De toute sa courte vie, Jin n'avait encore jamais expérimenté ceci. Une entrée étonnante et sensationnelle dans une chambre d'hôtel, les lèvres scellées à celles de son partenaire, ses bras pendus autour de son cou.
Son cerveau ne savait plus comment réfléchir, trop enivré et frémissant sous les sensations de son corps tout entier. Il se serait cru dans un film, la porte de l'hôtel entrebâillée, deux corps s'embrassant fiévreusement dans la pénombre à peine éclairée, reculant pour rentrer, se cognant aux murs sans se détacher, faisant tomber les vestes sur le sol dans des bruits froissés.
Et surtout, le bruit de baisers qui inondait la pièce, leurs respirations entrecoupées, leurs appréciations mêmes de se sentir retrouvés.
La porte fut malgré tout refermée et leurs corps, maladroits mais émoustillés marchaient jusqu'au lit sans se détacher. D'abord ils cognèrent contre la petite sellette de bois près du frigo tandis que Jin les yeux fermés, le corps en ébullition, les lèvres gonflées d'être ainsi martyrisées, tâtonna à l'aveugle pour enclencher l'interrupteur de la minuscule lampe de chevet.
La pénombre que seule la nuit visible depuis la fenêtre éclairait, s'effaça en partie. Une couleur orangée et chaude se diffusa dans la chambre, faisant grandir leurs ombres. Il fallut à un moment donné, dans cette situation passionnée, reprendre leur souffle mais ils ne s'éloignèrent pas l'un de l'autre et les grandes mains légèrement halées de Namjoon glissèrent de son cou à son torse, longeant ses hanches avec une lenteur et une tendresse qui lui coupa la respiration.
Jin ne pouvait pas s'empêcher de soupirer face aux sensations sur son épiderme brûlant, il pouvait sentir chaque parcelle de son sang rempli de champagne exacerber ses ressentis, le rendre presque euphorique. La tête lui tournait encore s'il fermait les paupières trop longtemps mais qu'importe, c'était trop délicieux pour qu'il ne s'en contente qu'un seul instant.
Mais à trop y réfléchir, sa tête allait certainement vouloir se réveiller, reprendre le contrôle de ses pensées alors il s'accrocha aux lèvres de son partenaire, fondit sur son corps impatiemment et s'empressa de faire sauter les boutons de cette chemise blanche rapidement.
Ils reculèrent doucement sur le lit, se laissant glisser sur les draps, envoyant valser les oreillers et les couvre-lits.
Leurs bouches se retrouvèrent une nouvelle fois avant que le corps du plus halé des deux ne parvienne à faire basculer Jin sur le dos, mais mécontent de cette approche, l'aîné chercha à reprendre le dessus et ils roulèrent une nouvelle fois manquant de tomber du lit. Ils pouffèrent amusés avant de se redresser et Jin poussa doucement son compagnon sur le matelas avant de reprendre sa position préférée.
Ils se fixèrent, leurs regards furent aimantés immédiatement et à nouveau le plus âgé des deux se trouva happé, incapable de se détacher, leurs mains s'effleuraient, leurs corps commençaient déjà à onduler doucement, se frotter langoureusement.
Plusieurs heures plus tard, un mal de crâne le réveilla une première fois. Ses yeux s'habituèrent rapidement à la demi-obscurité. Les cités de Corée du Sud ne dormaient jamais et Seongnam-si ne faisait pas exception à la règle. Dans le building en face, les fenêtres n'étaient plus autant illuminées qu'il y a quelques heures. Tandis qu'il se demandait quelle heure il pouvait être, il sentit qu'un corps chaud dormait contre lui et Jin pouvait reconnaître cette respiration sifflante comme aucun autre.
Il lui fallut un effort incommensurable pour quitter le lit et le drap qui le recouvrait. Il marcha lentement, la tête dans un étau jusqu'à la bouteille d'eau posée sur la petite sellette qu'il vida d'une traite.
Ses yeux parcoururent la nuit extérieure où tout semblait si calme et si apaisé, la pénombre et les ombres habillaient son corps nu et parce qu'il était encore ensommeillé, perturbé par ce que le champagne lui faisait subir, il n'entendit pas Namjoon se lever.
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La Rupture
Hayran KurguKim Seokjin avait tout ce qu'il voulait dans la vie, des amis fidèles, l'amour de sa vie et un travail stable. Mais les apparences étant souvent trompeuses, derrière son petit monde trop parfait se cachait les aléas de la routine, les secrets, les n...
