J'étais allongée sur le lit avec Layla et Hope, épuisée par tout ce qui venait de se passer. La peur me tenaillait : peur de mourir, de laisser ma famille, mes amis... et surtout Kyllian. Nous avions traversé tant d'épreuves ensemble, et j'avais encore envie de vivre pour qu'on les surmonte, ensemble. En un mot : j'avais peur.
Au bout de quelques minutes, je me redressai.
— Amira ? demanda Layla timidement.
— Hum...
— Jamal vient nous chercher ?
— Oui, ne t'inquiète pas. Je suis sûre qu'ils sont déjà en route.
— Hope pourra venir avec nous ?
— Bien sûr, si elle le veut.
— Hm, fit Hope.
— La visite est terminée, allez ! intervint Lisandro.
— Je reviendrai vous voir, promis... merci, murmurai-je.
— Allez, on se dépêche, insista Lisandro.
Il me ramena là où j'étais censée être. Je me sentais désorientée. J'aurais dû écouter Kyllian, mais j'avais encore une fois fait qu'à ma tête.
La porte s'ouvrit. Je pensais voir Lisandro, mais non... c'était Amara. Mon cœur se serra.
— Qu'est-ce que tu fais là ? lançai-je, la voix tremblante. Tu es venue te repentir ? Te sens-tu mal d'avoir abandonné, d'avoir tiré sur Fatou, de nous avoir trahis... J'avais confiance en toi... je t'aimais.
— Aimais... Tu m'aimais, mais tu n'as jamais vu combien j'ai souffert, combien j'avais besoin d'une amie, combien j'avais besoin de toi...
— Ne joue pas à la sentimentale, Amara. Tu n'es pas la victime ici.
— Je n'ai jamais dit que je l'étais, mais toi non plus tu ne l'es pas. Alors écoute-moi pour une fois. Oui, j'ai mal agi, je vous ai trahis, j'ai tiré sur Fatou, j'ai participé à la mort de ton père... mais toi, qu'as-tu fait pour moi ? Tu nous as demandé de venir ici sans même nous consulter.
— J'AI DEMANDÉ...
— Non, tu voulais qu'on vienne parce que soi-disant on te manquait. Mais on est arrivées, et tu avais déjà une nouvelle amie. Tu voulais qu'on vive avec elle, mais jamais tu ne t'es demandé ce que moi je voulais. Jamais. Dans toutes les situations, tu t'es mise en victime. Je ne dis pas que ce que j'ai fait est juste, c'était horrible... mais ne me juge pas. J'étais juste venue voir si tu allais bien. Je suis humaine malgré tout, et on a partagé tant de choses.
Je restai silencieuse, les larmes aux yeux.
— Même si tu as fait des atrocités, même si tu es un monstre... tu restes quelqu'un d'important dans ma vie, sanglotai-je. J'ai envie de te haïr, mais je n'y arrive pas. On a grandi ensemble, vécu tellement de choses... et pourtant je n'y arrive pas.
— Je suis désolée, murmura-t-elle, les yeux brillants de larmes.
— Moi aussi... pardonne-moi, répondis-je doucement.
À ce moment-là, je ne savais plus quoi faire. Amara... j'espérais trouver en moi la force de lui pardonner complètement, mais pour l'instant, c'était mieux ainsi.
— Il faut trouver une solution maintenant, dit-elle, la voix déterminée.
— Comment ça ? demandai-je.
— Tu comptes rester ici ?
— Oh... comment on va faire ?
— Elvira a agi sans le consentement de Karel. Il y a une grosse dispute dans le bureau, ça nous laisse du temps pour partir et vite.
— Et qu'est-ce qu'on doit faire ?
— D'abord, tu appelles tes amis, préviens-les de notre position, et ils devront nous retrouver ici.
Je pris le téléphone qu'elle me tendait. Qui appeler ? Kyllian. J'espérais qu'il réponde au plus vite.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Amara.
— Il ne répond pas...
— Alors appelle quelqu'un d'autre.
— Mais je n'ai pas les numéros de tout le monde en tête...
— Passe... c'est Anis. Allez, parle.
— Anis... c'est moi, Amira. Je vais bien, oui, oui, je suis avec Layla, Hope et Amara... Elle va nous aider, ne t'inquiète pas.
— Tu n'es pas là pour bavarder, me coupa Amara.
— Tu es avec Willy ? Peux-tu me le passer, s'il te plaît ? Merci... Willy, je vais bien, on s'apprête à sortir de la résidence... Retrouvez-nous ici, oui, oui, faites vite... Kylian ? Ça coupe.
— Surement plus de forfait, soupira Amara. Allez, viens, on part chercher les filles.
Nous la suivîmes, récupérant Layla et Hope. Nous expliquâmes aux gardiens que nous allions dans le jardin. Au début, ils hésitèrent, mais Lisandro intervint.
— Elles ont la permission du patron.
— D'accord, vous pouvez y aller, mesdemoiselles, dit un garde.
— Merci, soufflai-je.
— Pourquoi nous aides-tu ? demandai-je à Lisandro.
— Tu veux que je te plante un couteau dans le dos ? répondit-il simplement.
— Eh bien, pour l'aide alors.
— Et Elvira ? demanda Layla.
— On s'occupera d'elle plus tard, répondit Amara.
Lisandro nous fit signe de monter. Je pris place à l'arrière avec les filles, Amara devant avec Lisandro. Nous sortîmes rapidement de la propriété. Les vitres étaient fumées.
— Tu aurais dû monter à l'arrière, dit Lisandro à Amara.
— Concentre-toi sur la route, répondit-elle.
Pour l'instant, notre survie était la seule chose qui comptait.
Je regardai Layla, qui observait le paysage, tandis que Hope somnolait presque.
— Elvira ne viendra pas avec nous, hein ? demanda Layla.
— Non, malheureusement.
— D'accord... je comprends.
Amara aussi regardait dehors. J'avais l'impression de rêver, que tout ceci n'était qu'un cauchemar... mais c'était bien réel. Nous étions entre la vie et la mort. Ça passe... ou ça casse.
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AMOUR TOXIC
RomanceAmira part en France avec sa famille pour finir ses études et faire soigner son père. Elle y rencontre Kyllian blanc et surtout raciste, ce qui entraîne de nombreuses épreuves et rebondissements dans leur relation. Parviendront-ils à surmonter le...
