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 La Grande Salle

J'avançais lentement dans la Grande Salle. Dès que j'entrai, un murmure parcourut la salle entière. Des dizaines de regards se tournèrent vers moi, et j'entendis des chuchotements venir de partout :
— « C'est Ava Potter ! Il paraît qu'elle a été blessée par le troll hier soir ! »
— « Regarde, Ava a survécu à un troll ! »

Je sentis mes joues chauffer. J'avais horreur d'être le centre de l'attention.

Mais avant que j'aie eu le temps de réagir, une tornade brune fonça sur moi.

« AVA !!! »

Hermione me serra si fort que je perdis l'équilibre et nous tombâmes toutes les deux au sol. Le choc passé, nous éclatâmes de rire, allongées comme deux idiotes au milieu des regards curieux.

— « Excuse-moi ! Par Merlin, j'ai eu tellement peur ! Quand je t'ai vue inconsciente dans les bras de Harry... tu vas bien ? Tu as encore mal ? Tu veux quelque chose ? Est-ce que tu— »

— « Doucement Hermione, laisse-la respirer, » intervint Ron en riant. « Ava, t'as pas croisé Harry ? »

— « Non, pas encore... mais j'ai une idée, » répondis-je avec un petit sourire malicieux. « Quand il s'assiéra, je lui ferai une surprise. »

— « Oh, ça, j'veux voir, » dit Ron avec un sourire complice.

George me lança un regard taquin.
— « Joli pull, Ava. Dis donc, il me dit quelque chose celui-là, pas vrai Freddie ? »

Fred se racla la gorge, visiblement pris au piège.
— « Ah bon ? Moi je trouve juste qu'il te va très bien, » dit-il d'un ton faussement détaché, ses yeux noisette plongés dans les miens.

Je sentis mon cœur battre un peu plus vite, mais heureusement Hermione détourna l'attention :
— « Attention, voilà Harry ! »

Je me cachai aussitôt derrière Fred. Quand mon frère s'assit enfin, je posai mes mains sur ses yeux et dis :
— « Surprise ! »

Harry sursauta avant de se retourner vers moi, un immense sourire aux lèvres.
— « AVA ! » s'exclama-t-il avant de me prendre dans ses bras.

Je m'assis entre lui et Fred. Tout allait bien, jusqu'à ce qu'Harry remarque le pull.
— « Tiens donc... Ava, ce pull n'est pas à toi. Ni à moi d'ailleurs. »

George, hilare, lança d'une voix innocente :
— « Il est à Fred ! »

— « À Fred ? Et depuis quand tu portes ses vêtements ? » demanda Harry avec un sourire moqueur.

Je balbutiai :
— « Euh... c'est juste que... enfin— »

Fred coupa court d'un ton calme :
— « Je vois pas pourquoi elle devrait se justifier. Si j'ai envie de lui prêter un pull, j'ai pas besoin d'en faire tout un drame. »

Je devins rouge comme un coquelicot, ce qui ne fit qu'amuser George encore plus.

Mais la conversation dériva vite. Hermione, déjà plongée dans ses notes, nous lança :
— « J'ai trouvé quelque chose sur Nicolas Flamel ! »

On se pencha tous vers elle.

— « Flamel est un vieil ami de Dumbledore. C'est un alchimiste très célèbre ! » expliqua-t-elle, les yeux pétillants d'excitation.

À cet instant, une idée me traversa l'esprit, comme une étincelle.
— « Attendez... Nicolas Flamel, je le connais ! Enfin, j'ai lu son nom dans un vieux livre moldu à la bibliothèque de Londres. Il aurait créé une pierre capable de prolonger la vie... »

Je relevai la tête vers eux.
— « La pierre philosophale. C'est ça. C'est elle que protège Touffu. »

Ron fronça les sourcils.
— « Touffu ? Le chien à trois têtes ? »

— « Oui. Flamel est le créateur de la pierre, et Dumbledore la cache ici, à Poudlard. Si Voldemort la récupérait... il pourrait devenir immortel. »

Un silence se fit autour de la table. Fred me regardait, impressionné.
— « T'es sérieuse ? »

— « Aussi sérieuse que le troll qui m'est tombé dessus hier soir, » répondis-je avec un demi-sourire.

George éclata de rire, rompant la tension.
— « Franchement, entre un troll, un chien géant et une pierre magique, on s'ennuie pas avec toi, Ava Potter. »

Hermione leva les yeux au ciel.
— « Ce n'est pas drôle, George. Si ce que dit Ava est vrai, c'est très grave. »

Harry hocha la tête, l'air grave.
— « On doit en parler à Dumbledore. »

— « Pas tout de suite, » dis-je doucement. « On doit d'abord être sûrs. »

Un silence pensif retomba. Puis Fred effleura ma main sous la table, discrètement.
— « Promis, on fera attention. »

Je souris en retour, reconnaissante.

Quelques minutes plus tard, après avoir mangé un peu, je me levai.
— « Bon, je vais aller travailler. J'ai du retard à rattraper. »

Je déposai un baiser sur la joue de mon frère, puis un autre sur celle de Fred, qui vira immédiatement au rouge Gryffondor.

Dans les couloirs de Poudlard

Je sortis de la Grande Salle et tombai nez à nez avec Cédric Diggory.
— « Salut Ava ! J'ai appris pour le troll. Tu vas bien ? »

— « Salut, oui, je m'en sors avec un simple bandage. J'ai eu peur, mais ça aurait pu être bien pire sans Harry et Ron. »

— « J'imagine... ça devait être terrifiant. »

— « Un peu, oui. Trois mètres de haut, une massue énorme, et une odeur à faire fuir un Détraqueur... » dis-je avec un petit rire nerveux.

Cédric sourit doucement.
— « Contente que tu t'en sois sortie. »

— « Merci, Cédric. Mais là, j'ai un peu de travail à rattraper. À plus tard ! »

Je m'éloignai en direction de la tour de Gryffondor, un peu plus légère qu'au matin.

Plus tard, dans la salle commune

Vers dix-neuf heures, j'avais enfin fini de tout rattraper. J'étais installée dans un fauteuil, un livre sur les dragons ouvert sur mes genoux. Kira, était roulée en boule sur le coussin à côté.

Je caressais distraitement son dos quand un hibou malhabile s'écrasa presque contre la vitre.
— « Errol... » soufflai-je en souriant. Le hibou des Weasley.

Je détachai le parchemin de sa patte :

Hey ! Je voudrais qu'on se voie ce soir au bord du lac. Pas besoin de te dire de qui vient le message. À toute ! Ton Weasley préféré.

Je ris doucement, puis pris un parchemin et une plume :

Coucou mon rouquin préféré,
tu as intérêt à avoir une bonne raison, parce que j'aurai sûrement sommeil... mais je te fais confiance.
Peut-être une erreur de ma part.
Hâte d'être au bord du lac ce soir ;)

Je donnai un petit biscuit à Errol avant de l'envoyer.

Quelques minutes plus tard, la fatigue m'envahit, et je finis par m'endormir, le livre encore ouvert sur mes genoux.

Rêve d'Ava Potter

— « Lily ! Il faut les protéger, coûte que coûte ! »
— « Je sais... mais quelqu'un nous a trahis, James. »
— « L'un de nos amis... »
— « C'est sûr. James, je ne peux pas imaginer qu'ils grandiront sans nous... »

Des cris. Des pleurs. Une lumière verte. Puis plus rien.

Je me réveillai en sursaut, le cœur battant à tout rompre, trempée de sueur. Toujours le même rêve. Les mêmes voix. Les mêmes cris.

Je posai une main sur mon front bandé, le souffle court.
Il fallait que je sache ce qui s'était passé cette nuit-là.
Et je savais à qui je devrais poser la question.

Dumbledore.

~Ava Potter~Où les histoires vivent. Découvrez maintenant