Point de vue de Mira
Il a pas tardé à m'oublier à ce que je vois...
Moi, j'attendais comme une conne, collée à mon téléphone, priant pour qu'il m'appelle, qu'il me parle, qu'il m'explique.
Mais lui... Lui, il passait du bon temps. Avec elle. Avec sa nouvelle meuf.
Avec celle qu'il ose ramener chez moi, sur mes coussins, dans mon salon, sur ses genoux, sans même baisser les yeux.
En soi, ouais, c'est moi qui l'ait quitté mais lui, il avait déjà lâché l'affaire bien avant.
Il m'a quitté en silence. C'est ça le pire. Il a détruit ce truc qu'on construisait, sans prévenir, sans se battre, sans résister.
Je dois me faire une raison. Je dois arrêter d'espérer qu'il m'aime encore. Je dois arrêter de vouloir que tout redevienne comme avant.
Parce que rien ne sera plus pareil, même si je ferme les yeux très fort, même si je me mens, même si je souris jusqu'à me péter les joues. Ça ne changera rien.
Toute la soirée, j'ai fait semblant. Sourire, rigoler, faire des blagues, détourner les regards, surtout le sien.
Mais la vérité c'est que je ne vois que lui.
Je ne pense qu'à lui.
Je ne veux que lui.
Mais je ne serai plus jamais à lui.
Quand tout le monde est parti, j'ai rangé deux-trois trucs dans le salon, histoire de retarder le moment où je serais enfin seule, parce que je savais que ça allait faire mal.
Et j'avais raison.
Je suis allée dans ma chambre, j'ai jeté mes affaires n'importe comment au sol, et je me suis laissée tomber sur le lit. Sur le dos, à fixer le plafond.
Mais je le regardais pas vraiment. J'étais ailleurs. Dans un néant trop bruyant.
Je crois que mon cerveau a coupé le son du monde, parce que tout ce que j'entends, c'est ma propre fatigue.
Je me redresse, et sans trop réfléchir, je sors. Je prends le sweat de Rayan, même pas le mien.
Je passe devant sa chambre, ouvre la porte en silence, et lui vole son paquet de cigarettes posé sur son bureau.
Je referme doucement, comme une voleuse.
Direction le toit. J'ai besoin de prendre l'air, ou de fuir, je sais pas trop.
Il fait frais dehors. L'air me claque un peu les joues. J'aime bien cette sensation.
J'arrive sur le toit et je m'assois sur le béton comme si j'avais fait ça toute ma vie.
Je sors la clope, la coince entre mes lèvres tremblantes, et je l'allume. J'inspire.
Putain c'est dégueulasse.
Je tousse, je tousse encore. Mes yeux piquent, ma gorge brûle. Comment ils peuvent fumer cette merde toute la journée ?
Je me lève et vais jeter le mégot dans la petite poubelle à côté, dégoûtée, écœurée.
J'ai voulu faire la meuf forte, mystérieuse, celle des films, celle qui fume sur un toit sous la lune en mode "je suis brisée mais stylée". La vérité c'est que je suis juste... brisée.
Je retourne à ma place. Je m'assois. Et là... ça craque.
Mes larmes coulent toutes seules. Pas de bruit. Pas de cris. Juste des gouttes silencieuses sur mes joues, sur mes mains, sur ma vie.
Je sais même pas pourquoi je pleure. Ou plutôt, j'ai trop de raisons.
Mon père.
Le départ précipité de ma mère.
Ce stage qui m'a vidée.
Et Tarik. Toujours Tarik.
Je sens une présence derrière moi. Un pas. Léger. Connu.
Je le reconnaîtrais même dans le noir, même en plein brouillard, même dans une autre vie.
Il s'assoit, là, à ma gauche, à quelques centimètres de moi.
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Tarik & Mira - Pnl
AksiElle, renfermée et triste Lui, renfermé et haineux La tristesse et la haine peuvent créer l'amour ?? Tarik et Mira....
