RAKI
Je suis sortie dans cette maison le sourire aux lèvres. J’étais contente de moi, très contente même. Cette vengeance j’en ai rêvé toutes les nuits depuis ce fameux mois d’Août. Ils croyaient qu’ils allaient m’humilier et nous maltraiter ma mère et moi et s’en sortir aussi facilement. Ce serait beaucoup trop beau. Quand on fait du mal aux autres il faut s’attendre à en payer les conséquences. L’argent de ma mère je compte le récupérer ça c’est sûr. Je ne laisserai pas un seul sou à mon père. Maintenant reste à savoir si je vais porter plainte ou pas contre cette femme. Je n’ai pas encore décidé. Même si j’ai des preuves parce que j’ai pensé à prendre un magnétophone avec moi ça s’est passé tellement longtemps que je ne suis pas sure que la police y accorde grande importance. Ensuite elle est déjà punie parce que connaissant mon père il ne reviendra pas sur sa décision de la répudier. Et quoi de plus honteux que de se faire répudier après tant d’années de mariage.
Bref j’étais sur le point d’ouvrir la portière de ma voiture quand j’ai entendu la voix d’Atoumane
Atoumane : Raki attend
J’ai arrêté mon geste pour l’attendre. Je me demande ce qu’il me veut encore. Lui aussi il a de la chance. Si ce n’était l’aide qu’il m’a apporté ou que je n’ai aucune envie que le Sénégal entier sache que je me suis faite violée j’allais lui faire payer sévérement
Atoumane : J’ai entendu ton père dire quelque chose qui m’est resté dans la tête
Moi : De quoi s’agit-il ?
Atoumane : Que tu étais enceinte
Moi : Oui et ?
Atoumane : Je suis père et tu me l’as caché. Pourquoi tu ne m’as rien dit ?
Moi : Hé ne m’énerves pas. Tu penses que quelqu’un qui est capable de droguer et de violer une fille va accepter la conséquence de ce viol ? Viens pas faire ton hypocrite et ton responsable devant moi parce que ça ne te vas pas
Atoumane : J’ai changé Raki. Je te l’ai déjà dit et je te le répète : je regrette amèrement ce que je t’ai fait. Je veux voir mon enfant. Je t’en prie. Ma femme est stérile donc c’est …
Je l’ai coupé avant qu’il ne continue. Ayiii si sa femme est stérile c’est à moi qu’il vient le dire. Est-ce que c’est mon problème ? J’ai demandé à savoir ? Vraiment les hommes m’étonneront toujours. Ta femme ne peut pas avoir d’enfant tu gardes ça pour toi. Est-ce qu’elle a besoin que les autres soient au courant ?
Moi : Les problèmes de ta femme ne me regardent pas alors je t’en prierai de ne pas m’en parler. Cet enfant tu peux l’oublier car jamais tu ne le verras
Atoumane : Tu ne peux pas empêcher cet enfant de connaitre son père Raki.
Moi : Quel père ? Oh ne me fatigues pas tu veux
Atoumane : Raki je t’en supplie. Laisse-moi voir mon enfant.
Moi : Ton enfant ?
Atoumane : Enfin notre enfant
Moi : Oublie cet enfant Atoumane. Il n’est jamais venu au monde
Il a ouvert les yeux et me regardait comme s’il n’avait pas compris ce que je venais de lui dire. Il m’a fixé quelques instants avant de secouer la tête comme s’il refusait l’idée qui trottait dans sa tête
Atoumane : Tu as avorté ? Comment as-tu pu commettre un acte aussi ignoble ?
J’ai éclaté de rire tellement la situation est ironique. Non mais vous y croyez-vous ? Atoumane ose me dire en âme et conscience que j’ai commise un acte ignoble, sans commentaire.
