Chapitre XXXVI

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POV Amira

Quelques jours ont passé depuis mon entretien avec Angel. Aujourd'hui, je passe voir Britanie.

— T'es prête ? demande Kyllian.
— Presque...
— On ne va qu'à l'hôpital.
— Je sais. J'ai fini, content ?
— Allez, on y va.
— Mouais...

Depuis un certain temps, il y a des tensions entre nous, mais je préfère ne pas réagir... enfin, jusqu'à aujourd'hui.

— Kyllian ?
— Hm ?
— Il y a un problème ?
— Pourquoi ?
— Tu es différent de d'habitude.
— T'inquiète pas, je réfléchis.
— À quoi ?
— Rien de bien grave.
— Tu es sûr ?
— Oui, oui.
— D'accord...

Le reste du trajet se fait en silence. Dès notre arrivée, je descends pour rejoindre Anaïs.

— Ana !
— Je suis contente de te revoir !
— Moi aussi... comment va Jamal ?
— Ça va. Et toi et Kyllian ?
— J'avais oublié que les relations donnaient des migraines...
— Tu vas gérer comme d'habitude.
— Et Britanie ?
— Elle va bien... malheureusement.
— Ça s'est détérioré ?
— Non, ce n'est pas physique mais mental... le fait qu'elle ne puisse peut-être plus remarcher lui brise le cœur. On ne peut rien faire.
— Je peux la voir ?
— Chambre 123.
— Merci, tu diras à Kyllian où me trouver.
— D'accord.

Je me dirige vers sa chambre et toque à la porte. À l'intérieur, Anis est là.

— Désolée si je dérange...
— Non, elle s'est enfin endormie. Et toi, ça va ?
— Oui... et toi ?
— J'aimerais dire oui, mais ce serait mentir à toi et à moi-même.

— Qu'est-ce que le médecin a dit ?
— La balle a effleuré sa colonne vertébrale. Ses chances de remarcher sont minimes.

— Nous devons garder espoir...
— J'aimerais, mais c'est difficile. Je ne sais pas vraiment ce que je ressens pour elle... mais je ferais n'importe quoi pour son bonheur, et je ne peux même pas l'aider.

Je m'approche et pose doucement ma main sur son bras.

— Ce sentiment s'appelle l'amour, Anis. Tu es amoureux et c'est merveilleux. Tu dois être fort pour elle.

— Soupire... je dois prendre l'air.
— Je reste un instant, puis je m'en vais.
— D'accord.

Je reste un moment à observer Britanie. Ce n'est pas de sa faute si son frère est un imbécile et sa mère irresponsable.

— Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Bonjour... je vais bien, merci de demander.
— Réponds.
— J'étais venue voir comment tu allais.
— Laisse-moi rire...
— Crois-le ou pas.
— Anis est parti ? Comme les autres ?
— Non, il est juste allé prendre l'air.
— Ah, d'accord.

— Je voulais aussi m'excuser de t'avoir traité de tous les noms l'autre jour... j'étais juste en colère.
— Tu n'as pas besoin de t'excuser. Qui voudrait fréquenter mon frère qui séquestre une fillette de six ans ? Et puis... parfois, je me dis que je paie pour tout le mal que je fais autour de moi.

— Brie, on fait tous des erreurs.
— J'en ai fait de pires... impardonnables. J'aurais dû empêcher ton père d'être tué et le kidnapping de Layla... j'étais là, sans rien faire. Je suis un monstre.

Mon cœur se serre.

— Non, ce n'est pas ta faute. Tu pensais bien faire.
— Je savais que c'était mal, mais j'ai laissé faire... j'avais peur de leur réaction. Aujourd'hui, j'en paie le prix fort.

Je l'écoute, mon cœur fond en voyant sa souffrance. Même si ses raisons ne sont pas totalement valables, cela ne me donne pas le droit de la juger.

— Ne t'inquiètes pas.
— Désolée de ne pas pouvoir vous aider avec mon frère et Elvira...
— Tu ne te souviens de rien ?
— Rien. Il était mystérieux avec moi, il parlait par paraboles incompréhensibles... mais j'ai entendu une discussion entre lui et Elvira. Ils parlaient d'Ellian.
— C'est un être vivant ?
— Je n'en ai aucune idée, désolée.

POV Brie

— Amira... tu vas partir ?
— Oui.
— Anis ?
— Je vous laisse.
— Que fais-tu ici ?
— Si tu veux, je peux partir.
— Non, reste s'il te plaît.
— Ça va ?
— Oui... j'ai entendu ta conversation avec Amira... tu es vraiment amoureux de moi.

Il se gratte nerveusement l'arrière du crâne.

— Je crois bien...
— Pourquoi moi ?
— Pourquoi pas ?
— Réponds.
— Je ne sais pas vraiment... mais tout ce que je sais, c'est que je veux ton bonheur. J'aime ta douceur, ta façon d'être attentionnée.
— Tu es le seul à voir ça en moi...
— Je t'aime, peu importe ce que les autres pensent.

Il m'embrasse tendrement. Je lui murmure :

— Même si j'ai un enfant...
— ...Comment ?
— J'ai une fille.
— Tu... tu es avec quelqu'un ?
— Non...

— C'était un ami de mon frère. Il passait à la maison, dormait parfois ici... mais cette nuit-là, il était avec Karel. J'ai essayé de le repousser, mais c'était inutile. Le lendemain, il était parti. Karel m'a emmenée en Floride, où j'ai vécu trois ans avec ma fille.
— Tu l'as gardée ?
— Je ne pouvais pas avorter. Je ne voulais pas faire de mal à un être innocent.
— Et elle est où maintenant ?
— En Floride... elle s'appelle Hope.
— Qui signifie... espoir.
— L'espoir d'être aimée un jour.
— Ne t'inquiète pas... je m'occuperai de toi et de ta fille.
— Anis...

AMOUR  TOXICOù les histoires vivent. Découvrez maintenant