chapitreIII

55 13 0
                                        


Une rencontre inattendue et des vérités dévoilées

La journée précédente avait été un véritable marathon émotionnel. Entre la fatigue, les cours, et cette tension étrange avec certaines personnes, tout semblait se liguer pour rendre le quotidien plus compliqué qu'il ne devrait l'être. Mais le matin offre parfois un nouveau souffle, et aujourd'hui, l'envie de reprendre le contrôle s'impose. La douche est rapide, chaude, réconfortante, réveillant chaque fibre du corps engourdi. Le jean noir, le polo assorti, et les Nike bien ajustées sont enfilés avec soin, comme un bouclier contre le chaos du monde extérieur.

Descendre à la cuisine révèle une maison presque vide. Maman et Mara sont déjà sorties pour leurs affaires matinales. Une pomme suffit pour le petit-déjeuner, croquée sur le pouce. L'air frais sur l'avenue met en alerte chaque sens. Soudain, une voiture noire se gare brusquement devant, arrêt brutal et intimidant. Le cœur rate un battement. Une vitre descend... et c'est Anaïs, calme mais déterminée.

— Salut.
— Qu'est-ce que tu fais là ?
— Je vais bien, merci.
— Désolée alors ?
— J'suis venue te chercher, monte.
— Ce que... ?
— C'est pas une question, tu montes.

Le trajet jusqu'à l'école se fait dans un silence pesant, rompu seulement lorsqu'elle s'arrête net.

— T'as déjeuné ?
— Oui, juste une pomme.
— Ce n'est pas un vrai déjeuner, Orlando ! On s'arrête dans un café.

La protestation est inutile. Les klaxons commencent à retentir autour, et un jeune homme, celui de la veille, surgit soudainement. L'air vibre de tension.

— Toi !
— Qu'est-ce que j'ai fait à l'univers pour mériter ça ?

Leurs regards se croisent, et le temps semble suspendu. Les gestes sont rapides. Une claque est arrêtée à la dernière seconde, un bras immobilisé, un autre bientôt. Le ton monte. Un coup de pied dans l'entrejambe force à lâcher prise.

— T'es folle ou quoi ?
— Non... je suis juste idiote.

Elle remonte dans la voiture, Anaïs et son garde du corps à ses côtés. Le trajet reprend, mais les nerfs restent tendus.

À l'école, les heures passent lentement. La pause est un soulagement temporaire. Brie s'approche, interrogative :

— Qu'est-ce qui t'arrive ?
— Rien.
— Tu mens.
— Ferme-la.
— C'est l'histoire d'hier...

La tension se transforme en geste brusque, une altercation rapide avec une personne inattendue, et le directeur de la discipline intervient. Le résultat : un renvoi temporaire. L'orage émotionnel n'a pas fini de gronder.

À la maison, l'ambiance n'est guère plus douce. La tension entre Irma, George, Ana Maria et Kyllian est palpable. Les paroles fusent, certaines piquent plus que d'autres, les conflits se superposent.

— Vous vous connaissez ?
— Malheureusement, oui.
— C'est beau l'amour !
— Ta gueule.

Irma impose son autorité sur Britanie, décidant qu'elle doit se présenter à un rendez-vous professionnel le lendemain à 14 h, sans discussion possible. Les ordres sont clairs, et le silence règne sur le trajet jusqu'à la voiture. Un feu rouge est manqué, la voiture freine brutalement, et Britanie saigne du nez. L'agent de police s'approche.

— Bonjour, est-ce que ça va, Madame ?
— Elle va bien, c'est...
— Je vais bien, merci.
— Vous saignez...

Un mensonge improvisé est lancé.

— En fait, c'est ma fiancée. On se dirigeait vers l'hôpital. Comme vous voyez, elle saigne et ça m'inquiète, c'est pour ça que j'ai brûlé le feu.
— Je vois. Je suppose que la famille va s'agrandir ?

Une fausse conversation pour masquer la vérité. Les émotions sont mélangées : la colère, la honte et la frustration.

— Ton nez, ça va ?
— De quoi tu te mêles ?
— T'es vénère à cause de cette petite histoire ?
— Je déteste les mensonges.

Descendant ensuite à l'hôpital pour voir Anaïs, la journée prend une tournure plus douce. La retrouver assise, un pull bleu ciel à capuche et un jean déchiré, permet de relâcher un peu la tension. La conversation se concentre sur son état de santé et la tension qui l'affecte.

Puis, un appel vidéo de Fatou et Amara vient rompre le silence, un instant de complicité et de légèreté qui contraste avec les événements récents. La discussion en ligne, pleine de rires et de taquineries, permet de relâcher un peu la pression.

— Salut les filles.
— Salut.
— T'es où ?
— À l'hôpital.
— T'es malade ?
— Non, je suis venue voir une amie.
— Tu nous as déjà remplacées ?
— Pourquoi je vous remplacerais ?
— Tu nous la montres ?
— Bien sûr.

La fin de la conversation amène à un retour à la maison, où Mara est sur son lit, en pyjama, absorbée par son écran. Une conversation brève sur l'entretien, puis le silence. Une incompréhension persiste, renforçant le fossé entre elles.

Ne pouvant trouver le sommeil, Amira sort marcher dans la nuit. Le quartier est différent, illuminé, plein de vie, avec enfants et rires qui rappellent le pays natal. La rencontre avec Layla et son frère Jamal apporte un souffle d'humanité et de tendresse. Les confidences, les sourires et l'émerveillement partagés créent une parenthèse dans la nuit.

— Oh, t'inquiète pas, ma puce. T'es toute seule ?
— Non, mon frère n'est pas loin.
— Salut.
— Salut.

La promenade nocturne laisse place à des émotions complexes : la nostalgie, la mélancolie et une ouverture sur de nouvelles amitiés. Le retour à la maison est silencieux. La mère interroge, mais Amira préfère remonter dans sa chambre, s'allonger et laisser la fatigue l'emporter.

Le lendemain, l'entretien approche. La maison, immense et luxueuse, semble irréelle. Les préparatifs sont méticuleux, le cœur bat plus vite. La porte s'ouvre. Une voix l'invite à entrer, le sourire de la recruteuse, la décoration kawaii, chaque détail intensifie le sentiment d'excitation et de nervosité.

— Bonjour, madame.
— Bonjour, vous devez être Amira, c'est ça ?
— Oui.
— Bon.

Le parcours jusqu'ici a été semé d'embûches, de tensions et de malentendus, mais maintenant, chaque moment semble préparer à ce rendez-vous. La rencontre est un mélange d'anticipation, de nervosité et de curiosité. Les émotions bouillonnent, le futur semble ouvert, rempli de promesses et de possibles surprises.

AMOUR  TOXICOù les histoires vivent. Découvrez maintenant