Karel me demanda de le suivre dans son bureau, comme si je n'étais qu'une simple chose à sa disposition.
— QUOI ? m'exclamai-je.
— Baisse d'un ton avec moi, Elvira, répondit-il calmement mais avec autorité.
— Hm, fis-je à contrecoeur.
— Je t'avais demandé une et une seule chose, mais madame n'en a fait qu'à sa tête.
— Karel, je...
Il me saisit brusquement la mâchoire et me rapprocha de lui.
— Qu'est-ce que je t'avais demandé ?
— Tu me fais mal, Karel, s'il te plaît...
— RÉPONDS !
— pleure ...de te prévenir avant d'agir...
— Et toi, qu'as‑tu fait ?
— Je ne t'ai pas prévenu... KAREL, LÂCHE-MOI !
Il me lâcha brusquement. Ma tête heurta le bureau avec violence.
— À cause de tes bêtises, et avec toute la police sûrement à nos trousses, que dois-je faire de toi, hein ? soupira-t-il. Disparaîs.
— ...
— DISPARAÎS BON SANG !
Je me relevai difficilement et sortis du bureau pour me rendre dans ma chambre, tentant de retrouver mon calme.
— Respire, Elvira... Voilà, Karel n'est qu'un imbécile. Il ne voit pas ton importance, mais il comprendra plus tard. Tu vas aller voir Amira et la torturer... c'est simple, oui... oui... c'est ça que je vais faire... oui... oui...
Un homme entra brusquement.
— Vous allez bien, mademoiselle ? Je vous ai entendue parler...
— Laisse-moi, je n'ai pas besoin de toi, dis-je sèchement.
— Vous êtes sûre que vous allez bien ?
— Je t'ai demandé de sortir. QU'EST-CE QUE TU NE COMPRENDS PAS DANS "DÉGAGE" ?
— Très bien, mademoiselle.
Je respirai profondément, essayant de me calmer. Mais tout me revenait à la figure : Amira... c'était elle qui me poussait à bout. Je me précipitai vers la chambre où elle se trouvait... mais elle n'était pas là.
— Eh ! toi là !
— Oui, mademoiselle.
— Où est la fille qui était dans cette pièce ?
— Monsieur Lysandro est venu la chercher.
— QUOI ? C'EST PAS POSSIBLE !
Je fis le tour de la maison, criant le nom de Karel.
— KAREL !!
— Je t'ai demandé de baisser d'un ton avec moi, répondit-il calmement.
— Pourquoi as-tu fait ça ? Où l'as‑tu emmenée ?
— De qui parles‑tu ?
— Amira, bon sang.
— Je ne sais pas de quoi tu parles.
— La fille que j'ai kidnappée n'est plus dans sa cellule. Le garde a dit que Lysandro l'avait emmenée.
— Je ne lui en ai pas donné l'ordre, répondit Karel.
— Elle est où alors ?
Un homme entra brusquement.
— Patron, les gamines ont disparu.
— Quoi ?
— Elles ne sont plus dans leur chambre. Même Mademoiselle Amara a disparu.
— Si je résume, Lisandro est parti avec l'otage d'Elvira et Amara a disparu en même temps que les fillettes... Elvira, passe-moi mon arme dans le tiroir, j'ai l'impression qu'il va falloir que je me salisse les mains. Toi, regroupe dix hommes et préparez-vous à partir.
— Je viens avec vous.
— Non...
— S'il te plaît.
— Hmmm... Va te préparer.
Je remontai dans ma chambre, me changeai rapidement, puis descendis pour rejoindre les autres.
— Patron, je n'ai pas trouvé Lysandro, annonça un homme.
— Ce traître n'est plus des nôtres. Tirez sur tout ce qui bouge. Je les veux tous morts... à l'exception des gamines.
— Oui, chef.
— On y va.
— Oui... soufflai-je.
⸻
Kyllian
— C'est l'heure de partir. Je stresse à mort, mais il est trop tard pour faire marche arrière. Je ne sais même pas où j'ai mis mon portable.
— Tu tiens le coup ? demanda Anaïs.
— Mouais, ça va.
— Tenez-vous prêts, on part dans cinq minutes, annonça Willy.
— C'est qui ? demanda Fatou.
— Un numéro inconnu, répondit Anis.
— Tu ne réponds pas ?
— Peut-être que c'est l'hôpital, suggéra Anaïs.
— Allô... Amira ? Tu vas bien ? Et Layla ? ... Attends, je te la passe.
— C'est Amira ?? demanda Anaïs.
— ... Amira, ça va ? Seule ? murmura Willy.
Je n'arrivais pas à les laisser lui parler. Je lui arrachai le téléphone, juste pour entendre sa voix.
— Amira ? ...
— Au moins on sait qu'elle va bien, dit Fatou. On devrait partir maintenant, non ?
— Oui, allons-y, confirma Willy.
Je montai avec Anaïs et Jamal. Le trajet était calme, c'était mieux ainsi.
— Kyllian ? demanda Anaïs.
— Hm.
— Tu tiens le coup ?
— Elle est vivante, c'est déjà ça.
— D'accord.
Je n'arrivais pas à me calmer. J'avais peur pour elle, peur qu'Elvira lui fasse du mal.
— On va la retrouver vite, ne t'inquiète pas, tenta de me rassurer Anaïs.
— Mouais...
Tout au long du trajet, je fixai le paysage. Tant de choses s'étaient passées en à peine une année : la mort de Shirine, celle de mon enfant, le retour d'Elvira, le kidnapping d'Amira... Tout semblait à la fois si loin et si proche. J'avais l'impression d'être au bout de ma vie. Je levai les yeux vers le ciel.
— Pense... j'aimerais que tu sois encore en vie. Tu m'aurais fait la morale, mais tu serais là... soupirai-je.
On approchait enfin du lieu de rendez-vous. Mon cœur battait à mille à l'heure, tout se mélangeait dans ma tête.
Arrivés sur place, elles n'étaient toujours pas là.
— Putain, qu'est-ce qui se passe ? m'écriai-je.
— Ils ont dû avoir un souci, on continue, dit Willy.
Nous remontâmes tous dans nos véhicules. Je n'arrivais plus à rester sur place.
— Pfff... soufflai-je.
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant, Willy ? demanda Anaïs.
— On continue, dit-il en remontant dans son véhicule. Les autres firent de même.
Tiens bon, Amira... on arrive. Encore un peu de temps... je ne peux pas te perdre. Pas toi.
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AMOUR TOXIC
RomanceAmira part en France avec sa famille pour finir ses études et faire soigner son père. Elle y rencontre Kyllian blanc et surtout raciste, ce qui entraîne de nombreuses épreuves et rebondissements dans leur relation. Parviendront-ils à surmonter le...
