Quand je ressors de ma chambre, Aya m'attend déjà dans le salon, les bras croisés, regard noir, comme si elle gérait un centre de rééducation pour cas désespérés.
J'ai enfilé un énième jogging gris avec un pull noir, les cheveux attachés.
Moi : C'est bon, on peut y aller ?
Elle me regarde de haut en bas. Longtemps.
Aya : Tu te fous de ma gueule, là ?
Moi : Bah nan ?
Aya : On dirait tu vas décéder. Fais un effort, ma sœur.
Casper, affalé sur le canapé, lève les yeux en rigolant.
Casper : Un point pour ta copine, Mira.
Aya : Bouge. Je vais choisir ta tenue.
Moi : Pitié non..
Aya : Trop tard.
Et c'est reparti. Elle m'attrape par le bras comme une mère déterminée à sauver la dignité de sa fille et m'embarque dans ma chambre.
En deux-deux, elle sort une jupe noire, un petit pull beige. Elle dépose le tout sur mon lit avec un air de sévère.
Moi : J'aime pas les jupes.
Aya : Et moi j'aime pas ton mood. Sors d'ici, je vais étouffer dans cette maison, je sais pas comment tu supportes de vivre avec eux dans ton salon tous les jours.
Je grogne, mais j'obéis. À contrecœur, j'enfile sa tenue. Bon... ok. J'ai l'air moins misérable. Mais faut pas lui dire.
Elle me tire jusqu'à l'entrée sans que je ne sache où on va.
Moi : Mais on va où ?
Aya : Manger.
Moi : Mais y a à manger chez moi... et j'ai mangé des pâtes.
Aya : J'ai faim donc tu as faim. Bon, salut les gars !
Elle claque la porte derrière nous avant que j'aie le temps de poser une autre question.
Et comme ça, me voilà traînée jusqu'au resto, habillée contre mon gré, le moral en miette et le cœur un peu trop lourd.
Mais au fond... peut-être que j'avais besoin de ça.
Point de vue Tarik
Quand sa pote est revenue avec elle et l'a ramenée dans le salon, je suis resté con. Je pensais pas qu'elle serait dans un état pareil.
C'est bizarre à dire, mais je m'attendais à ce qu'elle gueule, à ce qu'elle me crache sa haine à la gueule, pas à cette version éteinte d'elle-même.
Mira, c'est la grande gueule ici, celle qui lâche des piques à Rayan, qui vanne Karim à la moindre occas'. Et là... elle avait l'air absente, glaciale.
Je lui parle. Elle me regarde même pas. Même pas un froncement de sourcils, même pas une insulte. Juste le néant.
Et ça m'énerve. Vraiment. Mais le pire, c'est que je peux rien dire. Parce que je la comprends. Je l'ai méritée, cette indifférence.
Je me tais, je fume, et j'essaie de faire genre que je m'en fous mais au fond je m'en fous pas du tout.
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Tarik & Mira - Pnl
AksiElle, renfermée et triste Lui, renfermé et haineux La tristesse et la haine peuvent créer l'amour ?? Tarik et Mira....
