Point de vue de Mira
Je hurlais en silence. Le monde s'écroulait encore une fois sous mes pieds, sauf que cette fois... j'avais connu le bonheur.
Je savais ce que c'était de vivre, d'aimer, d'avoir un avenir, d'envisager des projets... Et là, tout s'éteignait.
Les policiers l'ont emmené. Tarik. Et moi, j'étais figée, les jambes tremblantes, les mains glacées, incapable de réagir autrement que par des larmes.
Des larmes brûlantes, incontrôlables, violentes. Des larmes qui faisaient plus mal que tous les coups de mon père réunis.
Je crois qu'à cet instant, quelque chose en moi s'est brisé définitivement.
Les gars me suppliaient de rentrer, de me calmer. Mais comment tu calmes une âme en morceaux ?
Je ne les entends même pas.
J'avance comme un fantôme, je monte chez moi, et je ferme la porte à double tour. Comme si ça allait m'enfermer dans un passé où il était encore là.
Je fonce sous la douche. Mais l'eau ne lave rien.
Ni le vide. Ni l'angoisse. Ni cette foutue impression d'être seule au monde.
Je m'effondre sur mon lit, trempée, tremblante, à bout de souffle.
Je passe la nuit à écouter les morceaux qu'il venait d'enregistrer avec Nabil. Encore tout frais. Sa voix résonne dans ma chambre.
Mais elle ne réchauffe rien. Elle ne fait qu'enfoncer le couteau plus profondément.
Je m'accroche à chaque mot, comme à des derniers battements de cœur.
Je revois nos moments. Je revois ses sourires. Sa main dans la mienne. Ses vannes. Ses défauts.
Je l'aimais pour tout. Même pour ses conneries.
Je vais à la fenêtre. La lune est pleine, brillante, mais elle me paraît dégueulasse.
« La vie est belle » comme disait Tarik, du moins quand il était de bonne humeur.
Mais c'est faux.
La vie est moche. Elle est tellement laide qu'on l'a maquillée avec des mensonges.
La vérité ? C'est qu'elle ment. Tout le temps.
Elle nous donne juste assez pour qu'on y croit, puis elle arrache tout sans prévenir.
1 semaine plus tard
Je suis encore en vie. Enfin... façon de parler. Je mange à peine. Je dors pas. Je respire mal. Je parle plus.
J'existe juste.
L'ambiance en bas, c'est la même que lors de ma "mort" mise en scène. Les gars sont lourds de silence. Les regards sont tristes. Nabil évite le sujet.
Tout le monde est en colère. Dégoûté. Mais moi... j'ai juste plus la force d'être en colère.
Je me lève. Je dois aller à son jugement. Première fois que je sors depuis une semaine.
J'enfile un jogging noir, un pull large, et j'attache mes cheveux en chignon sans me regarder dans le miroir. À quoi bon ? Je ressemble à rien, et je me sens encore pire.
En bas, ils m'attendent tous. Ils tentent de me faire sourire, de détendre l'atmosphère.
Mais ce n'est pas comme d'habitude.
Cette fois, on m'a arraché l'homme de ma vie, et ça, y'a rien à dire pour combler ce vide.
On arrive. Le tribunal pue la tension. L'air est lourd, tout le monde murmure, regarde les autres.
Moi, j'ai qu'une envie : le voir. Même une minute. Même une seconde.
On s'installe. Les jurés entrent. Les avocats prennent place.
Puis... les portes s'ouvrent.
Et là, je le vois. Tarik.
Mes yeux se remplissent de larmes immédiatement. Il a l'air exténué, ses cernes sont creusées et ses épaules tombantes.
Mais malgré tout, il sourit. Il se tourne vers les gars, et balance ce sourire à mi-chemin entre le rassurant et le provocateur.
Genre "vous inquiétez pas pour moi."
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Tarik & Mira - Pnl
AksiElle, renfermée et triste Lui, renfermé et haineux La tristesse et la haine peuvent créer l'amour ?? Tarik et Mira....
