, celui qu'il avait choisi pour moi.

De son côté, Alex tentait de masquer sa nervosité derrière un sourire rassurant. Il savait, au fond de lui, que mon acceptation du mariage n'était pas motivée par l'amour, mais par une nécessité désespérée. Pourtant, il restait là, espérant qu'avec le temps, je pourrais un jour apprendre à l'aimer. Il me l'avait dit un soir, alors que nous étions seuls, juste après la cérémonie de fiançailles :

— Iris, je sais que tu n'as pas dit oui par amour... et je ne te demande pas de m'aimer tout de suite. Mais j'espère... j'espère que tu pourras me donner une chance.

Ses mots, empreints de douceur, portaient aussi la marque de la douleur. Je l'avais regardé, incapable de répondre, mon silence confirmant ce qu'il savait déjà.

— Je ferai tout pour que tu sois heureuse, avait-il ajouté après un moment de silence. Peu importe le temps que ça prendra.

Je m'étais contentée d'un hochement de tête, incapable de formuler une réponse qui aurait été à la hauteur de son espoir.

À mesure que le mariage approchait, l'angoisse en moi grandissait. Chaque jour, chaque heure qui passait me rapprochait de cet instant fatidique où je devrais m'unir à un homme que je n'aimais pas. Les préparatifs se poursuivaient sans relâche autour de moi, comme une machine implacable avançant vers un but que je ne souhaitais pas atteindre. Une robe de mariée avait été choisie, magnifique, somptueuse, digne des rêves que j'avais autrefois nourris. Une salle splendide, décorée avec un soin méticuleux, avait été réservée pour la cérémonie. Tout semblait parfait, une perfection qui n'était pourtant qu'une façade dissimulant la douleur qui m'habitait.

Quelques jours avant le mariage, alors que je contemplais cette robe qui aurait dû symboliser le jour le plus heureux de ma vie, ma mère entra dans ma chambre.

— Iris, ma chérie, tout va bien ? Tu sembles ailleurs..., dit-elle, un soupçon d'inquiétude dans la voix.

Je lui lançai un regard fatigué.

— Maman, tout cela me semble tellement irréel... Cette robe, ce mariage... Ce n'est pas ce que j'avais imaginé, répondis-je en retenant mes larmes.

Ma mère s'approcha, posa une main réconfortante sur mon épaule.

— Je sais, mon ange... Si seulement les choses pouvaient être différentes. Mais tu dois être forte. Alex est un homme bon. Il prendra soin de toi, même si ce mariage n'est pas ce que tu voulais. Et qui sait, avec le temps... peut-être apprendras-tu à l'aimer.

— Peut-être..., murmurais-je, peu convaincue. Mais qu'en est-il de moi ? Que suis-je censée faire de ce vide en moi, de ce sentiment que je ne fais que survivre, pas vivre ?

— Iris..., commença-t-elle doucement, mais elle n'avait pas de réponse à me donner. Son silence me blessa, même si je savais qu'elle souffrait autant que moi de cette situation.

Le crépuscule approchait, et avec lui, le jour redouté où je devrais dire adieu à mes anciens rêves pour embrasser une vie que je n'avais jamais choisie. Chaque coucher de soleil me rapprochait un peu plus de cette réalité, et chaque soir, je me sentais un peu plus prisonnière de ce destin imposé.

Do I have the right ?Où les histoires vivent. Découvrez maintenant