Chapitre 14

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On est restés là des heures, à fixer le ciel sans rien dire.

 Les mots ne servaient plus à rien à ce moment-là, et c'était peut-être mieux comme ça.

Il y avait quelque chose de plus fort que les phrases, un silence qui apaisait, qui tenait chaud, qui faisait du bien.

Pour la première fois depuis longtemps, j'avais pas besoin de parler pour me sentir comprise.

J'en avais jamais parlé à personne. Personne. Même pas à ma mère. Même pas à Rayan.

La seule qui avait deviné, c'était Aya. Et encore, c'est parce qu'elle m'avait surprise un soir, quand il m'avait frappée un peu trop fort, quand j'avais plus eu le temps de cacher les bleus.

J'aurais jamais imaginé que Tarik me parle de sa mère ce soir. Et pourtant, ce qu'il m'a dit... ça m'a soulagée.

Soulagée de voir que je n'étais pas la seule à traîner un vide derrière moi, une absence qui colle à la peau.

On partageait notre douleur maintenant.
Moi avec mon père.
Lui avec sa mère.
Et peut-être que c'est ça qui nous avait rapprochés autant, sans qu'on le sache.

Il brise doucement le silence, sa voix grave mais posée, presque fragile.

Tarik : Siham... c'est pas vraiment ma meuf. C'est juste pour combler le vide. 

Je tourne lentement la tête vers lui, un peu surprise par l'aveu. Mais je garde le silence un instant, avant de demander doucement :

Moi : Le vide ? 

Il me regarde. Longuement, puis ses yeux tombent dans les miens comme une vérité qu'il ose enfin dire à voix haute.

Tarik : Celui que t'as crée en partant. 

Je baisse les yeux en souriant tristement, je le savais, au fond mais j'avais besoin de l'entendre.

Moi : Je pense que la seule personne qui est responsable de ton état c'est toi-même Tarik. 

Il lâche un petit rire sans joie, secoue la tête.

Tarik : Ouais, mais... tu m'as quittée.

Je relève la tête vers lui, mon cœur se serre un peu.

Moi : C'est pas juste moi, Tarik. Tu crois quoi ? Que j'ai fait ça en souriant ? Que j'étais soulagée ? J'ai pas rompu pour me libérer, j'ai rompu pour que tu comprennes. Tu peux pas me traiter comme si j'étais un objet. Comme si j'étais à toi sans jamais être respectée.

Il acquiesce doucement. Il a compris. Ou en tout cas, il essaie.

Tarik : Ça, je l'ai bien compris... mais y a toujours une part de moi que tu vas détester, Mira.

Je le regarde sans détour.

Moi : Ça, c'est toi qui l'a décidé. 

Il se tourne vers moi, un air plus sérieux dans le regard.

Tarik : Mais peu importe, mariée, en couple, ou même simple pote... je continuerai à te protéger. Quoi qu'il arrive.

Je sens mon cœur se tordre dans ma poitrine. Pas de joie, ni de douleur.

Juste une sorte de mélancolie douce et amère. Comme une promesse trop tardive. Comme une main tendue après la noyade.

Je prends une longue inspiration. Je le regarde droit dans les yeux.

Moi : Tu sais Tarik... peu importe comment ça finira entre nous... je te pardonnerai jamais. Même si on redevient ce qu'on était, une part de moi n'oubliera pas. 

Tarik & Mira - PnlDes histoires addictives. Découvrez maintenant