chapitre XLIV

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Un mois plus tard

Cela faisait un mois qu'Amara était morte, et j'avais l'impression que c'était hier.

Après sa mort, je suis rentrée en France. Je vis maintenant avec ma mère et Mara. Quant à l'enfant, il est chez moi en attendant qu'on trouve une solution durable. Anis passe à la maison de temps à autre.

— Hey Amira, viens manger, dit Mara.

— Pas faim, répondis-je.

— Souffle un peu — tu aimes souffrir ou tu le fais exprès ? reprit-elle.

— Pardon ? Qu'est-ce que tu racontes ? m'étonnai-je.

— Non mais, à ta façon d'agir, on dirait que tu portes le poids du monde sur tes épaules. Bon, ok, Amara est morte, cet enfant n'a plus de parents, mais la vie continue. Tu n'es pas le centre du monde ; ce n'est pas en restant affamée que la paix reviendra. Respire. Écoute, je sais que c'est difficile, mais tu es forte, tu peux traverser ça. Tu n'es pas sœur juste pour le plaisir — il y a Kyllian qui meurt d'envie de te revoir. Laisse-nous t'aider, décharge-toi de tes fardeaux. Si tu as besoin de pleurer, détourne le regard : je suis là, et je serai toujours là pour toi.

Je la regardai, stupéfaite — je n'arrivais pas à croire que ces paroles sortaient de la bouche de ma sœur.

— Je sais, ne t'inquiète pas. J'ai juste besoin de temps, répondis-je.

— D'accord. Je te laisse ton plat dans le réfrigérateur, dit-elle.

— Merci.

Je me levai et regardai l'enfant dormir. J'avais besoin d'air. Je le pris et le mis dans la poussette, rassemblai tout le nécessaire, puis me dirigeai vers le parc et appelai Anis.

— Alors ? Tu voulais me voir ? demanda-t-il.

— Non, non, elle va bien, ne t'inquiète pas, répondis-je.

— Alors ?

— Je voulais te demander quelque chose.

— Tu peux tout me demander, j'écoute.

— Est-ce que je pourrais avoir la garde de Lyane, devenir sa tutrice ? Je ne veux pas remplacer Amara, je veux juste...

— J'ai compris. C'est d'accord, répondit-il.

— Merci, vraiment. Prends bien soin d'elle.

En deux mois seulement, j'étais devenue la mère de Lyane. C'était la plus belle chose qui me soit arrivée.

— Où vas-tu ? me demanda Mara.

— Faire des courses : Lyane n'a plus de couches et il me manque quelques petites choses.

— Vas-y, je reste avec elle.

— T'es sûre ?

— Oui. Profite de ce moment pour parler avec, tu sais qui, ajouta-t-elle en souriant.

Je soupirai et sortis. Le supermarché était à vingt minutes de marche ; je profitai de l'air. En chemin, j'appelai Kyllian. Il répondit tout de suite ; entendre sa voix me fit battre le cœur plus fort.

Conversation téléphonique

— Amira... dit-il.

— Kyllian... Je... On peut discuter ? répondis-je.

— Je t'écoute.

— Pas au téléphone.

— T'es où là ?

— Je suis sortie faire des courses, on peut se retrouver dans un café ?

— D'accord.

— Je t'envoie l'adresse.

— À tout à l'heure.

Je raccrochai, le souffle court. Je me rendis directement au café. J'étais nerveuse ; rester en place m'était impossible.

— Hey, dit quelqu'un en s'approchant.

— T'es là ? fis-je.

— Tu voulais me parler, je suis là, répondit-il.

Le silence s'installa, lourd. Je ne savais pas par où commencer.

— Je... Je suis désolée, balbutiai-je. Je t'ai fait attendre, j'ai été égoïste. Je n'ai pas tenu compte de tes sentiments. Pardonne-moi, Kyllian.

Je fondis en sanglots. Il me prit dans ses bras et caressa mon dos avec douceur. J'aurais voulu que ce moment dure éternellement.

— Je t'aime du plus profond de mon cœur, murmura-t-il. Tu es importante pour moi et je ne veux pas te perdre.

— Je t'aime aussi, lui répondis-je.

Nous restâmes enlacés quelques minutes encore, puis nous allâmes nous promener. Il m'accompagna ensuite faire mes courses. Je lui expliquai la situation avec Lyane ; il accepta sans hésiter. À cet instant précis, j'étais la femme la plus heureuse du monde : j'étais avec l'homme que j'aimais, et rien ne semblait pouvoir gâcher ce moment.

Ce fut une année difficile, ponctuée de rebondissements et de drames, mais après chaque tempête apparaît un bel arc-en-ciel qui annonce le beau temps. J'avais l'impression d'être dans un conte de fées, où, après avoir vaincu le méchant dragon et la vilaine sorcière...

— Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, dis-je en souriant.

— Deux, ça sera suffisant, répondit-il.

— Alors cinq ! m'exclamai-je en riant.

— On verra ça plus tard, dit-il en souriant à son tour.

— Je t'aime, dis-je.

— Moi aussi, je t'aime, Amira, répondit-il.

— Moi aussi, je t'aime, Amira, répondit-il

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~Fin~




Fin

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