Chapitre 32

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Point de vue de Tarik

On dit souvent que le plus beau jour de ta vie, c'est ton mariage ou la naissance de ton gosse.

Franchement ? J'y ai jamais trop cru.

Pour moi, y'avait rien de plus fort que de retrouver mes frères, ou d'entendre mon daron me dire qu'il était fier.

Mais aujourd'hui... Mira m'a prouvé que j'avais tort.

J'ai pas arrêté de sourire une seule seconde.
Moi, le mec qui sourit jamais — ou alors que quand je gagne un pari.

Là, je la regarde. Sa tête posée contre mon épaule, en train de dormir avec un de ses éternels survets.

Dire qu'il y a quinze minutes à peine, elle portait encore sa robe blanche...
Je souris comme un idiot.

Elle a l'air si paisible. Si douce.

On arrive à l'aéroport, je salue le chauffeur et je la réveille doucement.

Moi : Mira... réveille-toi, on va louper l'avion.

Elle bouge un peu, se frotte les yeux comme une enfant, avant d'ouvrir ses paupières doucement.

Et dès qu'elle aperçoit sa bague, elle sourit automatiquement.

Mira : Je suis enfin mariée...

Moi : Si tu savais... Ça fait longtemps que j'attends ça.

On récupère nos valises et on enchaîne les étapes classiques : douane, contrôle, embarquement.

Un vrai cauchemar d'attente. Et puis là... deux heures d'attente. Deux longues heures.

Je la vois me lancer des regards.
Puis jeter des coups d'œil un peu insistants vers un truc...
Je tourne la tête.

Des cadis à valises.

Mira : Chaud ?

Je souris. Tu veux jouer ? On joue.

On court pour en choper un chacun.

Mira : Le dernier arrivé doit un truc à l'autre, c'est clair ?

Moi : 3... 2... 1... Partezzzzzz !

On fonce à travers l'aéroport comme des gamins, en esquivant les passants. Il est six heures du matin, tout le monde nous regarde bizarrement.

Mais j'm'en fous. J'ai pas rigolé comme ça depuis longtemps.

Je la dépasse. Mais une ado me bloque.

Fille (timidement) : Excuse-moi... Ademo ? Je peux prendre une photo avec toi ?

Je retiens un rire. C'est pas la première fois.

Moi : Euh... ouais, bien sûr.

Je pose vite fait avec elle. Mira en profite pour me doubler.

Mira (en s'éloignant) : On se retrouve au magasin, j'vais faire mon choix !

Je termine avec la fille, la remercie, puis pars la chercher.
Je passe les rayons de parfums. Pas de Mira.

Je commence à stresser un peu — elle est où cette folle ?
Et là, je l'aperçois.

Rayon confiserie. Trois sucettes géantes dans les bras. Le sourire d'une gamine de six ans.
Je secoue la tête, mort de rire.

Moi : T'es sûre que t'as pas envie de te prendre autre chose genre un parfum ?

Mira : Non, j'ai le tien, c'est suffisant.

Moi (fronçant les sourcils) : Attends... comment ça t'as le mien ?

Mira (mal à l'aise) : Euh... j'veux dire... j'ai déjà un parfum. Merci.

Moi : C'est pour ça qu'il se vide aussi vite ? J'vais te tuer Mira.

Elle éclate de rire et s'enfuit dans le magasin avec ses trois sucettes.
Une vraie enfant.

Mira (en criant) : Je t'aime tu sais !

Moi : Viens là, faut payer tes trucs. L'avion va pas nous attendre.

Elle revient, toute fière, me fait un bisou sur la joue.
On file enfin vers la porte d'embarquement.

J'ai réservé en business pas pour frimer, mais pour profiter à fond de ce voyage avec elle.

Mira : Il fait chaud ici...

Moi : Enlève ton gilet alors, t'es pas en banquise.

Mira (marmonnant) : J'ai qu'un débardeur en dessous...

Moi : Et alors ? Je suis ton mari maintenant. T'as le droit d'être à l'aise.

Elle lève les yeux au ciel en rigolant, puis enlève sa veste. Elle s'installe à moitié allongée, prend sa couverture.

Je la prends discrètement en photo. Sans maquillage, fatiguée, un peu décoiffée...
Et toujours aussi belle.

Mira (yeux mi-clos) : Je te vois hein.

Moi (souriant) : J'ai jamais voulu me cacher.

Elle me fait un doigt en rigolant, puis vient se caler dans mes bras.
On finit par s'endormir tous les deux.

Quelques heures plus tard...

Voix dans l'avion : Mesdames et messieurs, nous sommes arrivés à destination.

J'ouvre les yeux, grognon. J'aurais dormi encore une heure facile.

Je regarde Mira : elle a déjà terminé une de ses trois sucettes.

Moi : Mais... t'as fait comment ?

Mira (fière) : Tout est possible devant Netflix.

Elle me montre l'écran de sa tablette. Je rigole. C'est pas une femme, c'est une énigme.

On récupère nos valises et je prends la voiture que j'ai louée.

On arrive enfin devant notre maison.

Mira (criant) : C'est MAGNIFIQUE !!

Elle court et me saute dans les bras en m'attrapant par le cou. Je la tiens fermement, ses jambes autour de ma taille.

Elle me regarde avec ce sourire-là, celui qui me fait fondre.

Je l'embrasse doucement. Puis on entre.

Elle saute partout, découvre chaque pièce avec excitation, et finit par s'écrouler sur le lit en soupirant de bonheur.

Mira : Aahh ça fait trop du bien...

Moi : Comme ce que je vais te faire sur ce lit.

Elle attrape sa chaussure et me la balance dessus.

Mira : Tais toi !

Je l'évite de justesse. On explose de rire tous les deux.


Tarik & Mira - PnlDes histoires addictives. Découvrez maintenant