Après l'incident de ce matin, on a décidé de ne pas bouger aujourd'hui.
Katia ne m'en veut plus et à priori, moi non plus.
Nous avons bien essayé de demander à notre hôte pourquoi le bureau contenait des dossiers si importants mais elle évite le sujet à chaque fois.
Elle ne lâchera pas un mot, c'est sûr.
Donc le temps passe, l'ennuie nous terrasse et la température deviens insoutenable.
Soudain Josiane entre dans notre chambre.
- Courrier pour mademoiselle Danaé.
Je le prend et avant que mes amies n'ai pu lire le destinataire, je dis :
- Mes parents.
Je pars m'enfermer dans la salle de bain.
Chère Danaé,
est-ce comme ça que l'on commence une lettre ?
Premièrement, oui je vais très bien et cela me fait plaisir que ma santé t'importe tant.
Ensuite, je suis assez surveillé, et pour commencer par ma famille d'accueil, donc plus de portable. De toute façon, vu le débit du réseau ici...
Si tu veux me donner une lettre, je te prie de la faire passer par la fenêtre de ma chambre (et pas par la boîte aux lettres).
Voilà, j'espère que tu vas bien aussi car je dois avouer que je m'inquiète un peu et répond vite,
Cordialement (non je rigole)
A plus
Vincent
Je suis rassurée. En fait, ça me fait tellement plaisir qu'il m'écrive. Je vais lui répondre tout de suite, car trop de questions sans réponses embrouillent mon cerveau. Je rentre et attrape du papier et un crayon.
Cher Vincent (en reprenant tes expressions),
Comme tu peux t'en douter, je me pose beaucoup de question.
A commencer par Dylan, qu'est-ce que c'est que ce bordel ! Pourquoi se cache-t-il et pourquoi change-t-il constamment d'attitude ?
J'ai un peu de mal à m'exprimer par papier car ce n'est pas comme à l'oral, mais j'espère que tu me comprendra tout de même.
Ensuite, toi bien sûr. Pourquoi es-tu surveillé, et le suis-je aussi ? Et j'aimerai parler avec toi face à face plutôt que par courier, je crois que cela faciliterai les choses. J'ai plusieurs choses à te dire.
Danaé
Voilà. J'ai beaucoup hésité sur ce que je pouvais lui dire mais je crois que j'arrive à un résultat assez satisfaisant.
Après se pose la question de la poster. Je peux bien sûr partir comme ça sans rien dire. Cette solution me paraît un peu radicale surtout que j'inquiéterai les autres. Mais en même temps, je ne vais pas non plus inventer une excuse qui n'est absolument pas crédible.
Je décide donc de partir rapidement, après tout, peut-être que Cléa et Katia se diront que je suis allé prendre l'air.
Je prend un vélo que je trouve au passage et sort en pédalant à toute vitesse. J'arrive devant l'église sans problème et continue dans la rue adjacente.
32, 34, 36.
Voilà, c'est au 36. Je passe par le portail ouvert et ne m'arrête pas devant la maison. Je la contourne et me poste devant la fenêtre.
- Vincent !
Pas de réponse, je croyais qu'il restais chez lui...
Je renouvelle mes appels mais toujours pas.
J'attrape un petit caillou et le jette contre sa vitre.
Rien. Alors je grimpe et pose ma lettre devant la fenêtre. Je suis un peu déçue mais en même temps je n'insiste pas, il m'avait certifié qu'on ne pouvait pas se voir.
Je repart rapidement sans prêter plus d'intention à cette maison et refais le chemin inverse. J'arrive saine et sauve au bout d'un bon quart d'heure de vélo et le range au fond du jardin, puis rejoins mes amies dans la chambre.
Katia me fixe sans colère, mais je perçois de la curiosité et Cléa ne fais pas attention à moi.
- Je suis allée prendre l'air, leur dis-je pour me justifier, même si c'est plus pour me rassurer.
Mon cœur bat plus vite, signe que mon mensonge ne me paraît pas très convaincant mais elles n'insiste pas, bien que je crois déceler dans les yeux de Katia de la ...déception ?
Je ne sais pas, même si mes joues chauffent à la moindre pensée de la décevoir.
Comme si elle avait lu dans mes pensées, elle vient s'assoir à côté de moi et me dit doucement :
- Je suis désolée. Je sais que c'est un peu tendu entre nous mais je ne veux pas. Tu as toujours été là pour moi et je veux faire de même. Je ne veux pas qu'on se perde de vue.
Je soupire de soulagement car cette situation ne me plaît pas à moi non plus et lui répond :
- Non, on sera toujours ensembles.
Alors elle pose sa tête sur mon épaule et ferme ses yeux.
J'ai le sentiment de la protéger, à ce moment là et ça ne me déplaît pas.
Maintenant que j'y pense, je ne sais même pas ce que représente Katia pour moi. Je ne l'ai jamais vraiment considérée comme une sœur ni comme ma meilleure amie. C'est un peu ambigu mais tout ce que je c'est, c'est que c'est fusionnel.
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Les disparus de la nuit
ActionJe m'appelle Danaé, j'ai seize ans et ça fait un an que je n'ai pas revu mon frère. Je suis pensionnaire dans un petit lycée de banlieue et dans une semaine, je pars en vacances dans une famille d'accueil avec deux de mes amies. On se retrouvera don...
