Chapitre 1 – Une nouvelle vie et des rencontres inattendues
La journée d'hier avait été épuisante. Les cours, les gens étranges, les confrontations inattendues... tout semblait s'être ligué contre ce premier jour à la faculté. Mais la nuit porte conseil. Ce matin, un sentiment de renouveau s'impose. La douche rapide réveille chaque fibre de son corps et, enfilant un jean clair et un t-shirt blanc, l'envie de reprendre le contrôle de sa vie refait surface.
La maison est calme. Maman et Mara sont déjà sorties. La pomme cueillie à la hâte dans le bol sur la table de la cuisine suffira pour le petit déjeuner. En marchant vers l'avenue, le vent frais caresse le visage et les rues commencent à s'animer. Soudain, une voiture noire se gare brusquement. Le cœur bondit, instinct de survie. La vitre descend et Anaïs apparaît, son visage calme mais déterminé.
— Salut.
— Qu'est-ce que tu fais là ?
— Je vais bien, merci.
— Désolée alors ?
— J'suis venue te chercher, monte.
— Ce que... ?
— C'est pas une question, tu montes.
La voiture démarre et se faufile dans le trafic matinal. Après quelques minutes, elle s'arrête net.
— T'as déjeuné ?
— Oui, juste une pomme.
— Ce n'est pas un vrai déjeuner, Orlando ! On s'arrête dans un café.
Trop tard pour protester. Elle descend avec son garde du corps tandis que le klaxon d'une autre voiture retentit derrière. Un jeune homme s'agite et fait des gestes brusques. En le reconnaissant, un frisson traverse l'échine. Le même qui, la veille, n'avait eu pour seul plaisir que de lancer des insultes.
— Toi !
— Qu'est-ce que j'ai fait à l'univers pour mériter ça ?
Leurs regards se croisent et le monde semble s'arrêter un instant. Il est énervé, prêt à agir, mais le réflexe de tenir ses mains empêche tout geste irréfléchi.
— Kyllian, qu'est-ce que t'as fait bon sang ? Bouge cette caisse !
— Tu vois bien que ce n'est pas la mienne.
— Ça, j'avais remarqué, merci.
Elle tente une claque mais cette fois, la main se bloque immédiatement.
— Pas aujourd'hui.
— J'ai deux bras.
L'autre bras est rapidement intercepté. La tension est palpable, un mélange de frustration et de colère contenue. Le ton monte, et soudain, un coup de pied dans l'entrejambe force à relâcher prise.
— T'es folle ou quoi ?
— Non... je suis juste idiote.
Sans attendre, elle remonte dans la voiture, Anaïs et son garde du corps à ses côtés. La voiture démarre et disparaît dans le trafic. L'attente jusqu'aux cours est interminable, mais finalement, les heures s'égrènent.
À la pause, Brie s'approche, regard inquiet.
— Qu'est-ce qui t'arrive ?
— Rien.
— Tu mens.
— Ferme-la.
— C'est l'histoire d'hier...
Le souvenir de la veille, le conflit, l'humiliation publique refait surface. Les nerfs à vif, un geste brusque envoie quelqu'un de travers. La poisse semble s'acharner. Le directeur de la discipline intervient et, malgré toute la frustration accumulée, il faut accepter la punition : renvoyée temporairement. Les affaires sont ramassées, le silence règne sur le chemin du retour.
À la maison, l'ambiance n'est pas plus sereine.
— Bonjour mon chéri, tu rentres tôt ?
— Tu vois bien qu'il a été renvoyé... le con.
— Ta gueule !
— Ça va mon chéri ?
— Je vais bien.
— Tu as entendu, Irma ? Il va bien.
— Mais George ! Au fait, où est Britanie ? J'ai un défilé dans une semaine et je n'ai toujours pas le mannequin parfait.
— Elle doit être dans un bar à strip-tease comme toujours.
— Surveille ton langage, jeune fille !
— La vérité fait mal, mais c'est la vie...
— ANA !
— Quoi ?
— Ta chambre.
— Ah...
Irma, mère de 39 ans, styliste de renommée mondiale, impose son autorité même dans le chaos. George, 45 ans, père égyptien et homme d'affaires, reste froid et distant. Ana Maria, 14 ans, sa sœur, est une tempête blonde, capable de provoquer le chaos en un clin d'œil. Et Kyllian, 22 ans, semble pris entre la rébellion et l'envie de paix.
Irma : Tu m'écoutes, oui ?
— Ouais.
— Je pensais à une fille de teint bronzé, voire marron.
— QUOI !?
— Tu es devenu sourd ?
— Tu n'es pas sensée être dans ta chambre ?
— J'ai déjà lancé l'annonce sur Internet.
— Tu en as pas déjà assez comme ça ?
— Mon chéri, je sais que c'est difficile avec ce qui est arrivé, mais...
— Il n'y a pas de « mais » ! Je les hais.
Après cette confrontation, il s'éloigne, en colère, dans sa chambre. La douche est rapide, le pyjama enfilé. Allongé sur le lit, les pensées se tournent vers un visage, un sourire, une peau. Pourquoi ces pensées reviennent-elles sans cesse ?
— Pourquoi je pense à toi... Amira ? Pas mal comme prénom... mais qu'est-ce qui m'arrive ? PUTAIN !
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Après les cours, Amira part chercher Mara. Le retour à la maison est animé.
— C'est mignon chez toi.
— Euh... merci. Au fait Mara, j'ai trouvé un travail... enfin presque.
— Pourquoi « enfin presque » ?
— Demain après les cours, j'ai un entretien.
— Donc tu n'as pas de travail.
— Pourquoi tu n'es pas optimiste ?
— Optimiste, c'est quoi ? Tu l'as inventé ?
Les rires fusent. Anaïs demande des détails. Le travail proposé est dans le mannequinat, ce qui provoque des réactions mitigées entre scepticisme et encouragement.
— Tu as un mec ?
— Moi ? Non. Et toi ?
— Pas vraiment... mais demande à Amira, elle a l'air gênée.
— Moi ? Non.
— Elle en a un, Anis.
— Anis est juste un ami.
— A-N-I-S... c'est qui ?
— Un ami proche, c'est tout.
Le téléphone vibre. Messages et appels de Fatou, Amara et un message d'Anis. Les cœurs s'illuminent dans l'écran, même à distance.
— Salut Amira, j'espère que tu es bien arrivée. Tu me manques beaucoup, ma belle.
— Salut Anis... je suis bien arrivée. Tu me manques aussi.
Rires et petites taquineries s'enchaînent avant que la soirée ne prenne fin.
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Anaïs rentre chez elle. La maison est silencieuse. La routine, les souvenirs et la nostalgie de la mère disparue envahissent l'espace.
— Père ?
— Anaïs, qu'est-ce que tu fais debout à cette heure-ci ?
— J'ai pas sommeil.
— Pourquoi ?
— Je pensais à maman.
— Ta mère ?
— Vous ne m'avez jamais dit comment elle est morte...
— Tu devrais aller te coucher.
— Vous ne m'avez pas répondu.
— Et je ne le ferai pas dans ta chambre maintenant.
— Pourquoi vous esquivez ma question ?
— Je n'ai aucun compte à te rendre.
— Mais père...
— PUTAIN ANAÏS, FERME-LA !
— MAIS POURQUOI J'AI BESOIN DE SAVOIR COMMENT ELLE EST MORTE ?
— TU N'AS PAS BESOIN DE LE SAVOIR. BAISSE D'UN TON ET VA DANS TA CHAMBRE.
Quelques larmes coulent, serrant la photo de sa mère contre elle, et le sommeil finit par la gagner.
⸻
Le lendemain, l'entretien approche. La maison semble immense, presque irréelle. Les murs sont ornés d'œuvres d'art, les meubles élégants, rappelant les films et les romans. Le cœur bat plus vite. Le stress, la curiosité et l'excitation se mêlent. L'avenir s'ouvre, inconnu et prometteur, comme une page blanche sur laquelle chaque choix pourrait changer sa vie.
— Bonjour, je viens pour l'entretien.
— ...
Et le silence, suspendu, promet déjà des surprises.
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AMOUR TOXIC
Roman d'amourAmira part en France avec sa famille pour finir ses études et faire soigner son père. Elle y rencontre Kyllian blanc et surtout raciste, ce qui entraîne de nombreuses épreuves et rebondissements dans leur relation. Parviendront-ils à surmonter le...
