Point de vue de Tarik
Je faisais les cent pas dans ce putain de couloir depuis ce qui me semblait être une éternité. Mes mains tremblaient, j'arrivais même plus à respirer normalement.
Mon cœur cognait dans ma poitrine comme s'il cherchait à s'échapper, et chaque battement me donnait l'impression qu'on m'enfonçait une lame dans le ventre.
J'avais jamais ressenti ça. Même dans les pires moments. Même quand j'étais dans la merde, même quand j'ai cru crever.
Là, c'était pire. Parce que c'était pas mon corps qu'on était en train de perdre.
C'était elle.
Et je pouvais rien faire.
Le temps passait au ralenti. Je levais les yeux vers l'horloge à chaque minute, espérant qu'elle avance, espérant que le médecin sorte, espérant... un miracle.
J'entendais même plus les autres. J'étais seul, dans un monde parallèle. Mes pensées tournaient en boucle, comme un disque rayé.
"Elle va vivre encore longtemps. Elle est forte. Elle a pas fait tout ça pour mourir."
Mais la peur me rongeait. Un vide immense se creusait à l'intérieur de moi, prêt à m'avaler tout entier.
Puis d'un coup, il y a eu de l'agitation. Des bruits de pas précipités. Une porte qui claque.
Une infirmière qui traverse le couloir en courant, remplit de sang. Une autre qui court dans l'autre direction.
Et ce silence. Ce silence qui suivait comme une ombre lourde.
Je me suis figé. Mon estomac s'est retourné. Mon souffle s'est bloqué.
Et après je sais même pas combien de temps, le médecin est apparu. Il avait un putain de sourire.
Un petit sourire maladroit, mal placé, comme s'il voulait nous préparer à quelque chose.
Je l'ai vu entrer dans une salle, parler brièvement avec quelqu'un, puis ressortir... et là, son visage avait changé.
Je l'ai vu, ce regard. Vide. Fatigué.
Et surtout... coupable.
Moi : Comment elle va ?
Ma voix était sèche. Morte. Presque inhumaine. Mais je refuse de croire qu'elle est morte.
Médecin : Tou... toutes mes condoléances...
Il s'arrête, hésite.
Médecin : On a tout essayé. Mais on n'a pas réussi à la réanimer. Elle a perdu trop de sang, et les organes touchés ont été gravement atteints. Son cœur... a fini par nous lâcher avant qu'on ne puisse la sauver.
Et là. Un vide. Un gouffre.
Comme si on m'avait débranché de la réalité.
Un son sourd a rempli mes oreilles, j'entendais plus rien, plus personne. Mon corps était là, planté au milieu du couloir, mais mon âme ? Elle était partie avec elle.
Putain... Mira.
Elle est vraiment... partie ?
Ma gorge se serre. J'essaie de parler, de hurler, de respirer, n'importe quoi... mais rien ne vient.
La douleur me brûle de l'intérieur, comme de l'acide qu'on m'aurait versé dans la poitrine.
Mais juste avant que la tristesse ne me broie, elle s'est transformée en pure haine.
J'ai senti un feu monter en moi, un truc violent, brut, incontrôlable.
J'avais envie de tout casser, de hurler, de retourner dans cette putain de salle et de fracasser chaque mur, chaque meuble, chaque existence.
Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ?
Elle méritait pas ça. Elle méritait une vie, une vraie. Avec des projets, des rires, des voyages, des conneries, de l'amour.
Pas ça. Pas une fin dégueulasse dans un couloir d'hôpital, avec des néons blafards pour seule lumière. Pas moi.
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Tarik & Mira - Pnl
ActionElle, renfermée et triste Lui, renfermé et haineux La tristesse et la haine peuvent créer l'amour ?? Tarik et Mira....
