Chapitre 1

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J'arrive. La porte est entrouverte.

Je pousse doucement, et ce que je vois me fige sur place.

Ma mère est au sol, recroquevillée. Elle pleure en silence. Des larmes qui sortent sans bruit, comme si elle avait plus la force de crier.

À côté d'elle, Rayan. Debout. Raide. Le regard énervé. Son tee-shirt est froissé, sa respiration rapide. Il tient son poignet comme s'il s'était fait mal.

Et mon père... lui... il est assis sur le canapé, le nez en sang, la bouche fendue. Et pourtant, il sourit.

Ce sourire-là. Celui qui me dégoûte. Comme si tout allait bien. Comme si c'était nous, le problème.

Géniteur : Ah, la star est rentrée. T'étais où ? T'as demandé à qui pour sortir ?

Rayan : Elle fait ce qu'elle veut, t'es pas en position d'imposer quoique ce soit.

Géniteur : C'est encore ma fille, t'as beau être énervé ça changera rien. Alors je répète, à qui tu as demandé l'autorisation pour sortir ? J'élève pas encore de putes à ce que je sache.

Il se lève et s'approche dangereusement de moi mais je vois que Rayan le tire en arrière et se met entre nous.

Rayan : Dis encore un truc comme ça et j'te jure je te fous en sang, rien à foutre que tu sois mon père ou le pape.

Mon père avance à moitié, hésite. Moi je bouge pas. J'ai le cœur qui bat à mille à l'heure, mais j'ouvre ma bouche. Lentement. Sans réfléchir.

Parce qu'aujourd'hui j'en ai marre.

Je me mets entre Rayan et lui.

Moi : T'en as pas marre sérieux ?

Rayan reste figé. Mon père me regarde, toujours ce petit sourire de chien blessé qui se croit encore dominant.

Moi : Ça fait des années que je ferme ma gueule. Des années que je te laisse parler, hurler, frapper, salir tout ce que t'approches. Tu rentres, tu tapes, tu bouffes, tu dors. Comme si on était pas là. T'aimes vraiment ta vie sérieusement ?

Il me coupe, veut parler, mais je lève la main.

Moi : Non. En fait t'as pas compris, je m'en fou de ta réponse. T'as tout détruit dans notre famille. Maman, elle pleure tous les soirs. Rayan, il est constamment en panique à l'idée que tu rentres avant lui. Et moi ?

Moi, j'ai grandi à apprendre à marcher sans faire de bruit. À cacher mes bleus avec du fond de teint. À sourire en classe alors que j'avais mal partout.

Mais je n'arrive pas à le dire alors je ne rajoute rien et garde ça pour moi, encore une fois.

Silence.

Moi : J'en ai marre, on en a tous marre alors tu prends tes affaires, tu pars. Tu sors. T'as plus ta place ici.

Géniteur : Tu veux me faire sortir de chez moi là ? Je te rappelle que c'est moi qui pa-

Moi : J'en ai rien à foutre, soit tu te casses soit j'appelle la police. J'en ai rien à foutre de ton argent, je veux plus jamais te voir.

Il me regarde. Hésite. Il voit que je tremble pas. Que j'ai grandi. Que j'ai plus peur.

Même si en réalité, je suis terrifiée de l'intérieur et que la petite Mira en moi n'a toujours pas grandi.

Et là, il se lève. Il va dans la chambre, lentement. Le silence dans la maison est pesant.

Tarik & Mira - PnlDes histoires addictives. Découvrez maintenant