L'ombre dans la forêt

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— « Ava !!! Ava !!! »

Je relevai la tête, surprise, et vis Hermione descendre du train en courant.
Elle me sauta littéralement dans les bras, et comme souvent, nous finîmes au sol dans un grand éclat de rire.
Nos valises renversées, nos cheveux en bataille, mais les sourires sincères.

— « 'Mione, tu vas bien ? » demandai-je en me relevant.
— « Parfaitement ! Je t'ai retrouvée, je suis à Poudlard, tout va bien ! » répondit-elle, les yeux pétillants, en ramassant sa valise.

Nous remontions ensemble le long sentier qui menait au château.
Le vent soulevait nos capes et les lumières de Poudlard scintillaient au loin.
Nous étions en première année, encore émerveillées de tout ce qui nous entourait — mais déjà trop curieuses pour respecter toutes les règles.

Hermione me raconta ses vacances avec ses parents moldus, et moi les miennes avec les garçons.
Nos rires résonnaient entre les tours, même si, au fond, je savais que les vacances n'étaient pas tout à fait finies.
Il restait une semaine avant la rentrée officielle — une semaine pour continuer notre enquête sur Quirrell et Rogue.

Beaucoup accusaient Rogue notamment à cause de son mépris constant envers mon frère, bien sûr... mais moi, je ne pouvais m'empêcher de douter.
Quelque chose chez Quirrell me mettait mal à l'aise : son regard fuyant, sa voix tremblante, ses absences étranges.
Et un soir, ma curiosité prit le dessus.


Je me promenais seule dans les couloirs déserts, baguette à la main, quand j'aperçus Quirrell au bout d'un couloir sans issue.
Je me figeai dans l'ombre d'une colonne.
Il parlait... à quelqu'un.

Mais il était seul.

Sa voix résonnait, chuchotée mais menaçante :
— « Oui, Maître... je tiendrai ma promesse... je mettrai la main sur les deux enfants... ce n'est qu'une question de temps. »

Un frisson me parcourut l'échine.
Les deux enfants ?
Je compris aussitôt. Harry et moi.

Mon cœur se mit à battre à tout rompre.
Je voulais m'approcher, mais c'était impossible.
Un pas de plus et il m'aurait vue.
Alors je fis demi-tour, courant presque, décidée à prévenir Harry.

Mais quand j'arrivai près de la cour intérieure, je vis Harry, Ron et Hermione filer en direction de la cabane d'Hagrid.
Et juste derrière eux... Drago Malfoy.

Je fronçai les sourcils. Qu'est-ce qu'il fabriquait, celui-là ?
Je décidai de le suivre à mon tour, en retenant ma respiration.
La discrétion n'était visiblement pas son fort — il faisait craquer chaque branche sous ses pas.
Je le dépassai par un passage latéral et finis par rejoindre les trois autres devant la cabane.

— « Harry ! Attends-moi ! » soufflai-je en courant.
— « Ava ? Mais qu'est-ce que tu fais là, à cette heure ?! »
— « Je pourrais te retourner la question. »
— « On va voir Hagrid, viens ! » lança Ron.
— « Bonne idée ! » ajouta Hermione en me prenant le bras


Hagrid nous ouvrit la porte d'un geste brusque, armé d'une énorme arbalète.
Hermione sursauta et me serra la main.

— « Hagrid ! Posez ça, voyons ! »
— « Ah, c'est vous ! Entrez, entrez ! » dit-il avec un grand sourire.

La cabane sentait la fumée, la paille brûlée et... quelque chose de chaud et métallique.
Sur la table, un gros œuf marron fumait doucement.
Hagrid le regardait comme s'il s'agissait d'un trésor.

— « Regardez ce que j'ai gagné ! » s'exclama-t-il.

L'œuf se fissura dans un craquement sonore, et un petit dragon brun sortit, agitant ses ailes membraneuses encore humides.

Je m'approchai, fascinée.
— « Un Norvégien à crête... » soufflai-je. « Pas très docile, mais pas aussi dangereux que les Chinois à pointe. »
— « C'est ça ! » s'écria Ron. « Mon frère Charlie en élève en Roumanie ! »
— « Coucou, Norbert... » dit tendrement Hagrid.
— « Norbert ?! » s'exclama Harry.
— « Il lui faut bien un nom ! »

Je ricanai, mais mon rire s'étrangla quand je vis une silhouette derrière la fenêtre.
— « Malfoy ! » criai-je.

Tout le monde se retourna — trop tard.
Drago avait déjà filé.

Nous comprîmes aussitôt qu'il allait tout dénoncer.
Sans perdre une seconde, nous quittâmes la cabane et courûmes vers le château.
Mais au détour du couloir, la lumière d'une lanterne nous éblouit.

Le professeur McGonagall.
Et à ses côtés, Drago Malfoy.

Nous étions faits.


La punition tomba comme un couperet :
une nuit dans la Forêt Interdite, avec Hagrid et Crockdur, pour retrouver une licorne blessée.

Je marchais à côté de Drago, Harry derrière nous.
La forêt était sombre, le silence pesant.
Seuls les pas lourds de Crockdur brisaient le calme.

Puis soudain, le chien se figea.
Ses poils se hérissèrent, un grondement sourd monta de sa gorge.
Je sentis, moi aussi, quelque chose.
Une présence froide. Malveillante.

— « Restez derrière moi, » murmurai-je.

Mais déjà, la clairière s'ouvrait devant nous.
Et là, baignée dans une lueur argentée, gisait une licorne morte.
Son sang, d'un argent pur, s'écoulait lentement sur l'herbe.

Et penché sur elle, un être encapuchonné buvait son sang.

Je restai pétrifiée.
Un froid glacial me traversa le corps.
Jamais je n'avais vu une chose aussi... impure.

— « Ava ? Tu vas bien ? » souffla Harry, inquiet.
Je levai lentement la main et pointai du doigt la créature.
— « Regarde... »

Drago écarquilla les yeux.
— « Je... je peux pas... je peux pas... AAHHH ! Il s'approche !!! » hurla-t-il avant de détaler comme un lapin.

— « Lâche, » grognai-je.

Mais le monstre tourna la tête vers nous.
Et dans l'ombre de sa capuche, deux yeux rouges luirent.
Harry poussa un cri étouffé, sa main plaquée sur sa cicatrice.
Je sentis sa douleur dans mon propre crâne, brûlante, insupportable.
Je voulus l'aider, mais ses doigts tremblaient trop fort.
Il tomba en arrière, m'entraînant dans sa chute.

La créature s'approchait, glissant sur le sol sans bruit.
Je vis le sang de la licorne goutter de ses lèvres, ses dents fines et acérées, sa peau grise sous le tissu.
Elle tendit la main vers Harry.

Et juste avant qu'elle ne le touche — un galop résonna.
Une flèche siffla dans l'air.
La créature recula d'un bond, un cri déchirant s'échappant de sa gorge.
Un centaure apparut, l'arc encore tendu, le regard flamboyant.

— « Retournez au château ! » tonna-t-il. « Et dites à Dumbledore que la Forêt saigne ! »

Je me relevai, attrapai Harry par le bras et courus sans me retourner.
Le vent s'engouffrait dans mes cheveux, les branches nous fouettaient le visage, mais je n'osais pas regarder derrière.
Je savais que si je le faisais... je verrais ces yeux rouges à nouveau.

Et cette nuit-là,
je compris pour la première fois
que le mal n'était pas seulement dans les contes,
mais qu'il rôdait déjà...
tout près de nous.

Et qu'il nous avait vue.

~Ava Potter~Où les histoires vivent. Découvrez maintenant