Émancipation - Partie 3

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Un jour de repos et une bonne douche n'avaient en rien arrangé l'humeur de la novice, toujours aussi énervée.

« Jamais, au grand jamais, je ne ferrais des courbettes, mêmes polies, à cet abruti d'Archonte ! ».

Le Régent pouvait ce le tenir pour dit, et ses regards noirs n'y pourraient rien changer. Ash et elle vivaient chacun d'un coté d'un gouffre, émotionnel, identitaire et moral, qu'aucune injonction grand-parternelle ne saurait lui faire franchir. Il pouvait, ainsi que son agent fétiche, tout tenter pour la convaincre d'agir au nom des intérêts du clan, sa réponse resterait la même ; non.

Malgré cela elle avait donné rendez-vous à Maxon dans le quartier où résidait Jace, sa présence avait pour elle quelque chose de rassurant. La vampire vivait avec appréhension l'avancée du temps et elle n'avait pas le loisir de laisser ses bouderies retarder ses plans. La nuit était déjà bien avancée, et chaque minute perdue lui donnait l'impression qu'un danger se rapprochait dangereusement de sa colocataire ; qu'il soit mort-vivant ou non.

Ambre avisa sa montre alors qu'elle était appuyée sur l'un des murs à l'entrée du bloc d'immeuble où l'avait reçu le vampire plus tôt ; ses congénères, Walpurgien et Amabilis, ne semblaient pas vouloir se montrer.

Elle fit claquer le talon haut de sa botte contre la brique qui constituait le bâtiment et rajusta sa veste en faux daim noir. Au moins elle portaient des vêtements propres, elle n'avait pas tout perdue de ses aventures. Ses cuissardes lui montaient un peu au dessus du genoux cachant un jean foncé suffisamment souple pour supporter n'importe qu'elle jeu de jambe potentiel. Un top en dentelle grenat, un maquillage fumé et sa veste complétaient la tenue. La vampire sourit en avisant son haut. Elle prenait les réflexes, il était de la couleur de son clan, tout comme la paume du couteau qu'elle cachait dessous, entre ses deux omoplates. Maxon avait insisté et elle n'avait pas vraiment résisté, l'héritière de la lignée principale se devait de sortir couverte, juste au cas ou.

Ambre avisa son portable quand elle sentie que quelqu'un se matérialisait dans son dos.

Jace lui apparut aussi clairement qu'un miracle et aussi beau qu'une révélation divine. Ambre manqua de défaillir à sa simple vue. Sa voix, son sourire, son être tout en lui respirait l'envie d'abandon. Elle devait user de toute sa force de volonté pour ne pas lui sauter au cou et le couvrir de baisers. Il portait son éternel sourire ainsi que sa veste brune que son corps ne cessait de mettre en valeur. Si elle pu, elle aurait bavé. Elle avait beau sourire en voyant le vampire approcher, la novice gardait en tête les avertissements de son entourage. Ils avaient peut être tous tord mais ce n'était pas une raison pour oublier toute prudence.

— Bonsoir, charmante créature, fit Jace dans un sourire de Prince des temps moderne.

— Merci d'être venu, répondit elle en maintenant une distance gênée. J'avais vraiment besoin d'un coup de main.

La vampire rechercha Maxon du regard, pourquoi était il toujours en retard dans les moments importants ?

— Tout le plaisir est pour moi, mais ai-je fais quelque chose pour te contrarier, petit ange ?

La vampire lui offrit un regard curieux.

— Et bien je te quitte magnifique créature à mon bras et te retrouve à bien six pas de distance. D'où ma question :" t'ai je déçu en quoique ce soit ?".

Ambre sentie soudainement une chaleur lui envahir le bas du ventre ainsi qu'une partie du visage. Certes, l'amour rend toute chose, mais la vampire ne se serait pas attendue à ce que ce soit aussi « physique » comme réaction. Elle tenta de se contrôler mais la chaleur gagnait du terrain à chaque seconde alors que les yeux du vampire courait partout sur son corps. Ambre repensa à cette nuit, à ces mains, à qu'elle point il était bon de ne plus penser à rien d'autre qu'à lui... Pourquoi était elle là déjà ?

— Madame, coupa la voix de Maxon dans le brouillard de son esprit, la voiture est prête.

« Dieu merci il est là ! »

La présence de son congénère coupa immédiatement ses envies libidineuses impérieuses, que les conventions sociales soient louées. L'Agent arriva à leur hauteur sur le trottoirs et se planta fermement aux cotés d'Ambre.

— C'est lui qui doit nous aider, Madame ?

L'Amabilia se perdit en courbette théâtrales, visiblement amusé par ce cérémonial d'un autre âge. Ambre ne pouvait s'empêcher de partager l'avis du beau ténébreux, la scène était surréaliste dans une ville comme Atlanta au vingt et unième siècle. Mais Maxon avait insisté, un vampire de moins bonne lignée comme lui ne devait, visiblement, pas manqué de respect en public à un vampire de la lignée principale. La novice ne comprenait pas encore bien les implication de son lignage, mais il était évident qu'une discussion sur ce sujet s'imposerait avec le Régent.

— Jace Zuma, pour vous servir, Monsieur ?

— Maxon, juste Maxon... Agent pour le clan Walpurgien. Je suis ne charge de la sécurité de Dame Lefranc.

— Comme si votre veste rouge et vos verbiage pouvait vouloir dire autre chose. Vous êtes très dans l'apparence vous autre, non ? Enfin sauf toi ma très chère Ambre.

Jace lui fit un baise main qui fit bondir le cœur de la jeune femme dans sa poitrine.

— Il est certain signe qui, une fois gagné, se portent avec fierté et honneur. Répondit Maxon. Mais je crois comprendre que votre clan est assez « hermétique » à ce genre de chose, non ?

— Au servilité d'un autre âge et aux signes dignes d'un gang ? Oui, tout à fait. Mais je ne pense pas que nous soyons la pour comparer les avantages et inconvénients de chaque clan, Agent ?

Maxon ne répondit rien, se contentant de fixer Jace d'un regard mauvais.

— Où allons nous ma chère ?

— Dans le quartier de l'université.

— Bien, je vais chercher ma monture dans ce cas. Nous n'avons pas de temps à perdre de ce que tu m'as expliqué.

— Nous avons une voiture, Amabilia. Dit Maxon sans amitié.

—Je sais, mais que Monsieur l'Agent me pardonne, je préfère être autonome de manière générale.

— Jace, ce n'est pas un piège je t'assure. Essaya de le convaincre la novice en faisant un pas vers lui.

— Je sais bien princesse, mais c'est une question de principe.

Il lui fit un sourire ravageur alors qu'il passait rapidement un doigt sous son menton ce qui ne manqua pas de l'adoucir immédiatement et de faire soupirer Maxon.

— Ma moto est au garage, je vais la sortir et je vous retrouve au coin de la rue. Conclut l'Amabilia en leur tournant le dos, disparaissait presque immédiatement par une petite porte de l'immeuble.

Son partenaire resta fixe pendant cinq secondes, comme pour s'assurer qu'il ne revenait pas, puis lâcha un tonitruant :

— Mais quel sale con se type ! Qu'est ce que tu peux bien lui trouver ?

Ambre étira un sourire, c'était bine la première fois qu'elle entendait Maxon émettre un avis sur un autre vampire.

— Je t'assure qu'il est sympa.

— Autant qu'un cobra qui s'apprête à mordre, oui. Je ne lui fais pas confiance.

— Ce n'est pas comme si nous avions le choix, il pense pouvoir aide Esther. Sauf si tu as un autre nom à me proposer ?

L'Agent leva les main en signe de reddition, il ne remettait pas les faits en cause mais la situation ne lui plaisait pas.

— Je vais chercher la voiture, conclut il.

— « Princesse »? Fit une voix bien trop connue au bord de l'hilarité un peu plus loin dans le ruelle. Quand je pense que je ne peux même pas avoir un sourire, alors que je t'ai sauvé la vie. Il y a vraiment du favoritisme dans cette ville.

« Oh non, pas lui... »

La Mascarade des Damnés - Tome 2 La chute de l'angeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant