Chapitre 15

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Chapitre 15 : Les Ombres Persistantes

Une semaine s'était écoulée depuis cette rencontre troublante avec Camille, et malgré le passage des jours, l'ombre de ses paroles continuait de planer sur mon cœur, telle une brume épaisse qui refusait de se dissiper. Les souvenirs de ce passé que je m'efforçais de laisser derrière moi s'accrochaient à mon esprit comme les feuilles mortes s'accrochent aux branches avant l'hiver. Alex, avec toute la tendresse et la patience du monde, tentait de me ramener à la lumière, de me sortir de cette mélancolie qui me consumait peu à peu. Mais plus il s'efforçait de me faire sourire, plus je sentais le poids de ma culpabilité alourdir mes épaules.

Chaque matin, il trouvait une nouvelle façon de me rappeler que le monde pouvait encore être beau. Nous partions en promenade au bord du lac, là où le vent jouait avec mes cheveux, où l'eau reflétait le ciel comme un miroir. Parfois, il m'emmenait découvrir un petit café caché dans un recoin de la ville, où les arômes de chocolat et de caféine se mêlaient à la chaleur réconfortante d'un feu crépitant. Mais malgré ses efforts, malgré toute sa bonté, une ombre s'accrochait à moi, m'empêchant de pleinement apprécier ces moments de quiétude.

Un soir, alors que nous partagions un dîner en silence, Alex posa doucement sa fourchette, brisant le rythme monotone de notre repas. Je levai les yeux vers lui, sentant la gravité dans son regard, une gravité qui fit écho à la tristesse que je portais en moi.

— Iris, murmura-t-il avec une douceur infinie, je sais que tu traverses des tempêtes que je ne peux pas voir. Et je veux que tu saches que je suis là, que je serai toujours là, peu importe la force des vagues.

Ses mots, imprégnés de sincérité, firent vibrer quelque chose en moi, mais cette vibration se perdit rapidement dans le tumulte de mes pensées. Je baissai les yeux, jouant distraitement avec une miette de pain, incapable de soutenir la lumière de son regard.

— Alex, je... je me sens tellement perdue, murmurai-je, ma voix se brisant sous le poids de l'émotion. J'essaye de m'en sortir, mais c'est comme si je me débattais dans le vide.

Il tendit la main, ses doigts effleurant les miens avec une tendresse qui réchauffa légèrement la glace qui entourait mon cœur.

— Tu n'as pas à tout affronter seule, Iris, répondit-il doucement. Nous sommes deux dans cette vie, et je veux t'aider à porter ce fardeau. Mais peut-être avons-nous besoin d'une nouvelle lumière, quelque chose qui pourrait éclairer cette obscurité.

Je relevai les yeux, curieuse de comprendre ce qu'il sous-entendait.

— Que veux-tu dire ? demandai-je, hésitante, mais légèrement intriguée.

Un léger sourire, empreint de douceur, naquit sur ses lèvres.

— J'ai pensé que ce serait une bonne idée d'inviter des amis à la maison, dit-il doucement. Une petite réception, quelque chose de simple. Nous pourrions partager un moment agréable, entourés de rires et de conversations légères. Qu'en penses-tu ?

L'idée d'une réception me prit par surprise. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas pensé à une telle chose. Les seuls amis que je pouvais considérer comme tels étaient ceux de Mathieu, et l'idée de les revoir, de croiser leurs regards remplis de souvenirs et de questions, me paralysait.

— Mais... je n'ai pas vraiment d'amis à inviter, soufflai-je, la gorge serrée.

Alex, toujours compréhensif, hocha lentement la tête. Il savait que mes amitiés étaient des reflets du passé, des ombres attachées à une vie que je m'efforçais de quitter.

— Ce n'est pas grave, Iris, répondit-il avec une tendresse infinie. Je peux inviter mes amis. Ils sont chaleureux, ouverts, et je suis certain qu'ils seront ravis de mieux te connaître.

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