Comment ça se fait que je suis ici ? Et surtout... pourquoi avec lui ?
Je sens mon cœur se contracter violemment dans ma poitrine. Mes muscles sont encore endormis, mais l'angoisse me réveille plus vite que n'importe quelle piqûre.
L'odeur... elle me frappe à la gorge. Cette foutue odeur de cigarettes froides, de transpiration aigre et de colère contenue.
Je suis pas dans un hôpital. Pas un vrai.
Je suis dans une sorte de pièce médicalisée, isolée... et je suis avec lui.
Mon père.
Toujours aussi droit, aussi froid, aussi faux.
Et ce putain de sourire de sadique qu'il garde vissé sur les lèvres. Ce sourire qui dit "tu es à moi".
Je le connais trop bien.
Mon père (sourire moqueur) : Alors, t'es enfin réveillée...
Moi (sèche, la voix rauque) : Nan. Je dors encore. Ça se voit pas ?
Je voulais garder un minimum de dignité. Je voulais le provoquer, même allongée, même faible.
Mais lui, il aime pas ça.
CRAC.
Sa main gifle mon visage avec une violence que j'avais oubliée. Ma tête part sur le côté. Le goût métallique du sang remonte dans ma bouche.
Mon père (calme, glacial) : Ici y'a plus Rayan pour te protéger. Alors tu fermes ta gueule.
Je ravale ma salive. Pas par peur. Par rage. Par habitude.
Moi (faiblement) : T'es qu'un putain de psychopathe.
Ses yeux brillent une demi-seconde. Il se penche vers moi, son visage à quelques centimètres du mien.
Mon père : Le médecin m'a dit que dans un peu plus d'une semaine, tu pourrais reprendre ta vie comme avant. Alors je te préviens : profite bien de ta semaine de repos.
Il sort en claquant la porte, me laissant seule avec ma haine.
Mes mains tremblent. Mes larmes ne coulent même pas. J'ai trop pleuré pour lui.
Et surtout, je ne peux pas lui montrer que j'ai peur.
Mais à l'intérieur, tout hurle.
2 semaines plus tard
Il est revenu.
Il est revenu il y a quelques jours.
Mais cette fois, il n'y avait plus de machines.
Plus de soins. Plus de médecins.
Il a arraché la perfusion de mon bras comme s'il retirait une écharde. J'ai crié, mais il m'a traînée sans un mot jusqu'à une chambre sombre, poussiéreuse, aux murs moisis.
Puis... Il a commencé à frapper. Pas comme avant. Pire.
Il me hurlait dessus, m'insultait, me rappelait combien j'étais une salope, une honte, un poison.
Il disait qu'il m'avait "sacrifiée", qu'il avait "gagné", qu'il m'avait "effacée du monde".
Chaque coup était plus violent que le précédent.
Un poing dans le ventre. Un coup de pied dans les côtes. Une gifle qui me renversait.
Je pensais que chaque coup serait le dernier.
Je voyais flou. Mon sang coulait lentement de ma lèvre fendue, de mon arcade ouverte.
Mais je ne criais plus. Même quand mes côtes se sont mises à grincer.
Et pourtant...
Quelque part dans ma tête, une phrase restait gravée : Il a fait croire à tout le monde que j'étais morte.
Alors je refusais de mourir pour de vrai.
Pas maintenant. Pas comme ça. Pas tant qu'ils pensent que je ne suis plus là.
VOUS LISEZ
Tarik & Mira - Pnl
AzioneElle, renfermée et triste Lui, renfermé et haineux La tristesse et la haine peuvent créer l'amour ?? Tarik et Mira....
