-Plus un geste, chéri.
Mon arme était pointée sur lui. Lorsqu'il se retourna, j'eus la confirmation que l'individu était bel et bien Cooper, mon soi-disant petit ami.
Étrangement, il ne semblait pas avoir peur, alors que j'aurais déjà pu le liquider. Il n'avait pas d'armes sur lui, visiblement. Nous nous regardâmes en silence pendant une trentaine de secondes, puis je me décidai à parler.
- À quoi tu joues, Cooper ?
- Je te retourne la question ma belle.
- Ne m'appelle pas comme ça. Je peux te descendre d'un instant à l'autre si l'envie m'en prend.
J'espérais que ma voix ne tremblait pas trop.
- C'était pas ce que tu disais l'autre jour, pas vrai ? On est aussi bons acteurs l'un que l'autre. À la différence près que tu négliges les détails.
Ses répliques sonnaient faux.
- Ferme-la.
Je ne savais pas vraiment quoi faire. Je ne pouvais pas baisser mon arme, mais je ne pouvais pas lui tirer dessus non plus. De plus, il ne serait pas venu sans protection. Quelqu'un devait sûrement attendre en haut de l'escalier.
- Alors comme ça tu trempes dans les affaires de ton père ?
- Ça me regarde.
Il avait répondu rapidement. Comme s'il regrettait de faire partie de tout ce bordel.
- On est jeunes Cooper. On ne devrait même pas en arriver là.
- Alors explique-moi ce que tu fais avec un flingue pointé sur moi !
- Ça me regarde, répondis-je en l'imitant.
- Écoute, je viens seulement récupérer les données que tu as volées. Pour qui est-ce que tu travailles ?
Ses paroles m'interpellèrent.
Il ignorait donc tout. S'il n'était pas au courant pour Interpol, nous avions une chance de nous en sortir.
Mon esprit carburait à 100 à l'heure. Normalement, Jack et Sarina n'avaient pas dû dévoiler leur couverture. C'était ce qui était prévu. Ne jamais rien révéler. Cooper pensait sûrement que j'étais dans un clan ennemi ou je ne sais quoi. Cela me laissait une énorme chance pour bluffer. J'esquivai sa question.
- Je ne les ai plus. Et comment m'as-tu retracée ?
- On a nos techniques. Maintenant, file-moi cette foutue clé, qu'on en finisse.
- Je te signale que tu n'es pas en position de réclamer quoi que ce soit, là.
Il soupira, puis cria :
- Igor, viens ici !
Comme je l'avais prévu, il n'était pas seul. Un gros bonhomme baraqué surgit et j'eus seulement le temps de tirer une balle dans sa jambe avant de m'écarter. L'homme s'écroula en gémissant et marmonnant sûrement des insultes en russe. Je ne ressentais aucune pitié à son égard, il m'aurait certainement fait pire.
Cooper avait profité de l'occasion pour attraper l'arme qu'Igor avait laissé tomber dans sa chute.
Je me sentis soudain fatiguée de jouer aux devinettes.
- Écoute-moi bien Cooper. Il me semble que tu n'es pas tout à fait ravi de devoir jouer les héros pendant que ton père tire les ficelles. Je te propose un marché : tu coopères avec moi, on fait tomber ton père et je t'offre la chance d'une vie normale. Ou bien on se bât, et l'un de nous deux meurt. Et j'ai l'intime conviction que ce ne sera pas moi, vu la façon dont tu tiens ton arme.
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Les aventures de Charlie
AdventureQuand Interpol m'a recrutée, j'avais 7 ans. Aujourd'hui, j'en ai 17, et je n'ose même pas imaginer ce qu'aurait été ma vie si je n'avais pas été au bon endroit, au bon moment. Chers lecteurs, si vous avez lu les nombreux tomes de CHERUB, vous pourr...