Chapitre 2

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On arrive. Je fais exactement ce que Rayan m'a dit : je récupère mes cartons à l'arrière de la voiture et je les cale contre ma hanche.

J'ai une sale dégaine : vieux jogging gris, pull informe et cheveux pas lavés depuis un peu trop longtemps.

L'uniforme officiel des gens qui n'ont pas demandé à vivre aujourd'hui.

Mais bon. C'est pas comme si je venais séduire qui que ce soit dans ce hall.. comment dire... atypique ?

Rayan se gare pendant que j'attends devant l'entrée comme une conne, un carton entre les bras et l'autre coincé entre mes pieds. Il finit par revenir et on entre dans le bâtiment.

Dès qu'on pousse la porte, y'a toute une bande de mecs affalés en bas, et quand ils voient Rayan avec ses cartons, ils captent direct. Le cerveau a fait la connexion.

Leur réaction ne se fait pas attendre puisqu'ils se mettent à crier dans tous les sens créant un véritable bordel, s'ils voulaient me défoncer les tympans c'est réussi...

Pendant toute leur scène de retrouvailles qui m'arracherait presque des larmes d'émotion, je reste derrière lui avec mon carton à compter les secondes.

J'observe la scène avec le regard vide en attendant la fin. Ils s'aiment trop, c'est trop mignon vraiment des vraies princesses.

Mais j'ai juste envie d'aller m'écrouler quelque part, et accessoirement, de manger. Mais ça, ça semble être secondaire ici.

Une fois leur petite scène terminée, je fais signe à Rayan, genre « On peut y aller ? », mais il m'ignore royalement.

Le gars m'a traînée ici en me faisant jurer de l'attendre avant de bouger mais il me calcule pas.

Super.

Je sais même pas où on vit, en fait. C'est lui qui a les clés, les infos. Moi j'ai mon téléphone et mes valises. Autant dire pas grand-chose.

Ils finissent par se calmer, ou plutôt s'asseoir à nouveau là où ils étaient posés. Et là, miracle : ils me remarquent enfin. Comme si je venais de poper dans leur champ de vision.

Un des gars, grand, fine barbe taillée, chaussures un peu trop propres :

— Ah ouais ok ! Le petit Rayan est pas venu seul.

Un autre, celui avec un sourire chelou et une dégaine de mec qui parle beaucoup trop vite :

— Même pas j'avais capté, j'regardais ailleurs.

Moi : Bonjour.

Rayan, avec son petit air de mec qui aime trop faire genre, vient vers moi.

Rayan : C'est Mira. Ma petite sœur.

Ils me saluent tous à leur manière. Certains avec un petit signe de tête, d'autres avec un "ça va ou quoi" qui sent des odeurs de drogu-.. euh comment dire... douteuses ?

Sauf un. Évidemment. Y'en a toujours un dans les groupes comme ça : le mec mystérieux.

Excuses nous mec.

Il est posé un peu plus loin sur une chaise, lunettes de soleil vissées sur le nez comme si on était à Miami.

On est en mars. Y'a zéro soleil. Zéro dignité. Mais bon, si ça lui fait plaisir.

Il fume tranquillement, probablement pas une cigarette, vu l'odeur qui me monte dans le crâne. Ça sent la drogue et les problèmes.

Je l'observe une demi-seconde. C'est le genre à parler peu mais espérer que tout le monde le regarde. Merveilleux.

Tarik & Mira - PnlDes histoires addictives. Découvrez maintenant