Tokyo Ghoul : Kaneki

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Elle avait cru le perdre lorsque les brigades du CCG avaient débusqué leur bande.

Elle l'avait vu se défendre violemment, forçant ses amis à s'éloigner du danger tandis qu'il combattait seul. La jeune fille avait déployé son kagune pour l'assister, mais très vite son compagnon l'avait écartée des humains d'un coup brutal, trop rapide pour qu'elle puisse l'éviter. Assommée, elle s'était faite emmener par les autres loin du combat.

Quand (T/p) était revenue à elle dans une autre de leurs planques, tout le monde était silencieux et prostré. Elle avait dévisagé un à un tous ses amis, en vain. La ghoule borgne manquait à l'appel. Une peur affreuse envahit la pauvre jeune fille, une peur maladive et oppressante. 

Elle s'était levée immédiatement, sans aucun regard pour les autres, avait enfilé son masque d'une main et s'était élancée dans le ciel. Traverser la ville sans se faire repérer lui fut plus compliqué que d'habitude : les hommes du CCG étaient en chasse dans les ruelles et sur les toits, prêts à tout pour les coincer. Mais la (c/c) était rapide, furtive. Telle une ombre, elle échappait aux regards et s'empressa de rejoindre la place où l'affrontement avait eu lieu.

Elle était terrifiée. Si jamais elle arrivait trop tard ? Et si jamais il avait été battu, emmené par ces humains sans cœur ? Et si... S'il était... Mort ? Elle se mordit la langue jusqu'au sang, refusant d'envisager cette horrible possibilité. Un goût métallique envahit sa bouche, mais elle ne s'en soucia pas. Elle accéléra encore, courant comme si sa vie en dépendait. Car, en quelque sorte, elle en dépendait.

À peine arrivée à destination, (T/p) laissa son regard parcourir l'endroit dévasté, le cœur battant. Les débris, le sang, le silence. Pas un corps, pas une trace de lui. Elle sentit une boule se former dans sa gorge et un vide affreux s'emparer d'elle... 

Puis il y eu un mouvement, infime. Elle tourna la tête brusquement, déployant son kagune par réflexe de défense. Mais ce n'était pas un agent du CCG. C'était lui.

La jeune ghoule se jeta sur le borgne à demi-masqué, l'étalant au sol sans pitié malgré ses nombreuses blessures. Les larmes aux yeux, (T/p) cachait sa douleur derrière son masque de Tanuki noir et blanc, mais elle ne retint pas la colère qui l'étouffait :

- Plus jamais ! Jure-le moi ! cria-t-elle. Plus jamais tu ne mets ta vie en danger comme ça !

Kaneki grogna, appuyant une main ensanglantée sur son flan gauche. Il ne se débattit pas, pas plus quand elle lui hurla dessus que quand elle lui ôta son masque. (T/p) jeta un œil à sa blessure, mais elle ne cessa pas de parler :

- Tu te rends comptes que tu aurais pu y rester ? l'accusa-t-elle. Tu aurais pu... Tu as failli... Bordel, Kaneki ! Je sais me battre, j'aurais pu t'aider !

- Je sais... souffla-t-il.

Elle s'étrangla. Quoi, c'est tout ? Il n'avait rien à dire pour sa défense ? Elle s'était tellement inquiétée, s'il était mort en la protégeant... Elle ne se le serait jamais pardonné. Elle retint un sanglot et se pencha vers son torse sanguinolent, préférant éviter de croiser ses yeux attristés pour ne pas perdre le contrôle de ses émotions. La plaie était profonde et visiblement douloureuse, parce le jeune homme ne retenait qu'avec peine ses gémissements et grimaçait à son toucher.

- Il faut suturer ça, diagnostiqua-t-elle. Je dois te ramener à la planque... Il faut te lever.

- Laisse-moi ici, haleta-t-il.

Kaneki se força à se relever, une main contre le mur et l'autre pressée sur sa blessure. Il fixa (T/p) de son regard si particulier, lui faisant retenir un frisson.

- Tu ne devrais pas être là...

- Tu te moques de moi ! s'étouffa-t-elle.

- Tu ne comprends pas... râla-t-il. Tu es en danger avec moi.

- Wow, quelle nouvelle ! s'exclama-t-elle à bout de nerf. Je suis en danger partout, idiot ! Je suis une ghoule ! 

- Mais écoute-moi !

Kaneki lui ôta son masque de Tanuki, l'obligeant enfin à dévoiler ses expressions. Il resta un instant muet face à ses yeux (c/y) débordant de larmes et sa pâleur excessive. (T/p) détourna le regard, croisant les bras sur sa poitrine pour se rassurer. Elle ne pouvait pas se permettre de craquer devant lui...

- Tu... Tu n'es qu'un idiot Kaneki Ken, cracha-t-elle pour combler le silence.

Ces mots firent l'effet d'un électrochoc au borgne. Il la prit par les épaule et s'écria avec une émotion à peine voilée : 

- C'est moi qu'ils recherchent ! Le CCG, l'Arbre d'Aogiri, tous ! Tout le monde veut ma peau ! Et ceux qui restent avec moi sont en danger de mort ! Je ne peux pas... Je ne veux pas que quelqu'un meure pour moi ! JE NE VEUX TUER PERSONNE !

Il avait hurlé la dernière phrase, laissant les larmes jaillir de ses yeux et transperçant le cœur de la jeune fille par la douleur qui le hantait. (T/p) sentit à son tour la peur et la colère gonfler en elle, et les mots ne tardèrent pas à sortir :

- Tout le monde meurt Kaneki ! Tu ne peux pas empêcher les gens de se haïr et de s'entre-tuer ! Tout ne repose pas sur toi ! Tu dois arrêter de fuir tout ceux qui tiennent à toi !

- Je ne veux pas que ceux que j'aime meurent ! cria-t-il. Je ne pourrai plus le supporter ! Je préfère mourir à leur place !

- Et tu crois que je pourrais vivre sans toi ?! hurla-t-elle en retour. Si tu meurs, ce monde n'aura plus aucun sens ! Si tu meurs, je meurs ! 

Il écarquilla les yeux, et la prise qu'il maintenait sur ses épaules se desserra. Elle se mordit la lèvre, mais choisit de continuer. Après tout, maintenant que la vérité était sortie, autant tout dévoiler...

- Crétin de borgne... murmura-t-elle. Tu n'as rien remarqué, pas vrai ?

- Ce n'est pas... Tu ne peux pas...

- Eh bien si, je peux ! Je t'aime Kaneki Ken, et je refuse que tu te fasse tuer ! cria (T/p) les yeux brillants.

Elle ramassa son masque au sol, et profita de son hébétement pour le forcer à s'appuyer sur elle. Elle n'allait certainement pas l'abandonner ici, quoi qu'il puisse en dire.

- On va rentrer maintenant, fit-elle. Les autres vont s'inquiéter.

Kaneki ne dit rien. Il posa sa tête contre son cou, affaibli et perdu. Alors qu'elle marchait dans la ruelle sombre, il osa tout de même murmurer :

- Est-ce que c'est vrai... ?

- Oui.

- Tu ne vas pas me lâcher... comprit-il.

- Je te suivrai jusqu'en enfer, sourit-elle à demi.

Il ne répondit pas, mais le baiser qu'il lui glissa au creux de la mâchoire laissa à la jeune ghoule l'espoir d'un avenir meilleur... Un avenir à deux, deux bannis contre le reste du monde.




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