Partie 15 - Valériane

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Face.

Et merde !

- Eh bien eh bien... Il semblerait que j'ai gagné ! S'exclama Daryl, sans prendre la peine de retenir un petit rictus satisfait.

La jeune femme fronça les sourcils d'agacement mais le mal était fait. Elle devait maintenant jouer le jeu et répondre à une de ses question sans se défiler. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait...

Mais quelle idée d'avoir participé à ce jeu minable !

- Bon... Pose ta question qu'on en finisse au plus vite ! Balança-t-elle.

A son plus grand étonnement, Daryl ne se vanta pas davantage de sa victoire. Il fit quelques pas dans sa direction pour se placer un face d'elle. Sa voix grave et envoûtante se détacha clairement dans la pièce :

- Je vais rester sur mon ancienne question... Qui est Val ?

Court silence.

- C'est moi. Répondit-elle finalement.

Daryl haussa un sourcil, comme pour l'encourager à continuer. Devait-elle vraiment le faire ? Elle venait déjà de répondre après tout, elle pouvait très bien tout arrêter et le planter là. Cependant, les règles du jeu avaient été clairement énoncées : elle devait répondre précisément à la question posée. Et quelque chose lui disait que la question était loin de s'arrêter ici.

Elle soupira en levant les yeux au ciel.

- Mon véritable nom est Valériane Carreiras...

C'est pas vrai... Dites-moi que je suis pas en train de lui dire ça...

- Carreiras... Ça sonne Amérique du sud, non ?

- Je suis colombienne d'origine. J'ai dû changer de nom et quitter mon pays pour une raison que tu connais déjà.

- La fuite... Conclue Daryl.

- Oui.

Les yeux d'Ortega brillaient d'une étincelle perçante. Il devait sûrement se questionner sur la raison de son départ. Cependant, il ne lui posa pas la question directement, devinant sans doutes qu'elle se braquerait.

- Et pourquoi es-tu venue à New York ? Demanda-t-il finalement.

- Je... Je n'ai pas vraiment réfléchi sur le moment. Tristàn avait des contacts là-bas et je me suis dit que ce c'était la ville idéale pour commencer une nouvelle vie.

- Tristàn ? Ton collègue qui a appelé tout-à-l'heure ?

Elle soupira, l'air de dire "Les nouvelles vont vites !".

- Oui c'est lui. On se connaît depuis très longtemps, il est colombien aussi. On a quitté le pays ensemble et c'est lui qui m'a aidé à suivre mes études d'avocate sur New York.

- C'est ton mec ?

Elle écarquilla les yeux, surprise.

Elle sort d'où, cette question ?

- Non, nous ne sommes pas ensemble. C'est un lien qui va au-delà je dirais.

Le brun la fixa, tentant visiblement de la sonder. Elle soupira d'agacement. L'interrogatoire semblait être de retour.

- C'est bon là, non ? Tu as largement eu la réponse à ta question !

Daryl ne répondit pas. Avait-il seulement entendu sa question ?

- Bon, je vais prendre l'air ! Dit-elle en s'élançant vers la porte de sa chambre pour couper court à la conversation.

Elle commençait à se sentir mal. Mais pas pour la raison qu'elle aurait pu imaginer. En fait, elle culpabilisait de ressentir une sorte de libération après s'être confiée à Daryl. Certes, elle avait fait attention à ne pas trop entrer dans les détails, mais les mots avaient étaient dit. Daryl savait son nom, ses origines... Et c'était bien plus que n'importe qu'elle personne à New York, exceptée Tristàn.

Is it love ? Daryl - Seule reste la plumeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant