XV

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ELLIPSE DE UN MOIS ET DEMI
Le néant est présent  depuis cette fameuse soirée.
Ken est au plus bas. C'est si difficile de tenter de lui changer les idées, il y était plus attaché que je pensais. J'ai malheureusement dû avec les gars à plusieurs reprise chercher Ken à 5h ivre à en mourir. Je suis vraiment désolée par son état, cette image de sa copine avec un autre le torture tellement, c'est précieux une vrai souffrance vous savez. Il n'arrive pas à le dire, qu'elle l'a trompée, il répète constamment « elle est dans notre lit avec inconnu ». J'ai de nombreuses fois dormis avec lui pour m'assurer de sa survie, et il lui arrive de crier cette phrase si fort que sa voix se casse. Le pire c'est qu'on le voit tomber petit à petit, son côté sombre prends le dessus. On peut rien faire, on ne peut pas entrer dans sa tête pour lui voler sa souffrance. Il est si vide, son regard autrefois pétillant et plein de joie est sombre, sans émotions, lorsque que nos yeux s'encrent entre eux, la seule chose que je vois est le déni, la peur du futur et la douleur.
En ce qui me concerne, si je trouve pas de job avant un mois , je serait à le porte, je vis sur mes économies, j'ai vendu tous ce qui n'était pas essentiel à ma survie, ce qui ne comprend pas les livres.
Après ce petit résumé, je dois entrer dans le vif du sujet. Ça fait 2jours de Ken a disparu, on dirait que je suis super calme mais pas du tout. Je l'ai le premier soir HARCELÉ d'appels et de message, le menaçant si il ne revenait pas. Il disparaît souvent mais il m'appelle toujours le soir déchiré pour que je vienne le chercher.
Mais là non,rien, j'ai alors passer la nuit à la chercher avec les gars dans tout Paris sans que nos recherches aboutissent.
Le lendemain j'ai envoyé un message à ses parents avec le numéro que m'a donné Fram.
Ils m'ont dit qu'il était pas à Nice.
Je suis allée chez l'autre pute, rien.
Je ne peux pas le chercher toute la journée car j'ai cours, j'espère vraiment qu'il n'est pas loin et surtout sain et sauf. En sortant de l'université je pars en quête de Ken. Mo me rejoins, on passe encore chez Julie, chez moi, on longe tous les quais, les quartiers les plus pourris comme les plus bobos mais rien.
A ce moment, je fond en larme, trois putain de jours sans nouvelles, un putain de mois et demi qu'il est détruit, cet homme est brisé et je ne peux rien faire.
Dépitée à l'idée de passer une soirée sans nouvelles, je reste seule, me mets en pyjama:

 Dépitée à l'idée de passer une soirée sans nouvelles, je reste seule, me mets en pyjama:

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Je regarde un film tout en envoyant des messages à Ken.
Vers 3h00 je décide a me coucher, anxieuse.
Alors que je pose mon téléphone, il sonne.
KEN !
Je réponds immédiatement:
-Ken putain t t ou ? criai je
-Is.. Isée, je je... je suis dé solé.
-Ken t ou ?
-Je sais pas, j'en peu plus Isée faut que ça s'arrête dit il en marquant une pose
Il est totalement déchiré putain
-Y'a des gars en costards qui me disent de pas sauter mais si, j'en ai besoin, faut que j'oublie, que je l'oublie.
Les larmes me montent aux yeux
-Ken tu es où dis je sanglotante
-y'a l'eau qui claque le mur quand les bateaux sortent, comme à chaque fois que je pense à Julie, mon cœur reçoit une énième claque.

Les quais, mais c'est trop grand, j'aurais pas le temps. En même temps qu'il me parle, je sors en trombe de mon appart et cours:
-Soit plus précis Fotiá
-Un pont en fer, yavait des cadenas avant, mais ils les ont brisés parce que ils étaient trop lourd. El... elle a fait pareil avec....

Il s'arrête de parler, le pont des ARTS
Je cours à toute vitesse, je ne prend même pas le temps de respirer, je suis bien entendu toujours au téléphone avec Ken.
Après 10min de course intense, je le vois, mes pleurs redoublent de puissance mais je préfère tenter de me calmer, ça va pas l'aider.

-Ken chuchotais je, viens avec moi
-Isée, te voilà dit il, tu vas assister au plus beau saut de l'ange, fais une vidéo. Non attend, si j'me flingue en live, combien de screenshots?
-Ken descends dis je fermement, promis on sautera d'un pont, on fera un saut de l'ange mais ensembles.
-Je souffre Isée, il l'explique si calmement, comme si c'était normal. J'ai mal, j'ai constamment envie de sauter pour la taire. Taire cette douleur, taire sa voix, me faire taire, j'en ai besoin.
-Ken, si tu sautes, je saute avec toi dis je en montant sur la rambarde avec lui
-Isée DESCENDS me hurla t'il
-Si tu descends, je descends dis je fermement
-Non Isée tu comprend pas que j'ai mal, je veux plus avoir mal.
-Fotiá, je comprend ta douleur, ta souffrance, tu voudrais qu'elle soit discrète, éteinte, que presque toi tu ne la ressente plus. Mais tu ne peux pas, il faut que tu la cries, que tu la pose à plat, que tu y fasse face. JE SAIS QUE C'EST DUR KEN, lui criais je en pleurant, je sais que tu souffre, mais l'unique pansement c'est le temps.
-Non isée pas elle.
-ELLE TA MANIPULÉ, ÉLOIGNÉ ET TROMPÉ,
Je vois qu'il ferme ses yeux et que ses points se serrent, mais je ne compte pas finir ma tirade.
-Y'a des gens qui meurent chaque secondes Ken. Tu a peut être l'impression de mourir de l'intérieur, je le sais, mais la mort n'est pas un moyen à envisager. Ce serai lui donner raison, augmenter sa fierté et sa confiance en elle. Tu vas rencontrer tellement de femmes, plus belles et intelligentes les unes que les autres. Tu sera amoureux et heureux de nouveau, l'amour c'est pas rentable, ça blesse, ça coupe et ça détruit mais c'est aussi une drogue, c'est ça qui te rend heureux, épanouie et beau. Alors oui là tu souffres mais regarde la vie qu'on mène, des vagabonds à la recherche d'amour, un effort est toujours récompensé.

Après ma longue tirade, je me tourne et passe la rembarre, j'ancre mes yeux dans ceux de Ken, lui faisant passer toutes sortes de messages.
Je le vois escalader la rambarde et me rejoindre. Je saute dans ses bras et le serre si fort qu'il gémit de douleur. Je veux juste être sur qu'il est avec moi.
-A partit de maintenant tu arrête de boire et de te droguer, ne me refait plus jamais ça.
-Je suis désolé Isée me dit il t'il en versant des larmes silencieuses.

On reste de longues minutes ainsi.
-Après la souffrance, c'est l'étape de la guérison. lui chuchotais je.

Un temps, deux tempes, absents. Des histoires addictives. Découvrez maintenant