Chapitre 19

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Nabil m'a prévenu qu'il avait commencé à ranger le bordel dans l'appart. Honnêtement, j'imagine même pas l'état dans lequel c'était avant.

Je soupire en montant.


Des cendriers pleins, des cendres sur la table, des feuilles roulées froissées, des joints partout.
L'odeur me donne presque la nausée.

Je commence à nettoyer en silence, comme si j'effaçais son cauchemar.

Je passe un coup de balai, j'aère, je trie. Et puis, quand le salon a l'air à peu près vivable, je vais dans la cuisine.

Je prépare notre dîner, à lui et moi avec le peu de trucs qu'ils ont dans leur cuisine. Un truc simple, chaud, qui sent bon. Comme un geste de paix, une main tendue.

Une façon de dire "je suis là" sans avoir besoin de le crier.

J'appelle Aya pour lui dire ce qu'il faut acheter. Elle assure, comme toujours. Puis je rentre chez moi me préparer rapidement.

J'ai à peine le temps de sortir de ma douche que Nabil me prévient que Tarik est dans le hall avec eux. 

Mon cœur commence à taper plus fort et je monte chez eux avant qu'il n'arrive. 

La cuisine sent bon, le dîner est presque prêt. Mais mes mains tremblent.

Je tourne en rond. Je regarde l'horloge. Chaque seconde semble durer une heure.

Je me redresse, ajuste un verre sur la table, puis je prends le plat pour le poser.

Et la porte s'ouvre.

Je m'arrête net. Il est là. Tarik.

Il entre, lentement, comme s'il rentrait dans un endroit inconnu. Il a le regard vide.
Les traits tirés. Les cernes noires. Il a maigri. Beaucoup.

Il s'arrête dans l'entrée. Il me voit.

Et moi je le regarde, le plat encore dans les mains.

Nos yeux se croisent. Et là, le monde s'arrête.

Silence total.
Juste nous deux, figés dans cette pièce.

Moi (la voix basse, presque un souffle) : Bonsoir, Tarik.

Il ne répond pas.

Il me fixe, sans comprendre, sans cligner des yeux, comme s'il voyait un fantôme.

Ses lèvres tremblent. Il recule d'un demi-pas puis avance.

Il s'approche lentement, très lentement. Les yeux pleins de doutes, pleins de douleur.

Et moi, je reste là, immobile, le cœur au bord de l'explosion.

Il arrive à un mètre de moi.

Tarik (voix rauque, à peine audible) : Mira...?

Je pose le plat, mes mains sont moites. Je m'avance d'un pas.

Moi (d'une voix douce) : Oui... Je suis là.

Il ouvre la bouche, mais aucun son ne sort.

Il me regarde encore.

Puis il tend une main, tremblante, vers mon visage.

Tarik : C'est pas possible... Tu... t'étais...

Je prends sa main et la pose contre ma joue.

Moi : J'étais pas morte, Tarik, je t'expliquerai après. 

Ses yeux s'emplissent de larmes d'un coup, comme si tout ce qu'il avait retenu explosait d'un seul coup.

Tarik & Mira - PnlDes histoires addictives. Découvrez maintenant