Chapitre 31 : L'hermite

5 2 0
                                        

Je me réveille avec un sérieux mal de crâne. J'ai une serviette trempée et froide sur le frond à l'endroit du choc. Je suis allongé sur une paillasse sur un rocher posé sur le sol d'une grotte. Les parois rocheuses me rappelles de mauvais souvenirs que je tente d'enfuir au fond de moi. J'essaye de me relever mais une grosse main poilue et couverte de plaie me saisi l'épaule pour me reposer sur la paillasse. Une voix caverneuse surjit de derrière, elle provient vraisemblablement du détenteur de la grosse main :
« Je ne ferais pas ça si j'étais toi. Tu risque une commotion cérébrale et il vaut mieux que tu te repose.  »
A voix de cette homme résonne dans la grotte. Il a laissé sa main posée sur mon épaule. Il me l'a sert légèrement et rien que se geste me rapporte à la figure de mon père. Cette chaleur, se premier contact avec un adulte depuis des mois est pour moi comme une libération. La libération de se dire que je ne suis plus le seul sur qui toute les responsabilités reposent.

« Où est la fille ? dis je alors »
L'homme dans mon dos répondit : « Tu veux parler de Lyne j'imagine. Elle est répartie après t'avoir traîné jusque ici. Tu t'ai cogné le crâne contre une racine après avoir dégringolé une pente m'a telle dit. Il paraît que tu voulais me rencontrer ?  »
Sans répondre à sa question :  « C'est bien vous qui avez forgé cette arme ? lui demandais-je tout en me saisissant de la dague que j'avais achetée à Lyne la veille.  »
« C'est bien moi, répondit il avec brutalité  »
« Pourriez vous m'enseigner cet art afin que je puisse l'utiliser en combat ?  »
Il y eu un long silence.
« Et pourquoi devrais je accepter ? dit il. Je senti qu'il souriait lorsqu'il parlait  »
  « Car je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir pour pouvoir défendre mes amis et ceux que j'aime. J'ai déjà perdu une amie et j'ai également perdu mon bras. Je ne veux plus que ça se reproduise. Je ne veux plus me sentir trop faible pour pouvoir intervenir. Je ne veux plus échouer sans avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir pour réussir.  »
« Sache que tu échouera encore et encore. Que tu fléchira à encore et encore et sache que tu ne pourra jamais devenir invinsible.  »
Il y eu un long blanc durant lequel il sembla réfléchir. Il reprit : « Mais j'accepte, tu m'as convaincu de te prendre comme apprenti. Il faudra que tu m'obéisse. Je ne t'apprendrai pas que l'art des runes, je t'entraînerai  aussi à leur maîtrise, à la forge, au tatouage mais tout d'abord on va renforcer ton corps car il est trop faible pour supporter trop d'effort.  »
« Je ferais tout ce que vous désirez !  »

Je me retourna alors. La lumière du soleil filtrait au travers d'un liaire qui passait comme un rideau devant l'entrée de la grotte. Les rayons qui arrivaient à se frayer un chemin parmi les feuilles dévoilèrent l'hermite. Il était barbu, il avait de long cheveux noires attachés en chignon derrières sa tête. Il portait un tablier de forgeron et un pantalon de peau mais rien d'autre. Il était donc trose et pieds nu. Son corps était recouvert de tatouage jusqu'à son visage. Ils étaient magnifiques. L'ancre noires serpentait le long de sa peau, se confondant avec ses poils noires. De longues cicatrices recouvrant son corp, allant de ses mains jusqu'au bas de son coup. Ses yeux bruns ne laissaient paraître aucune émotions. Son visage restait fermé, marqué par ses traits durs. Cette combinaisons de trait physiques lui donnais une allure de viking et n'aurais pas laisser à l'aise le premier venu devant cette silhouette immense et musclée de rugbyman poilu et tatoué.

Il rompit alors le silence :  « Je te fais tant d'effet que ça ?  »
« Se n'est pas ça... Juste... Juste c'est la première fois que je rencontre un adulte depuis la tempête.  »
« Hé bien il va falloir t'y habituer ! Car à partir de maintenant tu sera ici tout les matins à l'aube et tu exécutera tout se que je te dirai.  »
« Oui maître!  »
« Appelle moi Simon plutôt. Et toi, quel est ton nom ?  »
« Dracke, Dracke Dragonneau !  »
« Hé bien, Dracke, tu va te saisir des deux seaux que tu vois là et tu va courir jusqu'à la rivière en bas de la forêt, tu les remplira et tu les remontera ici le plus vite possible.  »

Je me suis immédiatement exécuté. Je me saisi des deux seaux et j'en profita alors pour jeter un coup d'œil à la grotte. Elle était remplie de végétation dans sa première partie. Un haut fourneau siégeait contre un mur. Une enclume était juste à côté ainsi qu'une bassine d'eau. Il avait également 2 coffres qui devait lui servir à ranger ses affaires. Il avait une sorte de bureau creusé dans la roche sur lequel était disposé divers éléments tels que des éguilles de tatouages ainsi que de l'ancre. Il disposais également de parchemins et de plumes. Sur le sol, un ensemble d'outils traînait à même la roche. Un maillet, un énorme marteau, une masse, en allant jusqu'à la pioche. Tout un tas d'outils et de matériels traînais si et là recouvert en partie par la poussière. Un tas de bûche était disposé à côté du fourneau. Un feu y brûlait doucement. Libérant un voile de fumée qui venait s'écraser et s'ammasser sur le plafond de la grotte y formant une sorte de brouillard sombre.

Je me saisi d'un seau avant d'hésiter :
« Je n'ai qu'un bras... Comment puis je prendre les deux ?  »
« Ça n'est pas une excuse ! La perte d'un membre ne devrais pas t'empêcher de faire comme les autres. Pour la peine prend en un troisième et trouve un moyen de les transporter.  »
Se qu'il me dit me rendit furieux mais en même temps, même si je n'osais me l'avouer, cela me fit plaisir que quelqu'un ne prenait pas en pitié et me considérait à part égale. J'en accrocha donc un à mon épaule, j'en mis un autre à mon coup et je me saisi du dernier par la main. Je me mis alors à courir hors de la grotte, dévalant la pente tout en faisant attention à compenser mon manque d'équilibre. Je couru, couru, avant de me rendre compte que je ne savais pas où était la rivière.

Gaïa - Tome 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant