Fairy Tail : Cobra

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Non.

Elle ne devait pas les laisser faire. Elle devait leur échapper. Elle ne retournerait jamais là-bas, à leur merci.

Jamais.

Mais après tant d'années de persécution, de réclusion, de peur, est-ce que son corps tiendrait le coup ? Est-ce qu'elle aurait la force de courir suffisamment longtemps pour qu'ils abandonnent ?

De toute façon, je n'ai pas le choix, se rappela-t-elle difficilement.

Alors (t/p) accéléra encore. Elle entendait dans son dos les aboiements furieux de ses geôliers et leurs menaces. Elle sentit son ventre se nouer et s'efforça d'ignorer leurs cris tout comme sa terreur. Plus jamais elle ne retournerait là-bas. Elle se l'était promis. Tout comme la marque sur son bras et sa cicatrice le lui rappelaient durement, elle savait qu'ils n'auraient aucune pitié à son égard. Si elle ne leur échappait pas, elle mourrait.

Il fallait continuer de courir.

(t/p) était une esclave, vendue au plus offrant dès ses dix ans. Elle avait été marquée au fer rouge du sceau des esclaves, afin que personne ne doute jamais de sa condition. Afin qu'elle ne puisse jamais s'enfuir. Afin qu'elle ne puisse jamais trouver la paix. Ses propriétaires la maltraitaient pour s'amuser depuis plusieurs années. Ils lui faisaient porter des haillons, l'humiliaient, la frappaient... Mais surtout, ils lui avaient fait trancher les cordes vocales. Parce que sa voix ne leur plaisait pas. Juste pour cela. (t/p) en avait gardé une cicatrice fine, qui coupait sa gorge à l'horizontal, et un traumatisme implacable. Elle pensait qu'ils ne pourraient rien faire de pire que cela. 

Malheureusement, l'être humain excelle en matière de tortures physiques et psychologiques. Depuis quelques mois, la jeune femme de (t/a) se vit regardée autrement par ses maîtres. Ils avaient vu en elle une autre possibilité "d'amusement". Ils n'étaient jamais allés plus loin que des insinuations... jusqu'à ce soir là.

Ce soir là, ils avaient essayé d'abuser d'elle.

Mais cette fois, elle avait osé se rebeller. Leur monstruosité, sa répulsion, son instinct... Tout cela se condensa en elle et lui donna la force de s'enfuir. Elle leur avait filé entre les doigts, agile par sa peur qui lui donnait des ailes. 

Et la voici à courir dans la nuit, sous une pluie battante avec ses geôliers à ses trousses. (t/p) sentait l'adrénaline parcourir son corps et lui donner la force d'avancer, mais elle entendait aussi ses poursuivants se rapprocher. Le terrain boueux freinait sa course, et son corps n'était pas préparé pour courir autant. Ils arrivaient. Leurs voix devinrent claires et fortes, brutales :

- REVIENS ICI ! hurla un homme.

- ARRÊTE-TOI ! fit un autre.

Jamais ! pensa (t/p). Plutôt mourir ! Je ne serai jamais à vous !

Elle aurait tellement aimé leur crier cela en face. Tellement aimé que ses jambes la portent loin, à l'abri d'eux. Tellement aimé ne pas s'effondrer au sol, le souffle rauque et le corps tremblant.

Non. Non ! Non ! Non ! pensa-t-elle paniquée. Debout ! Allez debout !

- Te v'là sale traînée ! s'exclama un de ceux qui la poursuivaient.

Il la saisit violemment par les cheveux et la força à le regarder. Les yeux (c/y) de la jeune femme brûlaient de rage, mais ses mains tremblaient de peur. Son impuissance fit rire ces monstres.

Lâchez-moi ! 

- Tu vas te t'nir à carreau maintenant ! Pas question de nous échapper à nouveau ! ricana un colosse barbu.

Lâchez-moi ! Laissez-moi !

- Et si on commençait ce pourquoi t'es partie ? proposa celui qui la tenait.

- Ah ouais, tiens ! acquiesça un autre. Faut bien la punir pour sa rébellion.

Non ! Lâchez-moi ! Non ! songea-t-elle en se débattant furieusement.

Mais ils semblaient bien se moquer de ses efforts. Leurs visages se firent carnassiers et la terreur envahit (t/p), tandis qu'elle hurla en pensée :

LÂCHEZ-MOI !

Et il lui sembla être entendue. Chose impossible, mais...

Soudain, un de ses bourreaux se retrouva au tapis, projeté par un coup que personne n'avait vu venir. Une silhouette élancée auréolée de brume violette venait d'apparaître devant la (c/c), sous ses yeux stupéfaits. 

- Elle vous a dit de la lâcher, gronda son sauveur en saisissant l'homme qui la tenait par la gorge.

- A-attends ! T'es qui ? fit-il pitoyablement.

- AH ! Regardez son bras ! 

Involontairement, (t/p) leva le regard sur ledit bras. Violet, recouvert d'écailles et terminé par des griffes bestiales. Sous la pluie, la brume violette qui s'en échappait devenait presque rouge et illuminait le visage du jeune homme. 

- AAAH ! Mais t'es quoi ? MONSTRE ! hurla un homme.

- Sois poli mon vieux... Je suis un chasseur de dragons ! s'exclama-t-il fièrement.

Et pour ajouter à cette déclaration, il se jeta sur la bande de malfrats et leur ficha une raclée comme (t/p) n'en avait jamais vu. Il mettait une telle ardeur à se battre, à la défendre, qu'elle sentit une larme de soulagement couler sur sa joue. Elle n'était plus seule... Quelqu'un était venu l'aider, la sauver ! Il posa ses yeux perçants sur elle, et elle eut l'impression qu'ils pouvaient lire ses pensées. D'ailleurs, dès l'instant où elle s'était fait cette réflexion, elle le vit esquisser un rictus amusé.

- Retiens ta respiration, lui demanda-t-il subitement.

D'accord, acquiesça-t-elle.

Il lui jeta un bref regard, puis il étendit les mains vers les corps affalés de ses victimes. Une brume mauve épaisse s'en échappa et entoura les hommes qui commencèrent à hoqueter. Instinctivement, (t/p) tenta de se lever pour s'en éloigner, mais ses jambes refusaient toujours de bouger. En pensée, elle demanda :

Qu'est-ce que c'est ?

- Du poison, lui répondit-il. Je suis un chasseur de dragon venimeux. Viens, il faut qu'on s'en aille maintenant.

Je ne peux pas bouger...

- Pas de problème.

Il s'approcha d'elle et refit son sourire plaisantin, limite moqueur. Sans que (t/p) ne s'en doute, il passa ses bras sous ses jambes et son dos pour la porter. Elle eut du mal à continuer de retenir son souffle lorsqu'il la plaqua contre lui en courant. Elle leva son visage pour l'observer.

Ses yeux reptiliens luisaient de reflets violets, et ses cheveux pourpres dégoulinaient sous l'averse. Mais cela n'enlevait rien à son sourire vainqueur et rassurant, ni à la chaleur et la sensation de sûreté que ses bras lui conféraient. Il était beau, c'était indéniable. Il avait un côté sauvage, indomptable, libre... 

- Je t'entends tu sais, fit-il en la fixant. J'entends tes pensées.

(t/p) rougit et baissa les yeux.

Désolée... Je ne voulais pas...

- T'en fais pas, je suis d'accord avec toi, ricana-t-il. C'est vrai que je suis pas mal !

Un rire muet secoua la jeune fille. 

- Comment tu t'appelles ? lui demanda-t-il alors.

(t/p). Et toi ?

- Erick. 

Merci Erick, pensa (t/p). Merci... merci infiniment.

- Tu sais... Je n'avais jamais entendu de voix comme la tienne.

C'est-à-dire ? s'inquiéta-t-elle en effleurant sa cicatrice.

- Tu as la plus belle voix que j'ai jamais entendu, lui sourit-il.


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