Il est minuit, et ce matin on s'est donné rendez-vous avec Vincent, cette nuit, pour parler de tout ce qui nous est arrivé, pour récapituler. Il m'a discrètement glissé qu'une petite surprise nous attendait mais qu'il ne pouvait pas nous en parler ici. Quand nous nous somme quittés, Vincent a regardé autour de nous furtivement, comme si il avait peur que quelqu'un nous surveille. Mais bon.
La vieille doit dormir, maintenant.
Je secoue discrètement mes amies qui se sont endormies et celles-ci se lèvent et s'habillent en silence.
Nous descendons les escaliers dans la plus grande discrétion et passons la porte d'entrée. Puis un frisson d'insécurité m'envahit.
- Attendez, je reviens, dis-je.
Puis je court en sens inverse jusque dans la chambre et attrape mon couteau Suisse sur ma table de nuit. On n'est jamais trop prudent.
Puis je redescends et passe de nouveau devant la porte de Josiane. Je l'entend ronfler, la voie est libre.
Je me dirige de nouveau vers la porte d'entrée et parcours le couloir jusqu'à celle-ci, mais ce n'est pas la même porte, je me suis trompée de couloir.
Je m'apprête à revenir sur mes pas mais la curiosité l'emporte et je pose ma main sur la poignée décorée, la fait pivoter mais elle est fermée à clé !
En effet, une serrure rouillée est située sous la poignée.
Je décide de ne pas m'attarder et rejoins le vrai couloir et ouvre la véritable porte d'entrée.
- Hey, me voilà de retour, on peut y aller.
Les deux filles me dévisagent et me questionne silencieusement.
- Devant la grande église.
Cléa introduit la clé dans le portail et celui-ci s'ouvre dans un grincement.
Puis je commence à marcher au bord de la route suivie de mes deux amies. Ce n'est pas très rassurant de marcher de nuit, et aucune voiture ne passe.
Je nous éclaire avec la lampe de mon téléphone. Le silence nous envahit. Personne n'ose troubler le bruit de la nature qui nous entoure.
Soudain, la lumière s'éteint et Cléa me rentre dedans.
- Qu'est-ce que tu fait ?! me dit-elle, paniquée.
- Je ne sais pas, il était pourtant chargé à bloc.
Qui dit campagne dit pas de lampadaire. Je ne distingue même pas le visage de mes amies. Katia réagit à son tour :
- Tu es la seule à l'avoir prit, on fait comment, on rentre ?
- Non, lui dis-je au quart de tour, on ne peut pas laisser Vincent en plan !
Elle me fixe de son regard profond comme si elle tentait de déceler une de mes émotion. Et d'un même côté, je n'arrive pas à percevoir les siennes.
- Quoi ?! lui dis-je.
- Oublie.
Je ne sais pas ce qu'elle imagine mais cela me frustre fortement.
Elle détourne le regard et soupire, comme si quelque chose la contrariait.
Je continue la marche et elles sont donc contraintes de me suivre.
Un moteur se fait entendre et nous paralyse sur place.
Une voiture surgit de l'horizon et se rapproche de nous. Cléa me souffle :
- Tu vois que c'est suspect, trois ados qui marchent au bord de la route à minuit. Et dans la pénombre ?
Elle se tait et le véhicule passe près de nous. Le conducteur ralentit.
- Et merde...
Une fenêtre s'ouvre et une tête en sort.
Un vieil homme édenté nous dévisage.
Sa vielle voix éraillée résonne dans la nuit.
- Alors comme ça, on sort la nuit, hein ?
Il y a des gens malveillants qui rôdent la nuit, surtout pour des jeunes filles comme vous.
On ne répond rien, inutile de le provoquer.
Il nous fixe avec insistance, ce qui ajoute du malaise à la situation.
Il éclate finalement de rire et rallume son moteur. La vieille voiture s'éloigne et nous soupirons de soulagement.
- Il me dégoûte, lâche Katia.
Nous avançons encore un bon quart d'heure et arrivons devant la pointe la plus haute du village.
Quelqu'un se tient devant la porte de l'église. Il doit mesurer dans les un mètre soixante-quinze, c'est Vincent !
Un soupire de soulagement s'échappe de ma bouche. Nous nous rapprochons peu à peu et il nous fait signe. Je ne peut pas apercevoir son visage.
- Danaé, je crois que ce n'est pas lui, me souffle Katia.
Alors nous arrivons jusqu'à lui et le garçon allume la lampe.
Alors nous voyons le sourire de Dylan s'agrandirent jusqu'aux oreilles.
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Les disparus de la nuit
ActionJe m'appelle Danaé, j'ai seize ans et ça fait un an que je n'ai pas revu mon frère. Je suis pensionnaire dans un petit lycée de banlieue et dans une semaine, je pars en vacances dans une famille d'accueil avec deux de mes amies. On se retrouvera don...
